Braconnage de chamois en Vésubie

Chasse Actu
date 01 décembre 2025
author Richard sur Terre

Quelques chasseurs jouent avec les règles et toute la communauté paie l’addition. L’affaire de la Vésubie rappelle combien une seule faute suffit à nourrir les récits hostiles.

Trois chasseurs convoqués au tribunal de police pour un chevreau de chamois prélevé en dehors du plan de chasse : en soi, c’est une infraction grave, sanctionnable, et qui doit l’être. Mais dès que ce type de dossier touche la chasse, l’écho dépasse immédiatement les sommets de la Vésubie. Parce qu’ici, la faute individuelle devient symbole collectif.

Lorsqu’un président de société de chasse – figure locale, adjoint au maire, responsable attendu – se retrouve au cœur d’un flagrant délit de braconnage, c’est toute la crédibilité de la chasse qui vacille. Parce que l’opinion ne retient qu’une chose : « encore des chasseurs ».

Evidemment l’effet amplificateur de la presse y est pour quelque chose et la caisse de résonnance joue à fond. Même si l’immense majorité des chasseurs respecte les dates, les bracelets, les quotas et les règles propres au chamois, on sera toujours victimes des quelques brebis (présumées) galeuses. 

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Et, comme toujours, les opportunistes se précipitent. L’association Stéphane-Lamart réclame une “sanction exemplaire”, parle d’“atteinte à l’équilibre biologique”, en transformant une contravention de 5ᵉ classe en drame écologique. L’effet d’annonce fonctionne, l’emballement suit. Peu importe que les prélèvements de chamois soient planifiés chaque année sur des bases scientifiques : dans le récit médiatique, l’exception devient la preuve.

Il faut regarder cette affaire sans trembler : oui, certains comportements sont indéfendables. Oui, ils nuisent à tout le monde. Oui, ils donnent prise à ceux qui rêvent de généraliser la faute d’un homme à l’ensemble d’une pratique.

Mais tirer cette conclusion devrait nous conduire à l’inverse exact de la posture défensive :
une exigence d’exemplarité absolue.

On ne défend pas la chasse en minimisant les dérives. On la défend en les isolant, en les condamnant, en rappelant qu’elles trahissent le collectif. La chasse n’est jamais aussi fragile que lorsqu’elle laisse quelques irresponsables parler en son nom.

La Vésubie nous le rappelle brutalement : ce n’est pas l’ennemi extérieur qui abîme le plus l’image de la chasse, ce sont les fautes de ceux qui devraient en être les premiers gardiens.

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9 Commentaires :
  1. Jean Perarnaud
    01/12/25

    Braconniers relaxés : c’est un scandale, ces  » salopards » nous font du mal à nous les vrais, les amoureux, je n’ai aucun scrupule envers le braconnage de toute sorte, chasse, pêche, environnement etc etc… Il faut leur faire payer au prix fort.

  2. quentin
    01/12/25

    Les braconniers doivent être sanctionnés ! Des limites sont fixées, les écarts sont punis sinon les limites ne servent à rien !
    Par contre, pour la gestion de l’espèce, l’équilibre, la biodiversité…il suffit de retirer un éterlou/éterle au plan de chasse de l’année suivante sur le secteur.
    C’est un acte de braconnage qui doit être puni comme tel mais il n’y a pas « d’atteinte à l »équilibre biologique » ! N’importe qui avec un minimum de connaissance sur le chamois sait ça.

    PS : le cabri ou chevreau est le petit chamois de moins d’un an. L’éterle (femelle) ou éterlou (mâle) est le jeune entre 1 et 2 ans. Le cabri braconné serait donc devenu éterle/éterlou l’année prochaine (s’il survit à l’hiver).

  3. Hrist
    02/12/25

    Vous pouvez condamner, même fermement et rappeler des grands principes moraux, ça reste de la flûte puisque c’est la Justice seule qui va décider et elle ne s’occupe pas de l’image de la chasse ni de l’éthique. Par contre elle peut contribuer à la pourrir en condamnant peu, voire pas, ou autoriser les délinquants à reprendre un permis à un moment.
    Tant qu’il n’y aura pas une structure disciplinaire au sein de la Chasse avec le pouvoir de virer définitivement certains indésirables, on continuera de subir les conséquences en terme d’image.

    1. quentin
      02/12/25

      La Justice est indépendante et c’est très bien comme ça.
      Si la Justice n’est pas assez (ou trop) dure, il faut changer les Lois pas changer de tribunal !

      1. Thierry
        02/12/25

        Vous n’avez pas compris. Le sujet n’est pas l’indépendance de la Justice ou sa sévérité, mais celui de l’image de la chasse auprès de l’opinion publique et sur laquelle il n’y a que les chasseurs qui peuvent agir, parce que la justice ne s’occupe pas de questions morale ou d’image tout simplement.
        Pourquoi croyez vous que des fédérations de sport ou des organisations professionnelles ont mis en place un code de déontologie et des commissions de discipline ? Parce qu’il y a des valeurs importantes au métier ou au sport, indépendamment même des questions pénales, que ces organisations souhaitent garantir. Ça ne remplace pas le rôle de la Justice et ça ne se substitue pas aux sanctions qu’elle prononce, ça les complète pour des questions éthiques.
        Ex: un médecin commet un délit grave, la justice fait son travail mais ça n’empêche pas le conseil de l’Ordre de considérer que l’atteinte à l’image de la profession est telle que ce médecin doit être radié à vie.
        Appliquez cela à la chasse, si on savait que la FNC peut prononcer une exclusion à vie ou de plusieurs années ça en ferait réfléchir certains, et dans les faits divers impliquant des chasseurs si le public pouvait lire des exclusions prononcées par les chasseurs eux mêmes ( et pas le droit à prendre une action ailleurs…), notre image serait différente.

        1. quentin
          02/12/25

          Je maintiens que c’est à la Justice de sanctionner puisqu’il s’agit du non respect de la Loi. C’est bien différent d’une main au foot…qui tient du non respect des règles du jeu.
          Je rappelle également que les FDC peuvent se porter partie civile pour obtenir des « dommages et intérêt » ce qui peut aussi quelque part alourdir la sanction.
          Dans votre système, imaginez une commission de discipline venir avec une sanction moins dure que celle de la Justice et vous aurez les anti-chasse venir crier au laxisme et à l’inverse si la sanction est durcie, vous aurez le coupable qui aura tout loisir de contester !
          Votre comparaison avec le sport ne tient pas, on ne parle pas de règles du jeu, on parle de la Loi. Et cette dernière est bien au dessus…
          Quant aux questions éthiques, petit exemple : un chasseur tire une biche devant le faon (pas interdit ce jour là par le directeur de la battue) si vous avez un doute sur le caractère volontaire ou pas, le même chasseur tire 5 biches dans la journée… Rien d’illégal et pourtant ce n’est pas éthique (de mon point de vue). Vous sanctionnez comment ? Sur quelle base ? Personnellement, je n’invite plus le chasseur et je ne vais pas chasser là où on ne voit pas de problème. Je n’ai pas besoin d’une commission d’éthique pour ça !

  4. Thierry
    02/12/25

    @ Quentin J’ai pourtant bien écrit que la justice juge des écarts à la loi, avec ses sanctions (prison, amende…), une commission de discipline interne va juger des écarts à un code de déontologie ( écrit et validé), avec d’autres sanctions non moins dissuasives ( avertissement, radiation…). Une telle commission peut se saisir du même fait poursuivi en parallèle en justice pour en juger par exemple les conséquences en terme d’image de la profession ou tout autre écart à la déontologie sans forcément un délit ou une infraction.
    Nous aurions appliqué ce principe au sein de la chasse, nous aurions une autre image puisque l’opinion public aurait pu constater à chaque affaire grave ou comportement particulièrement choquant que les chasseurs peuvent appliquer la sanction la plus radicale en leur pouvoir =exclusion des rangs.
    Tant que cela ne sera pas en place et même si vous mendiez à la Justice une sanction supplémentaire en tant que partie civile, vous aurez toujours la triple peine par la médiatisation du fait divers, la réintégration d’un chasseur qui vous aura pourri l’image, la non sanction du piétinement de valeurs morales que vous revendiquez mais ne faites pas respecter, =donc discrédit total.
    Il y a quelques temps un chasseur avait choqué tout le monde dans une vidéo virale en abattant dans ses pieds un sanglier apprivoisé qui le suivait, rien d’illégal avait dit la justice ( double peine) et le type doit toujours voir son permis (triple peine)…super… dans une structure qui ne rigole pas avec son image, il aurait été viré définitivement et au moins le public aurait pu juger que les chasseurs font respecter leurs valeurs.

  5. Combemale
    08/12/25

    La majorité des Français est contre la chasse . Pour plusieurs raisons . Une dont personne ne parle : c’est une activité Libérale . Libéral , le mot qui jette l’opprobre immédiate sur quiconque ose le prononcer . Quand à le défendre , je préfère éviter de développer sinon ça va être compliqué . Et puis j’en ai marre .
    J’ai toute ma vie entendu l’expression  » il faut pas généraliser  » . Mais lorsque cela les arrange , les gens ont vite fait de le faire .
    Lorsque je mets en avant les abus liés aux arrêts maladie , aux aides sociales etc , je passe pour un facho.
    J’ai dit .

    1. AQUEVILLO Gérard
      08/12/25

      La majorité des français contre la chasse. ? Comme vous le dite plus bas dans votre commentaire , il ne faudrait pas généraliser et pourtant vous le faite puisque vous prenez comme argent content des sondages orientés anti-chasse.

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