À Rungis, le sanglier vient de Nouvelle-Zélande. 

Chasse Actu
date 18 décembre 2025
author Richard sur Terre

Il y a des faits qui, à peine formulés, donnent le sentiment qu’on vit dans un pays devenu incapable de réfléchir à ce qu’il fait. À Rungis, le plus grand marché de produits frais au monde, on vend du sanglier importé de Nouvelle-Zélande.

Pendant ce temps-là, en France, Près de 900 000 sangliers sont tués chaque année. Ici. Chez nous.

On parle sans arrêt de souveraineté alimentaire, de circuits courts, d’écologie, de relocalisation. On culpabilise le chasseur, l’agriculteur, le rural, le type qui vit dans le réel. Et dans le même mouvement, on fait venir de la viande de gibier depuis l’autre bout du monde, par cargos réfrigérés, pour alimenter la restauration parisienne. Il faut oser accepter ça non ?

Le plus ironique, c’est que ce sanglier néo-zélandais coche toutes les cases idéologiques :
pas de chasseur français derrière, pas de fusil, pas de battue, pas de ruralité visible. Un animal propre, lointain, abstrait. Mondialisé. Acceptable.

La vérité, c’est que la filière venaison française est volontairement laissée à l’abandon. Des règles sanitaires kafkaïennes, des circuits bloqués, des responsabilités diluées. On empêche la structuration, puis on s’étonne qu’elle n’existe pas. Pendant ce temps, les industriels étrangers, eux, ont des volumes, des labels, des flux continus. Et Rungis achète ce qui arrive à l’heure, peu importe d’où ça vient.

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Cette situation est une gifle infligée à tout le discours officiel. Une démonstration éclatante de l’hypocrisie ambiante. On explique aux chasseurs qu’ils sont responsables de tous les maux, qu’ils doivent faire plus, mieux, autrement. On leur demande de réguler toujours davantage. Et dans le même temps, on refuse de valoriser économiquement et symboliquement ce qu’ils produisent.

Le sanglier français est un problème. Le sanglier néo-zélandais est un produit.

Ce n’est pas un hasard. C’est un choix politique, administratif, culturel.

À Rungis, on vend du sanglier venu de Nouvelle-Zélande. Et ce qu’on importe surtout, ce jour-là, c’est la preuve éclatante que le bon sens a quitté la table depuis longtemps.

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4 Commentaires :
  1. gilbert
    18/12/25

    Encore dimanche dernier il a fallu se battre pour attribuer les morceaux non réclamés sur la table. L’équivalent d’un sanglier restait à prendre, les chasseurs ne veulent plus de sanglier ils en ont déjà dans le congélateur. Au marché le sanglier vient de NZ et dans le même temps nous en jetons. Nous sommes une petite asso avec 22 bêtes noires au plan de tir alors imaginez les grosses chasse avec plus de 120 sangliers à tuer. Peut-être faudrait il organiser une filière de ramassage.

    1. Bruckner daniel
      05/01/26

      Tout ce circuit se constitue depuis peu. Nous avons en france plusieurs enseignes qui vendent du giber sauvage transformé français. Se battre pour réduire ou arrêter ces importations ne se fera pas en un jour, beaucoup d’argent est en jeu.

      1. Guillaume
        08/01/26

        Un circuit qui vous l’achète 1 euro le kilo à 150 bornes de chez vous, où vous devez vous rendre le soir après une journée complète de battue, et où on vous refusera des bêtes parce que l’épaule est un peu abîmée ?
        Si on voulait que ça ne fonctionne pas, on s’y serait pas prit autrement.

  2. […] À Rungis, le sanglier vient de Nouvelle-Zélande. Il y a des faits qui, à peine formulés, donnent le sentiment qu’on vit dans un pays devenu incapable de réfléchir à ce qu’il fait. À Rungis, le plus grand marché de produits frais au monde, on vend du sanglier importé de Nouvelle-Zélande. […]

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