Pris en tenaille entre pression animaliste, incompréhension de l’opinion et colère agricole, les chasseurs régulent déjà les sangliers à pleine intensité. Tous les leviers sont ouverts. Que peut-on encore leur demander ?
Depuis plusieurs années, les chasseurs occupent une position de plus en plus inconfortable. Pris en tenaille entre des associations animalistes toujours plus actives pour délégitimer la chasse et salir son image, et une opinion publique qui peine encore à reconnaître son rôle central dans la gestion des ongulés, ils assurent pourtant, sur le terrain, une mission que personne d’autre ne prend en charge. Réguler, prévenir, indemniser : la chasse assume, souvent dans l’angle mort du débat public, une responsabilité devenue structurelle.
En Moselle, la régulation du sanglier n’est ni un sujet ignoré ni une variable négligée. Elle fait l’objet d’une mobilisation constante, organisée, encadrée. Battues administratives, tirs d’été, extensions de périodes, interventions ciblées, indemnisations des dégâts : l’ensemble des outils réglementaires et techniques disponibles est aujourd’hui activé. La pression cynégétique est réelle, continue, et portée quasi exclusivement par le monde de la chasse.
C’est dans ce contexte déjà tendu que des agriculteurs se sont rendus une nouvelle fois au siège de la Fédération départementale des chasseurs, exprimant leur colère et déposant un message sans ambiguïté : « Maintenez la pression ». Une injonction qui interroge, non par son existence — la colère agricole est légitime et s’enracine dans une situation économique de plus en plus fragile — mais par la cible qu’elle désigne.
Car maintenir la pression, les chasseurs le font déjà. Et depuis longtemps. Ils régulent les populations, acceptent des contraintes croissantes, adaptent leurs pratiques, et financent eux-mêmes l’indemnisation des dégâts agricoles. Une responsabilité lourde, assumée dans un contexte où la chasse est pourtant constamment mise en accusation, soupçonnée, caricaturée, parfois criminalisée dans le débat public.
Il faut le dire clairement : la régulation du sanglier n’est pas un bouton magique. Elle ne peut pas, à elle seule, compenser les effets des accords commerciaux internationaux, absorber la dégradation des revenus agricoles ou corriger des choix politiques structurels. Le sanglier devient alors un symbole commode, un point de fixation visible, local, sur lequel se cristallise une colère plus large, nourrie par le sentiment d’abandon et de déclassement.
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S’en prendre à ceux qui régulent déjà, qui indemnisent déjà, qui assument déjà une mission déléguée par l’État, revient à déplacer le problème sans jamais l’affronter. Cela revient aussi à fragiliser un équilibre déjà précaire, au moment même où la chasse est sommée de se justifier en permanence face à des mouvements idéologiques qui contestent jusqu’à son principe.
Il ne s’agit pas d’opposer agriculteurs et chasseurs. Les deux mondes partagent les mêmes territoires, souvent les mêmes combats, parfois les mêmes colères. Mais le dialogue ne peut pas reposer sur l’idée que la chasse serait une variable d’ajustement infinie, capable d’absorber simultanément l’hostilité militante, l’incompréhension de l’opinion et la détresse agricole.
À force de demander toujours plus à ceux qui font déjà tout, on finit par masquer les vraies responsabilités. Et par affaiblir ceux qui, sur le terrain, continuent malgré tout à tenir la ligne.
A voir en vidéo :











En Moselle, vous ajoutez, à votre validation annuelle, 70€ au titre de la « contribution sanglier » et du droit local. (Pour info, idem pour les départements alsaciens).
Le sanglier est l’argument pour demander encore plus !!!
Cette méthode est contre productive, beaucoup de chasseurs des départements voisins ne chassent plus le sanglier dans ces départements, ils en ont déjà trop dans le leur! De moins en moins de chasseurs locaux ne peuvent plus accéder financièrement à leur territoire détenu par des gestionnaires (français mais aussi allemand ou suisse! )
Alors allez chercher l’argent ailleurs que dans la poche du chasseur lambda, mais dans celles des gestionnaires!!!
Arrêtons de payer les dégats!!
Ça fait des années qu’on aurait du en sortir, et même à se demander pourquoi on est rentré dans ce genre de deal.
Que les anti chasse participent à l’indemnisation des dégâts après tout s’il y a moins de chasse il devrait y avoir plus de sangliers.
Bonjour à tous !! Il n’y a pas qu’en Moselle que le sanglier devient problématique, dans les Vosges il en est de même… Mais quand le président de la fdc demande de tirer sans distinction, certains appliquent encore les 100€ par laie de plus de 50kg… Quand la majorité des chasseurs font le nécessaire, certains créent des porcheries à ciel ouvert, sans parler du schéma départemental qui impose 60 ha pour avoir le droit de tirer le sanglier. Si certains continuent à faire les pompiers pyromanes , la crédibilité de la majorité d’entre nous sera entachée,,,