Baie de Somme : chasse interdite mais régulation obligatoire

Chasse Actu
date 03 février 2026
author Richard sur Terre

Dans la baie de Somme, une régulation administrative est menée au cœur d’une réserve naturelle où la chasse est interdite. Un coup de canif aux fantasmes des réensauvageurs.

Sur la côte picarde, dans la Réserve naturelle nationale de la Baie de Somme, une opération de régulation administrative a été décidée face à la prolifération de sangliers et de mouflons.

Une opération qui balaie d’un coup l’idée selon laquelle la régulation serait l’expression d’un loisir ou d’un goût pour la prédation. Ici, la chasse de loisir n’a pas droit de cité. Et pourtant, l’intervention devient nécessaire quand les équilibres biologiques et matériels du territoire sont atteints.

C’est précisément ce paradoxe qui déclenche, de manière presque automatique, une indignation générale dès que le mot régulation est prononcé. Comme si le classement en réserve suffisait à suspendre les lois écologiques les plus élémentaires. Comme si l’absence de tirs garantissait mécaniquement l’équilibre des populations. Comme si la nature, une fois sanctuarisée sur le papier, redevenait autonome dans nos milieux anthropisés.

La réserve de la baie de Somme n’est pas un Yellowstone français. Elle est enchâssée dans un espace profondément aménagé : digues, cultures, routes, zones habitées. Les animaux circulent librement entre la réserve et ses abords. Ils exploitent les ressources disponibles, profitent de la tranquillité offerte par l’interdiction de chasse, puis exercent une pression croissante sur des milieux fragiles.

Lorsque les effectifs dépassent la capacité d’accueil des habitats, les conséquences sont visibles. Sols retournés, végétation dégradée, cultures touchées, conflits d’usage permanents. 

A lire aussi : Sangliers : la science pour une régulation efficace

C’est ici que s’effondrent les fantasmes de réensauvagement. Le réensauvagement suppose des espaces vastes, continus, fonctionnels, avec des prédateurs naturels capables de jouer leur rôle. La côte picarde n’est rien de tout cela. Y projeter une écologie idéale revient à nier la matérialité du territoire.

La régulation engagée ne contredit donc pas le statut de réserve. Elle en découle. Protéger un milieu, ce n’est pas le figer dans une abstraction morale, mais intervenir lorsque son fonctionnement est compromis. Ne rien faire, au nom d’un principe d’intangibilité, reviendrait à laisser se dégrader précisément ce que le classement est censé préserver.

Il faut être clair : la chasse reste interdite dans la réserve, et personne ne conteste ce cadre. Mais la gestion des populations, elle, ne peut pas être bannie par réflexe. Dans un pays densément peuplé, fragmenté, aménagé, l’équilibre ne se décrète pas. 

L’indignation automatique face à toute régulation révèle un refus du réel. Or protéger la nature ne consiste pas à détourner le regard lorsque les déséquilibres deviennent visibles. Ça consiste à les affronter, même lorsque la réponse dérange.

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17 Commentaires :
  1. Pineau
    03/02/26

    Si comme j’en ai bien peur il s’agit d’abattages massifs puis d’équarrissage, il est consternant que des chasseurs participent à cette opération.
    Les chasseurs ont été exclus des principes de gestion de la réserve, une collaboration spécifique aurait pu être mise en place pour éviter la catastrophe et ils vont donc accourir pour rendre service gratuitement à ceux qui les méprisent le reste du temps le tout en s’essuyant les pieds sur tous les principes éthiques de la Chasse!!
    Bravo!
    On a beau dire que ce n’est pas de la chasse mais de la destruction, tout ce que va retenir la population c’est que quand il faut tout massacrer on appelle qui? Les chasseurs…..
    Je ne comprends pas que la fédération ne réponde pas «  vous gérez votre situation avec les louvetiers et que les louvetiers, une fois cela terminé la chasse se tient à l’écoute pour envisager une collaboration durable »

  2. Lombardi
    03/02/26

    Tout à fait d’accord avec vous
    .

    1. MARTINEZ
      03/02/26

      Exactement.

    2. André
      10/02/26

      Moi aussi

    3. FCB
      10/02/26

      Entièrement d’accord

  3. van der Putten
    03/02/26

    Et s’il s’agissait seulement de jalousie de certains chasseurs envers des privilégiés qui profitent de ce biotope exceptionnel, sur les territoires voisins ?

    1. Pineau
      03/02/26

      Je ne sais pas pourquoi dès qu’il y a critique dans le domaine de la chasse, on vous le fait à l’envers en suspectant la personne de jalousie. Je ne savais même pas qu’il y avait des mouflons dans ce coin. Et jalousie…je serais ceux des territoires voisins justement, je m’inquiéterais un peu plus parce que là bas comme ailleurs vous allez avoir des politiques qui vont se dire finalement si on supprime la chasse, on offre de la tranquillité aux autres usagers, on se fait bien voir de nos électeurs, et ça nous coûte juste une ou 2 journées d’abattage tous les 3 ou 4 ans…enfin « coûte », non finalement, en plus c’est gratuit! double gain!!
      Bref, à entretenir le mix entre chasse, régulation, destruction, les chasseurs vont se réveiller un matin avec le droit de sortir uniquement quand l’autorité vous dira où et quand.

      1. Jean1
        03/02/26

        Pineau,vos commentaires sont plein de bon sens, malheureusement certains en manque.a côté de chez moi,la métropole a acheté une grande superficie et a aussitôt interdit la chasse sauf pour le sanglier,perso j ai proposé de ne pas y participer,un lieutenant de louveterie avec ses petits copains en a fait une petite chasse privée,aucune morale et je suis poli.

    2. Olivier
      10/02/26

      😂🤣😂🤣

  4. Jean 2
    03/02/26

    Bonsoir,je ne sais pas si tout va à l’écarissage,mais on m’a dit que le mouflons était très bon à manger……..,,après c’est une gestion comme une autre ,chacun est maître chez soi, même l’état,par contre pour moi c’est de la chasse !!et on la maquille en régulation c’est mieux pour les »soi disant écolos » ,et personnellement, je n’aurais aucunes envies à tirer ces animaux à mon avis peu sauvages, j’aurais l’impression de tirer dans un zoo

    1. Lolo
      04/02/26

      Peu sauvage,…. je penses que tu te trompes.
      Le mouflon se chasse à l’affût et c’est un animal très méfiant plutôt difficile d’approche. Et je ne penses pas que ceux de la Somme dérogent à la règle.

      1. Jean 2
        04/02/26

        Bonjour, sauvage en montagne, oui,peu d’humains en général dans ces secteurs là .

        1. Tophe
          04/02/26

          Je peut te confirmer qu’ils sont encore plus difficile à chasser en baie de Somme quand montagne

  5. Bègue
    04/02/26

    Les chasseurs choisis ??
    Pourquoi pas les jeunes permis de chasser…connus évidemment de la fédération des chasseurs de la Somme….

  6. Chtivarois
    05/02/26

    Entièrement d’accord avec PINEAU. Cette destruction devrait être gérée par les accrocs de réserve sans chasse. Les enverdeurs nous jettent régulièrement à la figure l’exemple du Yellowstone. Et bien même là-bas, les scientifiques, les vrais, commencent à penser autrement. En effet, si le loup a permis la régulation du Wapitis un certain temps, on commence à observer maintenant d’autres déséquilibres à cause des loups et des difficultés de gestion.
    Il est interdit de chasser dans le Marquenterre en baie de somme. Ce que je crains depuis un bon moment est en train d’arriver. Je ne cesse de dire à propos du Loup, lorsque ce sera devenu ingérable (et on se rapproche du moment), on viendra nous solliciter pour en tuer. Comme dit Pineau, ce n’ est pas de la chasse, alors il ne faut qu’aucun chasseur ne participe. Il faudra payer les chasseurs et verser une taxe d’abattage à la société de chasse organisatrice. Dans le cas présent, un claquement de doigts, garde à vous, vous êtes au ordres des enverdeurs. Je trouve que vous manquez de fierté. Toute l’année on brise du chasseur et vous allez vous fourvoyer dans de la destruction pour votre plaisir.

    1. Jean1
      05/02/26

      Complètement d accord,on manque de solidarité entre TOUTES les types de chasse.et refuser d y participer des que ça les arrange serait un moyen de défendre notre passion.

  7. Olivier H
    13/02/26

    Je ne suis pas d’accord avec la thèse développée dans cet article. Si les sangliers sont si nombreux, ici comme presque partout en France, c’est largement parce qu’ils sont nourris dans les terrains jouxtant la réserve naturelle.
    Curieusement, cette dimension essentielle n’est quasiment jamais évoquée.
    Par ailleurs, quand le loup sera revenu, il contribuera à réguler sangliers et mouflons. Merci alors, de ne pas « crier au loup » et de ne pas chercher à le réguler puisqu’il fera justement ce travail « naturellement ».

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