On explique souvent le recul de la chasse par son désamour. L’étude Ifop présentée au congrès de la FNC en mars 2026 montre autre chose : pour beaucoup, le vrai mur, c’est d’abord le coût, le territoire, l’équipe et l’entrée dans un monde perçu comme fermé.

Pendant des années, une partie du monde cynégétique s’est raconté une histoire : si la chasse recule, c’est d’abord parce qu’elle est mal aimée, caricaturée, salie, attaquée. Le diagnostic a sa part de vérité. Mais à force de tout ramener à cette bataille d’image, on finit par ne plus voir le reste.
L’étude présentée par l’Ifop au congrès de la Fédération nationale des chasseurs en mars 2026 repose sur un matériau lourd : plus de 9 000 ex-chasseurs interrogés pour le volet consacré à l’abandon, 3 000 Français représentatifs pour le volet consacré aux prospects, auxquels s’ajoutent des entretiens qualitatifs. Elle n’a donc pas seulement demandé aux gens ce qu’ils pensent de la chasse. Elle a aussi regardé pourquoi on l’abandonne, pourquoi certains s’arrêtent après le permis, et par où pourraient entrer ceux qui s’y intéressent.
Or ce qu’elle fait remonter n’a rien d’un mystère idéologique. Ce sont des obstacles concrets.
Chez les anciens chasseurs, la première raison citée pour l’arrêt de la pratique est le coût global trop élevé, devant la santé, la condition physique, la baisse du petit gibier et le manque de temps. En total de citations, le coût atteint 28 %, la santé 26 %, la baisse du petit gibier 25 %, le manque de temps familial 23 % et le manque de temps professionnel 18 %. La pression sociale et l’image négative de la chasse dans la société n’apparaissent qu’à 5 % en total de citations, et à 1 % comme raison principale.
Le résultat est plus net encore chez ceux qui ont fait une partie du chemin sans aller au bout. L’étude décrit aussi des profils d’abandonnistes pour lesquels le prix de la pratique pèse directement, notamment chez les jeunes actifs et les catégories populaires. Elle parle même d’un profil baptisé “l’exclu économique”, défini d’abord par le coût global trop élevé, auquel s’ajoutent contraintes familiales et sentiment d’exclusion sociale.
Autrement dit, le discours public adore parler d’image, mais les gens, eux, parlent d’abord de portefeuille, de disponibilité, de gibier et d’organisation.
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C’est là que l’étude devient plus dérangeante pour le milieu cynégétique lui-même. Parce que la chasse souffre aussi de ses propres mécanismes de fermeture. Le document le dit noir sur blanc : l’entrée dans la chasse se fait presque toujours par des relations personnelles avec des chasseurs et rarement par une démarche spontanée.
Ce simple constat suffit à comprendre une partie du problème. Une pratique qui fonctionne surtout par transmission relationnelle, par cooptation, par proximité préalable, devient mécaniquement difficile d’accès pour ceux qui n’ont ni chasseurs dans la famille, ni réseau, ni porte d’entrée.
Les entretiens qualitatifs vont dans le même sens. Ils font apparaître l’idée de groupes qu’il n’est pas facile de rejoindre, avec une double barrière : se faire inviter, puis se faire accepter. Se faire accepter socialement, mais aussi comme débutant, sans avoir le sentiment de gêner, de ralentir, d’être toléré plutôt qu’accueilli. L’étude note même que cela peut donner le sentiment qu’il n’existe pas toujours une véritable volonté de transmettre.
Elle décrit aussi des imaginaires négatifs des groupes de chasse : manque de diversité générationnelle, peur du paternalisme, crainte d’une ambiance très masculine, impression d’un univers codé, parfois mondain, parfois fermé sur lui-même. Pour certains publics intéressés, s’ajoute encore la crainte d’avoir ensuite à se justifier comme chasseur.
On n’est donc plus face à un simple “problème d’image”. On est face à une accumulation de freins. Le coût. Le temps. Le territoire. L’équipe. Les codes. L’incertitude sur la manière d’entrer. L’idée tenace que cette pratique reste réservée à ceux qui sont nés dedans.
L’Ifop le formule d’ailleurs presque ainsi dans ses recommandations finales. Il faut, dit l’étude, rendre la chasse plus accueillante, passer d’une pratique héritée à une pratique apprenable, développer les invitations, les portes ouvertes, les journées découverte, le parrainage, les étapes de progression claires. La défense de la chasse ne suffit pas. Encore faut-il la rendre praticable pour ceux qui n’en ont pas reçu les codes à la naissance.
C’est ici que le monde cynégétique ferait bien de regarder le réel en face. Une pratique ne se transmet pas sans volonté nette ni stratégie ciblée. Elle se développe quand quelqu’un peut concrètement y entrer, comprendre les étapes, payer le ticket d’entrée, apprendre sans être humilié, trouver un territoire, trouver une équipe, revenir la semaine suivante sans avoir eu l’impression de mettre le pied dans la porte.
La bataille culturelle existe, mais elle sert aussi parfois d’alibi commode. Elle permet de dénoncer l’hostilité extérieure plutôt que d’examiner les blocages internes. Il est plus confortable de se croire repoussé uniquement par l’époque que de reconnaître qu’un jeune actif, une femme curieuse, un urbain attiré par la nature ou même un titulaire du permis peuvent renoncer pour une raison beaucoup plus simple : ils ne savent pas comment entrer, à qui parler, où aller, combien cela leur coûtera, ni s’ils seront réellement les bienvenus.
On parle beaucoup de communication. L’étude Ifop rappelle qu’ une culture ne disparaît pas seulement parce qu’on l’attaque. Elle recule aussi quand son accès devient coûteux, opaque et socialement verrouillé. À ce moment-là, elle peut encore attirer. Mais elle laisse trop de gens sur le seuil.
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Bonjour, vous prêcher un convaincu, je l’ai toujours dit,on tuera la chasse par ces actions trop chères ,que ce soit domaine public ou privé, et ceci pour toutes les formes de chasse,la cause:des propriétaires trop gourmands,(état ou privé) ensuite le manque de partage et de passation des connaissances ,surtout pour certaines chasses spécifiques ,et on peut rajouter des réglementations contraignantes et inutiles,ex:canards appelants ,et un état qui baisse « c……e »devant les anti-tout,si ce n’est le ministère lui même anti chasse et qui pond n’importe quoi.
Bonjour, je l’ai dit et je le répète, le prix des actions tue la chasse, les nouveau et jeunes chasseurs ne peuvent se permettre de mettre 2000 euros dans une action. Vous avez tout à fait raison.
Tout à fait d’accord. Si je n’avais pas abordé la chasse par le biais d’une ACCA je n’aurais certainement jamais chassé. Aujourd’hui je chasse depuis 50 ans sans interruption.
Au lieu de verser 80 millions d’euros par an à fond perdus pour les dégâts de gibiers vous imaginez ce qu’il aurait été possible de mettre sur pied en quelques années avec autant d’argent : écoles de chasse, stands de tir, journées ou même séjours découvertes, territoires jeunes chasseurs, territoires d’accueil pour les femmes
Et tenter des actions en faveur du petit gibier. Car c’est lui qui a emmené beaucoup de jeunes à la chasse avant son fort déclin et la reconversion de nombreux d’entre nous vers le gros .
Il est parfois difficile de se faire accepter et d’intégrer une équipe . On vois souvent cette forme d’entre sois , une espèce de clubs restreints qui les privent de jeunesse et qui font d’elles des groupes de vieux de moins en moins nombreux au fils des années et des départs .
Bonjour Totalement en accord avec l’article je rajouterai pour ma part pour l’avoir mis en place chez nous le retour du chasseur dans le paysage cynégétique en supprimant tout ces jours de non chasse supplémentaire qui ne font que disparaître les chasseurs de la vue des autres usagers et oui je l’ai toujours dit le dicton de nos anciens y compris des fédération de l’époque qui disait pour êtres heureux vivons cachés à largement contribué à tous cela alors qu’à mon sens c’est plutôt l’inverse montrons que nous sommes présents et continuons de nous faire voir cela marche