Une Alsacienne jugée pour avoir tué un lynx en protégeant sa poule

Chasse Actu
date 07 avril 2026
author Léa Massey

Une habitante du Haut-Rhin comparaissait pour avoir tué un lynx venu attaquer sa basse-cour. L’affaire pose la question des limites juridiques face aux espèces strictement protégées.

Les faits remontent à octobre 2024, dans une commune du Haut-Rhin. Une femme de 62 ans surprend un lynx en train d’attaquer une de ses poules dans sa propriété. Elle intervient et frappe l’animal à coups de bâton. Le lynx meurt.

L’enquête établit ensuite qu’il s’agissait d’une jeune femelle. L’affaire est portée devant le tribunal correctionnel. La prévenue reconnaît les faits. Elle explique avoir voulu défendre sa poule au moment de l’attaque.

Une espèce strictement protégée

Le lynx boréal bénéficie d’un statut de protection intégrale sur le territoire français. Sa destruction est interdite, sauf dérogation administrative exceptionnelle. Selon les associations parties civiles, la population française est estimée à environ 150 individus, principalement dans le massif jurassien et les Vosges. La disparition d’un individu est donc considérée comme un événement significatif pour la conservation de l’espèce. Plusieurs organisations de protection animale se sont constituées parties civiles dans ce dossier.

A lire aussi : Suisse : un garde-faune abat 3 lynx par erreur

La question de la légitime défense écartée

À l’audience, le parquet a requis quatre mois de prison avec sursis. Il a notamment estimé que la légitime défense ne pouvait pas être retenue dans ce cas, considérant que ce principe ne s’applique pas à la destruction d’un animal protégé pour en sauver un autre.

La défense a de son côté souligné la réaction immédiate de la prévenue face à une attaque survenue dans sa propriété, dans un contexte de surprise. Le jugement a été mis en délibéré au 20 mai 2026. 

La perte est sans doute réelle pour l’espèce. Mais condamner une femme qui voulait protéger sa poule face à une attaque survenue dans sa propre basse-cour peut sembler, pour certains, un poil exagéré.

A voir en vidéo :

Partager cet article
20 Commentaires :
  1. Pineau
    07/04/26

    Destruction d’une espèce protégée = 3 ans de prison et 150000 € d’amende max.
    Violence sur personne dépositaire de l’autorité publique, en clair au lieu de frapper un lynx vous frappez un policier= 1 an et 15000 € d’amende max.

    Le lynx mort attire les vautours, pas les oiseaux mais les associations qui savent bien qu’il y a de l’argent à récupérer. Si la dame est solvable, elle va payer cher. On se demande néanmoins comment cela a été connu.

    1. Eléonore
      08/04/26

      Cependant, cette dame ne s’est pas contentée de frapper le lynx, elle l’a tué. Si l’on compare ce qui est comparables, les peines sont évidemment bien plus fortes quand les faits concernent un être humain.

      1. Richard
        08/04/26

        C est le problème de certain,comme vous,vous mettez au même niveau voir plus l animal que l humain et puis pourquoi un lynx aurait plus de valeur qu une poule au sens de la vie.un peu de sérieux il y a peut être des circonstances atténuantes.

        1. Eléonore
          09/04/26

          Sans doute, mais le lynx est une espèce protégée qu’il est interdit de tuer. Cette dame aurait pu se contenter de le faire fuir sans le tuer, elle aurait sauvé ses poules tout aussi bien.

          1. Richard
            09/04/26

            Je n y était pas mais déjà pour l l’approcher et pouvoir lui donner un coup de bâton c est qu il ne voulait pas lâcher la poule,en plus elle a du se dénoncer,un autre aurait fait un trou et terminé.

          2. Eléonore
            09/04/26

            Vous n’y étiez pas, en effet, et vous ne savez pas ce qui s’est passé.

          3. Richard
            09/04/26

            Vous non plus, mais le lynx est un animal très craintif et en apercevoir un relevé déjà de l exploit.

          4. Eléonore
            10/04/26

            Le lynx est très craintif, comme vous le soulignez. L’arrivée de cette dame l’a certainement effrayé et il n’aurait pas été difficile de le faire fuir sans le tuer.

          5. Richard
            10/04/26

            Allez taper un lynx avec un bâton,il faut l approcher a un mètre,il devait être sacrément affamé et ne voulait pas partir,un bâton c est pas une arme, persister dans votre déni.

          6. MARTINEZ
            13/04/26

            J’aurais aimé t’y voir, à faire fuire un lynx à mains nues !

  2. Philippe
    07/04/26

    Pour avoir frappé des policiers, des voyous ont été condamnés à quelques dizaines d’heures de TIG. Ça vo coûte moins cher que de s’en prendre à un lynx

  3. GUILLAUME
    07/04/26

    Elle n’y va pas de main morte la mamie !

    Je suis très étonné du Parquet, en la personne de Mme Priscille Cazaux, qui annonce pour justifier la sentence « On ne peut pas tuer un animal pour en sauver un autre ».

    J’ignore où elle a pu trouver cela dans la loi ou la jurisprudence.

    J’admets volontiers que tuer un lynx cela ne se fait pas. Mais le Parquet alors doit dire pour ce cas très particulier :
    « Madame, tuer un lynx est strictement interdit. Vous vous êtes trompée en prenant un lynx pour un chat sauvage. On peut comprendre cette méconnaissance, c’est pourquoi le Parquet demande une sentence modérée ».

    1. Pineau
      07/04/26

      « On ne peut pas tuer un animal pour en sauver un autre »…alors elle le jour où elle choppe un ténia faut que le médecin lui réponde qu’on ne peut pas tuer son animal de compagnie

  4. Drago
    09/04/26

    Cette dame a géré le problème comme elle a pu .

  5. Eléonore
    10/04/26

    Espérons que l’affaire aura au moins servi de leçon et que cette dame manifestera désormais plus de respect pour les animaux sauvages protégés!

  6. Drago
    10/04/26

    Cette dame a géré le problème comme elle a pu , le problème est réglé définitivement avec celui-là .

  7. Martin J
    14/04/26

    Le parquet requière 4 mois avec sursis mais espérons que le juge tienne compte des arguments de la défense et la condamne modérément ou l’acquitte .

  8. GUILLAUME
    15/04/26

    Drôle de Parquet à Strasbourg !
    On est chez les fous qui inventent le droit.

    Certes, le Parquet a raison quand il dit que la légitime défense ne pouvait être retenue dans ce cas.

    Mais ici, « il ne s’agit pas de légitime défense ».

    La dame ne se défendait pas elle-même contre le lynx. Elle n’était pas en danger personnellement. Elle défendait sa poule.

    Le Parquet aurait du s’appuyer sur la loi dite de « non assistance de personne en danger », même s’il s’agit ici d’un animal. Le Parquet avance bien la « non légitime défense » qui ne concerne pas plus les animaux.

    Non assistance de personnes en danger (Article 223-6) :
    « Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l’intégrité corporelle de la personne s’abstient volontairement de le faire est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 75.000€ d’amende ».

    Ce texte de loi sur « la non assistance de personne en danger » me paraît plus proche de ce que le Tribunal doit prendre en compte dans cette affaire que la légitimité défense qui ne concerne pas la dame, celle-ci n’étant pas attaquée par le lynx.

  9. berange
    15/04/26

    chere madame vous avez fait ce que j aurais fait et en plus le trou se serait refermer bien vite ce qui veux dire que j aurais fait la meme chose , je n eleve pas des poules pour nourrir ce qui pour moi est un nuisible.
    voir la disparition des chevreuils du du lynx. mais les bons veuille au grains enfin je veux dire les charognarts

    1. GUILLAUME
      15/04/26

      BERANGE,

      Doit-on comprendre que vous considérez les animaux prédateurs comme nuisibles, donc à éliminer, y compris le lynx ?

      Ce n’est pas sérieux.

      Je comprends cette dame qui a été prise au dépourvu et a réagi comme elle le sentait sur le moment.

Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents