Corrida : le retour du palpable

Faits-divers
date 08 avril 2026
author Richard sur Terre

À Séville, le retour de Morante de la Puebla a rempli les arènes. Ce qui, selon lui, révèle un manque. Et peut-être une lassitude d’un monde où tout se vaut.

Dimanche de Résurrection, 5 avril 2026. La Maestranza de Séville est pleine à craquer. Morante de la Puebla remonte dans l’arène, quelques mois après avoir annoncé sa retraite à Madrid. Et avant la corrida, il dit ceci : « C’est moche de le dire, mais je reviens parce qu’on a besoin de moi. »

A première vue ça peut passer pour une insolence. Pourtant personne, ce jour-là, n’a eu cette lecture. Sans doute parce que cette saillie mettait des mots sur quelque chose que beaucoup portaient sans pouvoir le nommer.

Des arènes pleines 

La Maestranza comble s’inscrit dans quelque chose de profond. Pendant toute la Semaine sainte, les processions ont attiré des foules massives. Certaines confréries refusent désormais des candidats par manque de place. Les rues restent animées très tard. Les villes respirent différemment, plus lentement…plus ensemble.

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On veut réduire ça à une vague conservatrice. C’est aller trop vite. Ce qui se joue là ressemble plutôt à une réaction des tripes : le corps qui cherche à revenir au sol.

Une époque saturée d’écrans

Plus les relations passent par des écrans, plus la présence réelle pèse lourd. Une procession, une arène pleine. Ce sont des lieux. On y entre avec son corps. On y reste avec les autres. 

Pourquoi certaines formes tiennent encore

Les rites reviennent parce qu’ils tiennent debout quand le reste vacille. Ils donnent une place à chacun et donnent un rythme au temps. Même pas une appli. 

Dans une époque saturée de commentaires et d’invectives, ils continuent simplement d’exister. 

« Je reviens parce qu’on a besoin de moi. »

Ça paraît orgueilleux, dit comme ça. Mais c’est tout l’inverse. C’est reconnaître qu’il existe encore des gestes qui ne se délèguent pas à l’IA. Des gestes qui ne peuvent pas ne noyer dans le flot ininterrompu des avis humains, désormais posés là comme des offrandes au monde, en attente d’une approbation collective anxiogène. 

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2 Commentaires :
  1. Marc
    08/04/26

    Bonjour , je pense qu’avec la vie que nous menons où tout est futile et superficiel , les gens « normaux » ont de plus en plus besoin de retrouver leurs origines et leurs traditions . Je crois vraiment que ce phénomène va prendre de l’ampleur dans les années à venir et ce dans tout les domaines , culinaire , culturel , patrimoniale etc…

  2. Eléonore
    14/04/26

    La corrida est un sévice grave et un acte de cruauté sur un animal domestique: c’est sa définition dans la loi française.
    Elle ne subsiste que par une tolérance qui finira par disparaître car les spectateurs s’en détournent de plus en plus, écœurés par sa violence, et c’est très bien ainsi.

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