La signature d’un accord entre la Fédération nationale des chasseurs et le Centre national de la propriété forestière, le 16 avril dernier, marque une nouvelle étape dans une relation longtemps conflictuelle. Mais sur le terrain, les cicatrices restent profondes.
Le 16 avril 2026, la Fédération nationale des chasseurs et le Centre national de la propriété forestière ont officialisé une lettre d’engagement commune pour mieux gérer l’équilibre entre la forêt et la grande faune. Mais derrière les poignées de main, une question mérite d’être posée franchement : dans ce dialogue, qui dicte vraiment les termes ?
Le grand gibier, bouc émissaire bien commode
Commençons par ce que tout le monde s’accorde à reconnaître : oui, les populations de cerfs, chevreuils et sangliers ont augmenté. Oui, les jeunes plantations peuvent en souffrir. Le cerf élaphe est aujourd’hui présent sur près de 16 millions d’hectares dans 83 départements, couvrant environ la moitié du territoire forestier français. Une évolution liée à la progression des surfaces boisées, aux changements des pratiques agricoles, et aux effets du changement climatique.
Mais entre reconnaître un déséquilibre localisé et en faire le prétexte d’une pression généralisée sur les prélèvements, il y a un pas que le monde forestier franchit allègrement. Les divergences d’appréciation des dégâts de gibier ont longtemps opposé sylviculteurs et chasseurs, l’appréciation objective dépendant de méthodes fiables et validées conjointement. Autrement dit : pendant des décennies, les forestiers ont agité les chiffres de dégâts sans que personne ne soit vraiment d’accord sur la façon de les mesurer.
Équilibre forêt-gibier ou rentabilité forestière ?
Le vocabulaire utilisé est toujours le même : équilibre, renouvellement, durabilité. Des mots qui sonnent juste et neutralisent d’avance toute objection. Mais derrière le discours écologique se cache une réalité plus prosaïque. Dans les zones en déséquilibre sylvo-cynégétique marqué, les impacts du gibier sur les peuplements sont autant économiques qu’environnementaux : perte de valeur marchande des bois due à l’écorçage et au frottis. Voilà le cœur du sujet : c’est la valeur marchande du bois qui est en jeu, pas la biodiversité.
Les forestiers (privés en tête) gèrent des actifs. Leurs plantations sont des investissements. Quand un cerf écorce un douglas ou qu’un chevreuil broute une tige de chêne, c’est une ligne qui rougit dans un bilan. Réclamer plus de prélèvements, c’est d’abord protéger un modèle économique. Présenter cette revendication comme un impératif écologique est, pour le moins, un raccourci.
Les chasseurs ne sont pas des prestataires de service
L’accord FNC-ONF de 2024 repose sur un principe dit « gagnant-gagnant » : une baisse de la population de grand gibier via une augmentation des prélèvements, contre une baisse des prix de loyers de chasse. Ça ressemble plus à un marché qu’à un partenariat.
A lire aussi : Meuse : trop de cerfs, les forestiers alertent
Or les chasseurs n’ont pas vocation à vider les forêts de leurs habitants. La chasse est une pratique culturelle, une relation au vivant, une façon d’habiter un territoire. Pas un service de régulation sous-traité par la filière bois. Accepter de se définir comme des régulateurs au service de la sylviculture, c’est accepter une vision du gibier comme nuisible par défaut, à contenir en permanence. C’est une dérive de fond, qui s’installe discrètement dans chaque accord signé.
Dialogue, oui. Capitulation, non.
Personne ne défend l’idée que les populations de grand gibier doivent croître sans limite. Leur surabondance peut effectivement menacer le renouvellement de la forêt et les cultures, et leur régulation s’effectue naturellement par la chasse. La discussion sur les équilibres est légitime, nécessaire, et les chasseurs y participent depuis longtemps.
Mais la nuance, justement, c’est que le réseau de sites pilotes prévu à partir d’avril 2026 est censé produire des « diagnostics communs » et des « guides techniques. Autant d’outils qui, selon leur rédaction finale, pourront tout aussi bien servir à objectiver la nécessité de prélèvements supplémentaires qu’à les contester.
La vraie question n’est pas de savoir si chasseurs et forestiers peuvent s’entendre. C’est de savoir qui définit les termes de cet équilibre, et dans l’intérêt de qui. Pour l’instant, les textes signés ressemblent davantage à une normalisation de la pression sur les populations animales qu’à une véritable cogestion du vivant. Nous suivrons ces dossiers de prêt.
A voir en vidéo :











Tata Rachelle va découvrir la Belgique très beaux paysages surtout dans les Ardennes. Pour les morts à la chasse, « de plus en plus » je crois que la saison 2025-2026 dénombre 4 morts, c’est déjà trop. Mais si à l’issue de 2026-2027 il y a 6 morts, encore trop, nos détracteurs vont hurler en mettant en avant une augmentation de 50 %. Les chiffres sont manipulables à l’infini. Pour les morts par noyade, plus de 300/an…
La première phrase de l’article commence par : « la signature d’un accord entre FNC et CNPF », mais il est nommé : « chasseurs vs forestiers ». Ça laisse songeur !
Je pourrais pointer du doigt les imperfections, redresser les tords présents dans l’article (ben oui, y’en a quelques uns) mais j’en ai un peu marre de ces (éternelles) batailles d’arguments qu’on s’envoie à la figure, juste pour avoir le dernier mot.
Le fait est que personne ne prend en compte les animaux eux-mêmes. C’est à mon sens la base pour décider du reste. L’article parle des intérêts des uns et des autres, de leurs divergences aussi, mais rien sur les intérêts des animaux.
Chaque espèce a des besoins qui lui sont propre, a une biologie et des interactions avec sont environnement bien particuliers qu’il convient de considérer pour prendre les animaux pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils devraient être.
Un animal en souffrance ne peut pas être la représentation de cet être libre, fier et sauvage, cher à notre imaginaire.
Il est vrai aussi que le plan de chasse a biaisé notre raisonnement en nous expliquant comment faire augmenter les populations de grands animaux sans jamais nous donner les clefs pour pouvoir évaluer objectivement les niveaux de populations. C’est assez ironique puisque c’est cette donnée qui sert de base à l’élaboration du plan.
On verra bien à l’avenir ce qui va resortir de l’expérimentation sur les sites pilotes, mais se pencher sur le problème ne veut pas forcement dire perdre un bras, ce serait plutôt voir les choses sous un autre angle, dépasser ses préjugés et accroître ses connaissances.
S’envoyer des noms d’oiseaux c’est bien, mais se parler c’est mieux.
Ce discours chasseur forestier existe depuis plus de 10 ans , résultat les populations de grande faune ont été multiplié par 20 en 20 ans sur certains territoires
Le gros hic est que les forestiers et les chasseurs marchands de chasse sont les mêmes.
La marchandisation extrême de la chasse à la grande faune fait dire à certains forestiers qu’ils préfèrent les revenus de la chasse aux revenus de la forêt, et ceux ci seront d’autant plus plantureux que la présence du bétail pour le jeu du ball trap sur cibles vivantes sera plus importante.
Tant que les forestiers marchands de chasse continueront sans aucun contrôle toutes les pratiques cynegetiques délictueuses , délétères rien n’avancera.
Tous ces discours, ces pseudo accords stratégiques , historiques ne seront que des balivernes
pourquoi pas faire référence de la méthode BROSSIER / PALLU sur l’équilibre foret / gibier déjà existante et qui a et fait ses preuves auquel le CNPF contribue !!! Ah ! c’est vrai ,la mise en place émane de l’ANCGG !!!
la FNC préfèrerai créer sa méthode avec les memes acteurs !!! pourquoi ceci , pourquoi il n’y a pas d’entente entre tous !!! problème Willy???
6000€ mini l’ha de reboisement avec protections ( 3000 dans protections)
80/ 100 € l’ha de location de chasse au grand gibier
Le compte n’y est pas , même si on ne replante pas tous les ans dans sa forêt et c’est sans compter l’atteinte à la régénération naturelle difficilement chiffrable.?
Les chasseurs s’en tirent bien !
Arrêtons la sémantique stérile .
Cela mérite donc bien un effort d’attribution par les FDC et de prélèvement par les chasseurs .