La tutelle militante animaliste

Anti-chasse
date 30 avril 2026
author Richard sur Terre

Le 28 avril, le ministre délégué à la transition écologique reçoit Willy Schraen et publie une déclaration sur le rôle des chasseurs dans la préservation de la biodiversité. Laurence Parisot lui signifie publiquement qu’il se trompe, et lui remet sa liste de conditions.

Mathieu Lefèvre est ministre délégué chargé de la transition écologique. Willy Schraen préside la Fédération nationale des chasseurs, organisation qui représente 1 million de pratiquants. Qu’ils se rencontrent, c’est exactement ce qu’on attend de deux interlocuteurs institutionnels dans un État qui fonctionne. Le ministre qualifie les chasseurs de « défenseurs essentiels de la biodiversité ». On peut discuter de la formule, mais ce n’est pas ce que fait Parisot.

L’anatomie d’une sommation

Ce qu’elle écrit est une structure en trois temps : concession feinte (« oui bien sûr »), disqualification morale (« hypocrisie »), liste de conditions préalables. Fin des chasses traditionnelles (je serais curieux d’en connaître sa définition), jours sans chasse, protection accrue de « certaines espèces ». C’est un programme de démantèlement de la chasse, présenté comme condition minimale de bonne foi. Le ministre doit cocher la liste avant d’avoir le droit de l’ouvrir.

Notez que la liste n’est assortie d’aucun chiffre, d’aucune étude, d’aucun cadre juridique. Elle flotte dans l’évidence militante.

Qui parle, exactement ?

Laurence Parisot n’est pas une observatrice indépendante qui s’exprime en citoyenne. Elle préside la Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences depuis juin 2025 (l’organisation qu’elle tague elle-même dans son tweet, ainsi que son porte-parole et…Hugo Clément : le relai médiatique de toute la clique).

Avant ça, elle était vice-présidente de la Fondation Brigitte Bardot. En 2017, elle demandait à Nicolas Hulot d’abolir la chasse à courre dans une tribune publiée dans Le Monde. En 2020, elle qualifiait la chasse à la glu de « barbarie » sur les réseaux sociaux (sans la comprendre). C’est un parcours de militante.

Quand Parisot écrit « il y a tant à faire, y compris en bonne entente avec les chasseurs », elle pose un prix d’entrée.

A lire aussi : Épidémies animales : le rôle des chasseurs enfin reconnu

La mécanique des tags

Ces trois mentions en fin de post sont une convocation. Un ministre vient d’avoir une réunion de travail, et une militante organisée mobilise immédiatement ses réseaux pour signaler que la ligne n’a pas été tenue. Faire pression, publiquement, sur un représentant élu, au nom d’organisations qui ne tiennent leur mandat d’aucun scrutin.

La politique de biodiversité en France se décide dans les ministères, les parlements, et les instances scientifiques compétentes. Elle se négocie avec les acteurs du terrain dont les chasseurs font partie, que ça plaise ou non à Laurence Parisot. 

Que la présidente de la LFDA ait des convictions fortes sur la chasse, c’est son droit. Qu’elle les exprime, c’est légitime. Mais sommer publiquement un ministre de revoir sa copie en convoquant sa meute, c’est autre chose : c’est prétendre exercer une tutelle sur la décision publique depuis un compte Twitter, sans mandat ni responsabilité. 

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4 Commentaires :
  1. Jean 2
    30/04/26

    Bonjour, il paraît que c’est ce qui arrive quand on vieillit mal,narcissisme, crise,et autres. Bon courage…..

  2. Greg
    30/04/26

    Ne pas oublier que Laurence Parisot a été présidente du Medef et qu’elle à de ce fait le bras long pour influencer les politique d’aujourd’hui.

    Ce qui me frappe, c’est que cette personne qui par le passé via le Medef a contribué à la casse sociale du pays par la destruction du service public et militait pour la retraite par capitalisation en opposition au système social actuel des retraites par répartition, et qui aujourd’hui à la « retraite » s’offre une vertu en devenant militante animaliste!

    Et elle se permet de donner des leçons de vertus

    1. Philippe
      01/05/26

      On peut se dire défenseurs des animaux et n’avoir aucune pitié pour les humains. Ça se voit régulièrement.

  3. billabong
    30/04/26

    extrait wiki: Défense de la cause animale
    En 2017, elle demande publiquement au ministre de la transition écologique et solidaire de mettre fin à la chasse à courre[46].

    En 2018, au cours d’un débat à la Sorbonne, elle assimile l’exploitation animale et en particulier l’élevage à de l’esclavagisme. Elle se dit ne pas être totalement végane, mais le devenir tous les jours un peu plus et se demande si l’humanité ne devrait pas aller vers une nourriture purement végane. Elle salue l’association L214 qui a fait connaître la réalité du traitement infligé aux animaux dans des laboratoires et des abattoirs en France et souhaite que les entreprises agroalimentaires fassent évoluer leurs modes de production, qu’elle juge aujourd’hui inacceptables[47].

    En 2019, elle rejoint le conseil d’administration de La Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA), dont elle salue la « démarche rigoureuse[48] », basée sur la science et le droit. D’abord désignée secrétaire générale, elle est élue vice-présidente en 2020 et participe notamment à la modération des colloques de LFDA. En 2025, elle accède à la tête de la LFDA[49],[50].

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