One Voice et la propagande ridicule

Anti-chasse
date 19 août 2026
author Richard sur Terre

One Voice dénonce un « massacre » programmé de neuf louveteaux nés en Haute-Marne. Manipulation par l’image d’une officine fascinée par sa propre propagande.

Le visuel de One Voice présente neuf vies « menacées » et en appelle à une manifestation pour les protéger des vilains chasseurs que nous sommes. Le communiqué préfectoral du 17 août annonce pourtant ceci : le couple alpha installé dans le Bassigny depuis fin 2024 a déjà produit une première portée de sept louveteaux en 2025, suivie tout l’hiver par piège photographique. La portée de neuf individus détectée le 2 août est la deuxième reproduction consécutive d’un couple parfaitement établi, sur un territoire de 50 000 hectares qu’il occupe sans partage. Une meute qui se reproduit deux années de suite n’est pas une population traquée jusqu’à l’extinction.

L’affiche accuse une « politique d’acharnement » portée par les « chasseurs » et des « éleveurs extrémistes ». Le mot « chasseurs » fait tout le travail de l’affiche. Il convoque l’image d’une traque volontaire et impitoyable de louveteaux mignons. De quoi faire hurler de rage de potentiels donateurs et mobiliser le clampin peu regardant qui va se ruer à Limoges avec une pancarte anti-chasse. Pourtant, le loup ne figure sur aucun tableau de chasse : sa destruction ne relève pas d’un permis de chasser mais d’un régime dérogatoire à sa protection, fixé par arrêté ministériel, encadré par un plafond national, et déclenché par une attaque constatée. 

A lire aussi : Loup : le complotisme de L’ASPAS

En 2025, la Haute-Marne a compté plus de 190 attaques de loups et plus de 800 bêtes tuées (dont tout le monde se cogne à priori). Depuis janvier 2026, 90 constats et 477 victimes sont déjà enregistrés, soit une hausse de 22 % sur la même période. Trente-cinq déclarations de tir de défense ont été enregistrées en Haute-Marne à ce jour. Ce n’est ni une battue ni un massacre organisé. C’est une procédure encadrée, réservée aux troupeaux sous attaque, pour une espèce qui reste protégée.

Le rassemblement annoncé le 22 août à Limoges n’a rien à voir avec le Bassigny. Sur sa propre page événement, One Voice le présente ainsi : « Pour la famille de loups du plateau de Millevaches ». Il s’agit de Milo et Mina, en Corrèze, à plusieurs centaines de kilomètres de la Haute-Marne. Le slogan « Stop à l’acharnement » n’est pas né avec les louveteaux du Bassigny : One Voice l’a déjà utilisé en octobre 2023, en février 2026 et en novembre 2025, pour ce même couple corrézien. La portée haut-marnaise fournit une photo neuve à une campagne ancienne.

Le communiqué préfectoral, lui, est tombé un soir à 23 heures, quelques jours avant la Fête de l’agriculture. Un timing que les représentants agricoles locaux n’ont pas manqué de relever. Ce sont eux qui vivent les 477 constats de cette année, pas les visiteurs du stand de Limoges.

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4 Commentaires :
  1. gilbert
    19/08/26

    Sauf si je me trompe (de chasse bien évidemment) les vilains chasseurs ne peuvent pas tirer les loups. Cette possibilité est allouée par la préfecture aux lieutenants de louveterie et après bien des réunions et des palabres. Et effectivement 2 portées en 2 ans ce n’est pas réellement un signe d’extinction. Les animaux de ferme retrouvés blessés ou morts sont du même avis.

  2. jacques
    19/08/26

    Bof à leur dernière manif en juin ou juillet à Dignes il n’y avait pas 15 clampins ,pas de quoi fouetter un loup !!!!

  3. Olivier
    20/08/26

    On parle souvent des associations, mais il en est une que nous finançons, bon gré mal gré : l’OFB !

    Une partie de ma famille habite dans cette petite commune de Haute-Marne qui « héberge » la meute de loups. Certains diront : « Quelle chance ! ». Certes, quelques habitants ont pu filmer un loup se promenant dans notre belle campagne du Bassigny et du plateau de Langres. Mais les conséquences ne se limitent pas à la prédation des ovins et des bovins.

    L’OFB interdit notamment aux éleveurs de pomper l’eau dans la seule mare du village afin de la préserver pour la biodiversité, pour ne pas dire le loup. Pendant ce temps, les vaches et les moutons réclament de l’eau nuit après nuit, dans une commune qui, comme malheureusement beaucoup d’autres, subit des restrictions d’eau.

    Lorsqu’un élu signale à l’OFB avoir observé des louveteaux sur la route qui mène à la marre, on lui rit au nez en lui répondant : « Vous avez vu des renards… ». À croire que l’OFB prend les habitants pour des ignorants !

    Il est facile de se satisfaire d’une hausse des prélèvements de loups quand les chiffres de leur population sont systématiquement minimisés.

    Et voilà maintenant que Madame la Ministre, accompagnée de toute sa délégation, souhaite rencontrer les éleveurs pour leur expliquer qu’il va falloir apprendre à vivre avec le loup. Certains devraient même, paraît-il, envisager de changer de métier. Leur avenir serait de cultiver du quinoa plutôt que de produire des côtelettes d’agneau ou le célèbre fromage de Langres. Franchement, on marche sur la tête !

    Cette année encore, je crains que le brame du cerf ne résonne pas dans les forêts voisines. Les cerfs et les chevreuils se font discrets, les animaux domestiques sont rentrés dans les exploitations, et seuls les beaux Duster flambant neufs de l’OFB sillonnent encore la campagne…

    La préservation de la biodiversité ne peut pas se résumer à la seule protection du loup. La biodiversité est un équilibre global qui doit tenir compte de toutes les espèces, mais aussi des femmes et des hommes qui vivent et travaillent dans nos territoires ruraux.

    On vivait mieux sans lui non?

  4. jean walter
    21/08/26

    L’OFB pour s’occuper du dossier des loups a recruté il y a plusieurs années des pro loups. Alors ne nous étonnons pas si leurs actions sont orientées et partisanes …

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