Lefèvre reçoit Schraen : des signaux encourageants et des questions ouvertes

Chasse Actu
date 30 avril 2026
author Richard sur Terre

Le 28 avril, le ministre délégué à la Transition écologique a reçu le président de la FNC. Plomb, ESOD, indemnisation des dégâts, chasse à la palombe, permis arc : tous les dossiers ont été posés sur la table. Le compte rendu est positif. Les arbitrages, eux, restent à venir.

Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, a reçu Willy Schraen et ses collaborateurs le 28 avril à Issy-les-Moulineaux. La FNC présente cet entretien comme dense et productif, balayant l’ensemble des dossiers conflictuels : classement du grand tétras et du lagopède alpin, proposition de loi sur la louveterie, réforme du système d’indemnisation des dégâts de grand gibier, modifications réglementaires réclamées par les fédérations, chasse à la palombe au filet. Sur chacun de ces points, le ministre aurait « montré sa volonté de trouver des solutions pragmatiques ». Ce que cela produira concrètement dépend d’arbitrages qui ne sont pas encore rendus.

Le moratoire plomb : une position mais pas encore une décision

C’est l’annonce qui retiendra le plus l’attention. Après le retrait par la Commission européenne de sa proposition d’interdiction du plomb dans les munitions rayées métalliques, Lefèvre annonce que la France défendra un moratoire de huit ans sur la grenaille de plomb. L’argument avancé porte sur les délais nécessaires aux industriels pour s’adapter : approvisionnement en acier depuis la Chine, composants de poudres et d’amorces, développement de solutions alternatives pour les chasseurs.

La FNC salue ce résultat comme le fruit d’années de mobilisation. La nuance s’impose néanmoins : la position de la France est posée, mais c’est la Commission européenne qui doit valider ce moratoire de huit ans. Ce travail de conviction reste à faire, avec l’appui de la FACE. Huit ans, par ailleurs, est une durée qui mérite d’être lue dans les deux sens : suffisante pour adapter une filière industrielle, ou délai avant une interdiction qui reste programmée ? La question n’est pas tranchée.

ESOD : la méthode comme bouclier

Sur les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, le ministre a plaidé pour un respect « stricto sensu » de la règle et de la méthode validée par le Conseil d’État lors des derniers classements. Derrière cette formulation, une lecture favorable : la méthode tient juridiquement, s’y tenir protège les décisions futures contre les recours. Une lecture plus réservée est possible : insister sur la procédure sans se prononcer sur le fond des classements contestés laisse entiers les désaccords de fond. La méthode peut être irréprochable et ses résultats néanmoins discutés

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Le permis arc : une avancée à confirmer

Lefèvre réaffirme sa volonté de créer un permis spécifique pour la chasse à l’arc avant la rentrée. Le projet est porté depuis plusieurs années par la FNC et a été préparé avec la Fédération française des chasseurs à l’arc. Schraen le cite comme son dossier le plus personnel de l’entretien.

L’annonce est réelle. Elle mérite cependant d’être lue pour ce qu’elle est : une intention ministérielle. « D’ici la rentrée » est un calendrier serré, il peut aussi être repoussé. 

Ce qui est acquis, c’est que le sujet est clairement inscrit dans l’agenda du ministre. Ce qui reste à obtenir, c’est la publication effective du texte réglementaire. Pour les archers qui attendent cette reconnaissance depuis des années, la différence n’est pas anodine.

La tonalité de cet entretien tranche avec les années où la chasse française n’obtenait des arbitrages ministériels qu’après contentieux ou mobilisation de rue. Un ministre qui reçoit, écoute, et affiche une volonté de traiter chaque dossier dans un calendrier resserré : c’est un contexte de travail…pas une victoire. Les décisions sur le plomb, les ESOD, l’indemnisation ou le permis arc ne seront pas écrites dans un compte rendu de réunion. Elles le seront dans des textes réglementaires, des positions défendues à Bruxelles, des classements publiés au Journal officiel. Ce rendez-vous ouvre des chantiers. La rentrée dira lesquels ont réellement avancé.

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2 Commentaires :
  1. Jean 2
    30/04/26

    Bonjour, « chat échaudé craint l’eau froide! »voilà mon état d’esprit !!l’avenir nous le dira.

  2. GUILLAUME
    02/05/26

    La rencontre augure des avancées.
    Mais un grave souci reste à traiter : celui de l’indemnisation des agriculteurs qui commencent à mettre en péril les finances des fédérations.
    Personnellement, je considère que les plans de chasse sont insuffisants concernant les prélèvements de sangliers. Si on n’y met pas un sérieux coup supplémentaire sur plusieurs années on risque la catastrophe financière.
    Je ne crois pas trop qu’on saura trouver d’autres contributeurs pour financer les dégâts.
    La très belle chasse à l’arc, la vraie chasse (que je pratiquerai pas, car déjà un peu trop vieux) sera enfin dotée d’un permis de chasse arc officiel.
    La chasse à l’arc peut attirer plus de jeunes. L’image de l’arc, c’est pas mal. Il y a les deux volets, l’arc droit ou à double courbe et l’arc à poulies qui peut aussi attirer par sa technologie sophistiquée. Il me semble aussi qu’on pourrait attirer plus de filles avec l’arc.

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