Le permis arc : ouvrir une porte que le fusil tenait fermée

Chasse Actu
date 07 mai 2026
author Léa Massey

Un permis de chasser spécifique à l’arc est en train de passer du stade de la revendication à celui de la réforme. Pour la chasse française, c’est une opportunité de recrutement qu’elle aurait tort de sous-estimer.

Le vivier invisible

La chasse recrute mal. Ce n’est pas une opinion, c’est un constat que les fédérations répètent depuis des années en regardant les courbes de pratiquants. Les raisons sont multiples : urbanisation, déconnexion au monde rural, image dégradée par des années de communication antichasse. Mais il en existe une autre, moins souvent nommée : pour une partie non négligeable de la population, l’arme à feu est un obstacle en soi.

Ce sont des gens qui comprennent ce qu’est la régulation faunistique, qui pratiquent le tir à l’arc depuis des années, qui fréquentent les forêts, qui connaissent les saisons. Ils ne sont pas contre la chasse. Ils ne se reconnaissent simplement pas dans l’image du fusil. Et aujourd’hui, la loi ne leur laisse aucune porte d’entrée alternative.

Une revendication qui devient réforme

Le permis de chasser spécifique à l’arc n’est pas une idée nouvelle. La FNC la porte depuis longtemps, en observant ce qui se pratique chez nos voisins européens où la chasse à l’arc dispose de cadres réglementaires propres. La demande a longtemps buté sur des questions de principe, de sécurité, de lobbying institutionnel.

Ce qui change, c’est que le sujet est désormais sur la table de Matignon, cité explicitement dans le compte rendu de la rencontre entre Willy Schraen et Sébastien Lecornu du 4 mai. Il s’agit d’un chantier qui s’ouvre, avec un ministre de tutelle et un Premier ministre dans la boucle. Tout indique que le permis arc est en train de passer du stade du souhait à celui de la réforme.

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Du pragmatisme, rien d’autre

La chasse a besoin de pratiquants, les pratiquants ont besoin de territoires gérés, les territoires gérés ont besoin d’actes de chasse. Ce cercle ne se maintient qu’avec des entrées régulières dans la pratique. Créer une voie d’accès pour ceux qu’une arme à feu arrête, c’est élargir le recrutement sans toucher à ce qu’est la chasse.

L’arc est une technique exigeante, qui suppose une maîtrise sérieuse et une proximité réelle avec le gibier. Ceux qui viendraient à la chasse par cette porte seraient des chasseurs avec un profil différent, issus d’un vivier différent. C’est précisément l’intérêt.

Ce qui reste à construire

Le cadre réglementaire précis n’est pas encore arrêté. C’est le travail des mois qui viennent, entre la FNC, le ministère et les conseillers du Premier ministre. Les détails comptent et ils seront âprement discutés.

La direction est posée. Pour la chasse française, ouvrir une porte supplémentaire à ceux qui voulaient entrer sans trouver la clé, c’est une bonne nouvelle.

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1 Commentaire :
  1. Philippe
    07/05/26

    C’est une bonne chose.

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