Trois passagers d’un navire de croisière morts d’une infection à hantavirus. Jean-Luc Mélenchon a su transformer ce drame en tribune politique en moins de cinq lignes. Leçon de post-vérité appliquée.
Hantavirus : nouvel exemple de maladie écologique. Les zoonoses se multiplient à cause de la chute de la biodiversité et du changement climatique. Qu’a fait Macron pour nous préparer ? Rien sinon détruire ce qui était le meilleur système de santé du monde.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) May 6, 2026
Trois phrases. Trois problèmes.
Commençons par le commencement : l’hantavirus n’est pas nouveau. Il doit son nom à la rivière Hantaan, à la frontière des deux Corées, où plus de trois mille soldats américains sont tombés malades pendant la guerre de Corée, entre 1950 et 1953. Des épidémies ont été recensées en Asie et en Europe depuis des décennies. Appeler ça un « nouvel exemple », c’est parier sur l’ignorance de son audience. Bon pari raisonnable.
La fausse causalité
Deuxième phrase, deuxième enfumage. « Les zoonoses se multiplient à cause de la chute de la biodiversité et du changement climatique. » En soi, comme proposition générale, ça se tient. C’est une hypothèse scientifique discutée, avec ses partisans et ses nuances. Mais l’appliquer à ce cas précis, c’est une escroquerie intellectuelle.
Ce foyer d’hantavirus s’est déclaré sur un navire de croisière néerlandais au large du Cap-Vert. L’hantavirus se transmet par inhalation d’excréments de rongeurs infectés en aérosol dans des espaces clos, mal ventilés, et infestés de rongeurs. Ce qui s’est passé à bord du MV Hondius ressemble à un problème de dératisation, pas à la conséquence directe de l’effondrement de la biodiversité mondiale. Pendant que Mélenchon tweete, les épidémiologistes cherchent des rats dans les soutes. Détail.
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L’OMS, de son côté, a estimé que l’épisode présentait un « faible risque » de propagation et son directeur général a précisé qu’il « ne pense pas » que la situation soit comparable au début du Covid-19. Mélenchon, lui, pense différemment. Mélenchon pense toujours différemment quand il y a une élection qui se profile.
La conclusion était écrite avant les faits
Troisième phrase : Macron, le système de santé détruit, l’abandon du peuple. Voilà le vrai sujet. Les deux premières phrases n’étaient que la passerelle pour accéder au pont du bateau.
C’est exactement le mécanisme de la post-vérité décrit par ceux qui l’étudient sérieusement : on ne ment pas franchement, on prend des vérités partielles, on les colle sur un cas qui ne les illustre pas, et on laisse le lecteur faire la connexion tout seul.
Plaisir coupable : voir Jean-Luc Mélenchon tenter de faire porter à Emmanuel Macron la responsabilité d’un incident survenu sur un bateau néerlandais au large des du Cap-Vert. Quoi la ficelle est grosse ?
A voir en vidéo :










Bonjour, ah!je crois tout à été dit sur ce personnage !mais ils s’adresse à ses électeurs sûrement….., car les autres ont plus de jugeote ,c’est désespérant ,enfin pour finir, il faut bien réfléchir avant de voter en démocratie, car sans le vouloir nous pouvons nous plonger dans l’obscurantisme et faire devenir un monde invivable ,un exemple dans un pays démocratique hors europe ,en cours en ce moment, je ne citerai pas de nom.
Ce type est écœurant !
En référence au film de Kubrick je l’ai baptisé docteur Folamour. En gros imaginez ce qui se passerait s’il était président…