Sea Shepherd dans le viseur du Canard Enchaîné

Faits-divers
date 03 juillet 2026
author Léa Massey

Après la péniche parisienne de Paul Watson, une autre polémique touche Sea Shepherd : sa branche internationale ferait appel à une société militaire privée en Afrique, selon Le Canard Enchaîné.

Fondée en 1977 par Paul Watson, aujourd’hui exclu de la structure qu’il a créée, Sea Shepherd s’est longtemps illustrée dans la traque des baleiniers japonais. Depuis 2016, rapporte Le Canard Enchaîné, l’organisation a changé de cap et collabore avec plusieurs États africains (Gabon, Liberia, Gambie, Bénin, Sierra Leone) pour les aider à lutter contre la pêche illégale. Sur le papier, le principe reste inchangé : des navires armés de bénévoles, avec à leur bord des militaires ou des garde-côtes locaux chargés de contrôler les bateaux de pêche dans leurs eaux territoriales.

Selon l’hebdomadaire, un ou deux employés d’une société militaire privée nommée Yamasec se seraient greffés à ce dispositif, avec pour rôle, selon un ancien matelot cité par Le Canard, de « faire l’interface entre les bénévoles, d’un côté, et les soldats et les autorités, de l’autre », et de « former les militaires aux arraisonnements ». Une présence en rupture avec l’histoire de l’ONG, qui avait jusque-là toujours tenu les armes et les États à distance. Le Canard rapporte qu’un capitaine ayant contesté un ordre en mer se serait vu prié par Sea Shepherd de naviguer sous d’autres cieux.

C’est ce montage qui aurait poussé Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, à déposer plainte fin 2023 pour abus de confiance contre Sea Shepherd Global, la fondation néerlandaise qui chapeaute les navires et les campagnes africaines. Elle lui reproche, selon les propos rapportés par Le Canard, d’avoir « caché leur relation avec Yamasec » et « utilisé une partie des dons pour financer des activités sans rapport avec la défense de la faune marine ». Une information judiciaire aurait depuis été ouverte pour faux et usage de faux, tentative d’escroquerie et abus de confiance aggravé, confiée à un juge du pôle financier parisien, avec des perquisitions menées récemment au siège de Sea Shepherd Global et au domicile de ses dirigeants.

A lire aussi : La péniche de Sea Shepherd à 1 million

Yamasec serait pilotée par Guy Meadan, présenté par Le Canard comme un ex-officier de l’armée israélienne, avec un siège à Kampala et une antenne au Delaware, État américain connu pour la discrétion qu’il offre sur l’identité des actionnaires. L’hebdomadaire situe Yamasec dans le même immeuble que plusieurs sociétés de sécurité dirigées par Barak Orland, présenté comme un ancien du Mossad, actives dans la formation d’une garde prétorienne du régime de Yoweri Museveni, au pouvoir en Ouganda depuis 1986. Le Canard évoque également l’acquisition par la filiale américaine de Yamasec d’un avion militaire aux États-Unis avant son envoi en Ouganda, en marge de la réglementation sur les ventes d’armes (des éléments qui, à ce stade, restent des allégations journalistiques et non des faits établis judiciairement).

Le Canard indique avoir sollicité Yamasec et Sea Shepherd Global sur le montant des prestations facturées, sans obtenir de réponse. La législation néerlandaise dispenserait l’ONG de publier ses comptes. La branche américaine de Sea Shepherd reconnaîtrait toutefois avoir versé plus de 1,6 million de dollars à Yamasec pour une campagne menée au Mexique entre 2022 et 2024, un montant qui nourrit les soupçons de l’antenne française : celle-ci s’interrogerait sur le devenir d’une partie des 9 millions d’euros de dons qu’elle a versés à Sea Shepherd Global entre 2016 et 2022.

L’enquête ouverte au pôle financier parisien, consécutive à la plainte de Lamya Essemlali, est aujourd’hui le seul cadre susceptible d’établir judiciairement la réalité de ces accusations.


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1 Commentaire :
  1. Jean 2
    03/07/26

    Bonjour, si ceci est avérer, On est dans du politique,voir ingérence , espionnage indirectement peut-être, du pognon un peu partout sans traces d’utilisation, et je l’ai déjà dis, ils s’infiltrent partout ,on a eu un exemple dans mon secteur (trop long à expliquer, renseignez vous bien ,avant d’embaucher dans vos associations de chasses,style animateur qui par derrière dénigre la chasse)et je me pose des questions sur certains ministère.

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