Les centrales nucléaires tuent-elles vraiment 5,9 milliards d’animaux par an ?

Antispécisme
date 23 juillet 2026
author Richard sur Terre

Une pétition accuse les centrales nucléaires françaises de tuer chaque année 5,9 milliards d’animaux aquatiques. On fait le point sur ce chiffre fantaisiste.


Pour refroidir leurs installations, les centrales prélèvent d’importantes quantités d’eau dans les fleuves ou dans la mer. Avec cette eau sont aspirés des poissons, des crustacés, des méduses, mais aussi une masse considérable d’œufs et de larves.

Les plus gros animaux peuvent être plaqués contre les grilles de filtration. Les plus petits passent à travers et sont entraînés dans les circuits, où ils subissent chocs, variations de pression et de température ou traitements chimiques. Cette mortalité est réelle et connue depuis longtemps.

Mais les « 5,9 milliards d’animaux » ne correspondent pas à 5,9 milliards de poissons adultes retrouvés morts.

Le chiffre avancé par le Réseau Sortir du nucléaire est une estimation obtenue à partir de données partielles provenant de plusieurs centrales et de plusieurs périodes. Il additionne sans distinction des poissons adultes, des alevins, des crustacés, des méduses…mais aussi des œufs et des larves microscopiques.

Or de nombreuses espèces aquatiques produisent des milliers, voire des millions d’œufs, dont seule une très faible proportion atteindra naturellement l’âge adulte. Compter chaque œuf aspiré comme une « victime » permet donc d’obtenir un total gigantesque, sans démontrer que les populations de poissons sont menacées dans les mêmes proportions.

Pour évaluer l’impact réel d’une centrale, il faudrait connaître les espèces touchées, l’âge des individus, leur abondance locale, leur capacité de reproduction et la part de cette mortalité par rapport aux autres pressions : pêche, barrages, pollution, destruction des habitats ou réchauffement de l’eau.

A lire aussi : « Les animaux détestent le nucléaire »

La pétition (comme toutes les pétitions) exagère lorsqu’elle affirme qu’EDF ne surveille rien. Les centrales sont soumises à des études d’impact et à des suivis environnementaux portant sur la qualité de l’eau et les écosystèmes.

En revanche, il ne semble pas exister de méthode nationale imposant à chaque site de compter annuellement les animaux aspirés, d’estimer leur mortalité selon un protocole commun et d’en publier clairement les résultats. C’est là que se trouve le véritable problème, et il serait ridicule de le passer sous silence.

Le chiffre de 5,9 milliards relève de la communication militante certes : il agrège des organismes très différents et ne mesure pas directement l’état des populations. Mais il révèle aussi un angle mort bien réel.

Les centrales nucléaires provoquent une mortalité aquatique. Aujourd’hui, les données publiques ne permettent simplement pas de savoir avec précision si elle est marginale, significative ou préoccupante selon les sites et les espèces. La demande de transparence est donc légitime. La mise en scène d’une hécatombe de six milliards de poissons l’est beaucoup moins.

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18 Commentaires :
  1. gilbert
    23/07/26

    Il faudrait donc fermer les centrales, bannir le charbon et le pétrole interdire les poêles à bois s’abstenir de consommer de la viande et du poisson ne plus porter de ceinture chaussures en cuir, stopper la culture du coton c’est le retour du primate nu dans la nature vivant de la cueillette. Heureusement il y a le dérèglement climatique et les fortes chaleurs pour compenser et tenir quand on ne s’habille pas. C’est idiot hein ! C’est comme faire bouillir plus d’eau que de besoin et de la mettre au congélateur pour plus tard…

    1. Drago
      23/07/26

      Oui tout arrêter, mais l imposer en priorité à ceux qui sont contre tout , juste pour avoir le plaisir de voir leurs grimaces.
      Bien vu gilbert .

  2. Jean 2
    23/07/26

    Bonjour, sans données fiables,il s’agit d’extrapolations, une habitude chez ces gens, ainsi que l’incohérence ,et des convictions hors sols

  3. GUILLAUME
    23/07/26

    Des chiffre farfelus, mais bon ! Nous avons l’habitude.

    On fait comment ? On arrête les centrales nucléaires en France ?

    Petit rappel, en France la consommation d’électricité provenant du nucléaire représente 41,3 % de l’ensemble.

    Les consommations en provenance des énergies renouvelables c’est au total 15,8 %, dont 1,8 % provenant de l’éolien et 0,9 % provenant du photovoltaïque.

    Éolien + photovoltaïque = 2,7 %.

    N.B. : chiffres officiels 2024 du Ministère de la transition écologique, (développement durable . gouv)

    Ils sont gentils ces hulurberlus !

    1. quentin
      24/07/26

      Bonjour,
      41% pour le nucléaire c’est toutes formes d’énergie comprises donc y compris donc les carburants que l’on importe (d’autant plus que nos capacité de raffinage ont diminué).
      Mais en production, le nucléaire c’est 72 % de notre production totale.
      Donc si on arrête le nucléaire, on se prive de 3/4 de notre production en sachant qu’elle ne couvre déjà pas nos besoins.
      Effectivement, ils sont gentils !

  4. Eléonore
    23/07/26

    Il me semble que la question est surtout de savoir quelles mesures EDF met en place pour d’une part suivre et d’autre part réduire cette mortalité autant que possible (une mortalité nulle étant sans doute impossible). Manifestement, l’entreprise pourrait faire mieux dans ce domaine.

    On peut aussi prendre le problème par l’autre bout et questionner notre demande en électricité. Par exemple, est-il bien raisonnable de développer des data centers très énergivores un peu partout sur le territoire, avec toutes les conséquences environnementales et sanitaires que cela implique et pour un bénéfice qui semble surtout être celui des GAFAM.

  5. AUROY
    24/07/26

    Une étude britannique disait qu’un chat tuait trois proies par jour, du cricket au pigeon, de la souris au moineau. En France il y a vingt millions de chats, cela fait vingt milliards de victimes !

  6. OLGA
    24/07/26

    Eléonore,

    Moi aussi je me pose la question de l’énergie que vont consommer des data-centers, en particulier ceux de l’IA, parce que cette technologie consommera au moins 5% de l’énergie totale consommée dans le monde. Sinon, on a besoin de data-centers autres pour bien des choses, ne serait-ce que pour les banques.

    Concernant les dégâts que provoquent à la faune aquatique l’utilisation de l’eau des rivières pour le refroidissement des réacteurs nucléaires, je ne vois pas trop comment on pourrait faire beaucoup mieux. Il y a déjà des grilles pour protéger et des précautions. Pour moins de mortalité il faudrait puiser l’eau de refroidissement dans des méga-bassines où on aurait, en amont, retiré tout ce qui est faune. Vous voyez la taille, l’environnement modifié, le bazar ?

    Et puis, la réalité c’est que ce sont en tout premier les pollutions industrielles et autres finissant dans les fleuves et rivières qui tuent beaucoup d’animaux plus que des centrales nucléaires. Il y a beaucoup à faire avant que nos rivières soient non polluées. On sauverait beaucoup plus la faune avec des cours d’eau débarrassés des polluants.

    Vous posez la question des consommations d’énergie. Vous focalisez sur le nucléaire. Mais le nucléaire est une énergie décarbonée.

    Aujourd’hui, sauf dans les grandes villes où les transports en commun sont proposés, il faut noter qu’on se déplace beaucoup en voitures qui consomment beaucoup d’énergie -maintenant de plus en plus électriques- puisqu’on a des véhicules qui pèsent facilement une tonne et plus, alors que nous pourrions alterner avec des vélos électriques qui eux pèsent moins de 50kg. Pour beaucoup de nos usages, de nos trajets, un vélo électrique serait suffisant. Et on pourrait aussi utiliser un vélo classique. Encore mieux pour la planète.

    Et si on parle d’énergie consommée, je trouve délirant le nombre d’avions qui volent chaque jour envoyant dans l’atmosphère quantité de CO2. Du tourisme !!!

  7. Eléonore
    24/07/26

    Chère Olga,
    Je vous invite à lire l’étude en question, pour approfondir le sujet. Personne ne suggère de créer des méga-bassines pour refroidir les centrales, bien évidemment, ce serait absurde. En revanche, les dispositifs actuels sont largement perfectibles. En effet, ils visent seulement à protéger l’installation des organismes aquatiques. Ils n’ont pas été conçus pour réduire la mortalité des animaux. De là viennent ces chiffres énormes de mortalité. En France, contrairement à d’autres pays, il n’existe pas de réglementation obligeant l’industriel à suivre le nombre d’animaux tués dans ces systèmes de refroidissement, ni à s’efforcer de le réduire. C’est cette lacune qui est pointée par l’ONG: elle réclame un renforcement de la réglementation pour amener EDF à améliorer les choses.

    1. Jean 1
      24/07/26

      Un peu de réalisme,comment peut on éliminer les oeufs,les alevins,les crevettes (centrale Blaye, estuaire gironde). peut être qu il faudrait déjà que chacun fasse attention à sa consommation ,j effectué mes petits déplacements en vélo et je vois beaucoup de vélos électriques, trotinettes électriques me dépasser mais tous les soirs faut les recharger.chaque foyer possède plusieurs téléviseurs sans parler que chacun possède un portable.il paraît que pour l économie il faut de la consommation.

  8. GUILLAUME
    24/07/26

    En réalité cette histoire vient de SORTIR DU NUCLÉAIRE ORG

    Il faudrait savoir si on veut minimiser l’impact sur le réchauffement climatique ou pas.

    Parce que là c’est de la propagande avec des chiffres sortis de nulle part, inventés pour la cause.

    Et puis, si on regarde bien on s’aperçoit que c’est une campagne de collecte de dons, sous couvert de cette histoire.

    1. Jean 1
      24/07/26

      C est bien ce que j avais compris.

    2. Eléonore
      24/07/26

      Les chiffres sont ceux des documents internes d’EDF, que l’ONG s’est procurée, et l’entreprise, interrogée par une journaliste du Monde, ne les a d’ailleurs pas démentis.

      1. GUILLAUME,
        24/07/26

        Si ces chiffres étaient bien étayés, par EDF ou autre, la source en serait donnée en bonne place par « SORTIR DU NUCLÉAIRE ».

        Or, ce n’est pas le cas.

        Vous dîtes « chiffres internes » ??

        1. Eléonore
          25/07/26

          C’est bien le cas: l’ONG indique dans son rapport qu’elle se base sur des documents internes (comprendre « non publiés ») d’EDF.

          1. GUILLAUME
            25/07/26

            ELEONORE,

            On n’a pas connaissance des méthodes utilisées pour le chiffre annoncé d’animaux tués par les centrales nucléaires d’EDF.

            Sans avoir connaissance de la méthodologie, les documents internes ou externes, ne permettent pas de valider une étude et de se faire une opinion.

            Et puis, en plus de cet absence, on ignore ce qui est compté.

            Bref, ça ne vaut pas grand chose.

            Par curiosité, j’aimerais bien avoir le volume en m3 ou le poids estimé issu du document interne.

          2. Eléonore
            25/07/26

            Si EDF communiquait sur ces études et les publiait, on n’aurait pas à se poser ce genre de questions. Il n’est pas normal que ces données ne soient pas rendues publiques par une entreprise qui appartient à l’État, donc à tous les citoyens français.

            Pour ce qui est des chiffres, la plupart des rapports produits par EDF portent sur la centrale du Blayais. Le chiffre indiqué est de 540 tonnes d’animaux aquatiques aspirées sur un an, dont seulement la moitié survit.

  9. Jean 1
    24/07/26

    A quand,des données sur les hachoirs que sont les éoliennes.en hollande elles sont arrêtées les jours de migration.si ce sont des données provenant d edf,ils sont conscients du problème.

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