Un randonneur mordu dix fois à Arêches-Beaufort, cinq chiens de protection pour un troupeau de chèvres : la multiplication des patous a un prix que personne n’assume.
Les gens, on ne peut pas défendre le loup toute l'année derrière son clavier et ignorer les mesures misent en place à cause de lui. On ne monte pas en alpages avec des chiens !! surtout quand il y a un arrêté munic. spécifique#çavaêtreencorlafôtedupatouhttps://t.co/d1v5pfXrvN
— Amaury de Faletans (@A_de_Faletans) August 11, 2026
Vendredi 7 août au soir, quatre randonneurs se trouvent sur un sentier du secteur du Mirantin, au-dessus d’Arêches-Beaufort, en Savoie. L’un des chiens chargés de protéger un troupeau de chèvres attaque l’un d’entre eux. La victime est mordue à dix reprises aux jambes, puis hélitreuillée vers l’hôpital d’Albertville. Le lendemain, le maire d’Arêches-Beaufort prend un arrêté interdisant l’accès aux piétons sur le secteur du Mirantin, l’alpage du Chalet du Lac et Plan Villard, le temps d’identifier lequel des chiens a mordu. Depuis son lit d’hôpital, le randonneur reconnaît l’animal sur des photos qu’on lui présente. Le chien est retiré de l’alpage par l’éleveur et placé en quarantaine, conformément au protocole morsure, qui prévoit un test de la rage même si tous les chiens montés en alpage doivent être vaccinés au préalable. Le propriétaire pourra ensuite faire réaliser un test de comportement par un vétérinaire. L’arrêté est levé dans la foulée.
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L’exploitation avait elle-même signalé, dès le 20 juin, l’arrivée d’un troupeau de chèvres sur ce secteur du Mirantin et la présence de cinq chiens de protection, photos à l’appui. Un premier arrêté, pris en juin, interdisait déjà aux randonneurs de monter avec leurs propres chiens. Cinq patous pour surveiller un troupeau caprin, c’est la conséquence directe d’une pression de prédation qui pousse les éleveurs à renforcer leurs dispositifs de protection, alpage après alpage, sans qu’aucune doctrine publique ne fixe de plafond ni de cadre à cette multiplication.
Un chien de protection existe pour une seule raison : décourager un prédateur de s’approcher du troupeau, au besoin en engageant le contact. C’est cette fonction qui justifie sa présence en alpage face au loup. Attendre du même animal qu’il reste indifférent au passage d’un promeneur à quelques mètres du troupeau revient à lui demander de désactiver, sur commande, le comportement pour lequel il a été sélectionné et placé là. Les pouvoirs publics financent le déploiement de ces chiens comme réponse à la prédation, et communiquent en parallèle sur les bons gestes à adopter face à eux, comme si les deux volets de cette politique n’avaient aucun lien entre eux.
L’arrêté du maire d’Arêches-Beaufort a traité l’incident : un chien identifié, isolé, mis en quarantaine, un secteur rouvert. Il n’a rien changé au nombre de chiens présents sur cet alpage, ni sur les alpages voisins. Le retour du loup a transformé la montagne. Et cette transformation ne peut pas reposer sur les seuls éleveurs et leurs chiens. Elle engage aussi les randonneurs. Tant que cette politique de conservation du loup ne sera pas assumée dans son ensemble, avec les contraintes qu’elle impose à chacun, un autre randonneur croisera, ailleurs, un patou qui fait son job.
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