Plusieurs associations demandent la suspension de la chasse pour cause de sécheresse. À Cherbourg, des sangliers ravagent des maïs, et les agriculteurs, déjà éprouvés, réclament l’inverse : plus de tirs.
Mais puisqu'on vous dit qu'il faut reporter l'ouverture de la #chasse.
— Franc Aller (@FrancAller_info) August 16, 2026
Écoutez un peu Marie-Courgette #vegan du Onzième, enfin, quoi.#IlsSachentNousChassons #Chasse #ChassePartage https://t.co/78j4MvRpNm
Chaque épisode de sécheresse ou de canicule marquée ramène le même type de demande. Des associations de « protection » de la nature interpellent les autorités, courrier aux préfets, saisine du ministère, pétition ou communiqué, pour obtenir l’arrêt de la chasse. L’argument avancé varie peu d’une fois sur l’autre. La faune souffrirait déjà du manque d’eau et de la chaleur, il faudrait donc lui épargner la pression supplémentaire des tirs, le temps que la situation climatique s’améliore (avant ensuite de trouver d’autres raisons urgentes pour faire immédiatement interdire la chasse. Oui ce cirque ne s’arrête jamais vraiment vous le savez).
Le 13 août, à Tourlaville, près de Cherbourg-en-Cotentin, Jean-Luc Féron arpente sa parcelle de maïs. Des épis rongés, des plants couchés par centaines sur cinq hectares. Un technicien mandaté par la fédération des chasseurs évalue la perte à un hectare, entre 1 000 et 1 200 euros, dans un contexte où la sécheresse a déjà fait grimper le prix du maïs jusqu’à 3 000 euros l’hectare. L’agriculteur, qui doit par ailleurs entamer ses stocks fourragers plus tôt que prévu pour nourrir ses bêtes, résume la situation : « Ce n’est pas de l’argent qu’il faut. Il faut réguler. » Sa demande de tir déposée à la DDTM porterait, selon lui, le numéro 227 sur la liste d’attente du secteur.
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Le sanglier ne subit pas la sécheresse comme une contrainte biologique qui ralentirait sa progression sur les cultures. Sa gestation dure trois mois et trois semaines, ses portées comptent jusqu’à dix marcassins, et rien dans les paramètres invoqués par les partisans de la suspension ne freine ce cycle.
Les chasseurs de la Manche ont tué 5 000 sangliers en 2025 dans le département, sans parvenir à stabiliser la pression dans le Nord-Est du Cotentin, où se concentre un quart des dégâts. Suspendre la chasse au moment précis où les récoltes déjà fragilisées par le manque d’eau subissent en plus les incursions de sangliers reviendrait à retirer aux agriculteurs le seul outil de protection dont ils disposent, au nom d’une sécheresse qui frappe justement les mêmes exploitants des deux côtés.
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