Dispensé de l’épreuve pratique après reconnaissance de son niveau olympique, Pierre revient sur sa Journée de Formation Obligatoire : les préjugés persistants sur l’arc à poulies, et une leçon d’éthique du tir qui a marqué la journée.

Je tiens d’abord à remercier la Fédération des Chasseurs d’Indre-et-Loire. Grâce à leur confiance et à la reconnaissance de mes compétences en tir à l’arc, j’ai été dispensé de la partie pratique de la JFO. Ce geste m’a permis de suivre la formation dans une posture d’écoute plutôt que de simple validation technique.
C’était une journée importante à double titre. Symboliquement, elle marquait mon entrée officielle dans le monde des chasseurs à l’arc. Concrètement, elle me permettait de confronter mes acquis, mes lectures et mes intuitions à ce qui se transmet collectivement dans une formation officielle.
Le contact humain était simple et direct, autour d’un café, avec un échange rapide entre stagiaires. Mon métier dans le tir à l’arc suscite quelques sourires et quelques questions. Puis vient la remarque, sans méchanceté mais révélatrice, sur les arcs à poulies : « Inutile de réinventer la carabine. »
Elle dit quelque chose des représentations encore ancrées dans certaines formations. L’arc à poulies offre plus de stabilité et de précision, mais il reste exigeant : il faut s’entraîner, affiner ses réglages, apprendre à lire les réactions de son matériel comme celles du gibier. Ce n’est ni une solution de facilité ni un raccourci, mais une approche différente qui a sa place.
Cela n’enlève rien à l’engagement des bénévoles qui animent ces formations, militants de la première heure pour l’existence de la chasse à l’arc en France. Le point porte sur la pédagogie : certains contenus techniques gagneraient à poser plus clairement les bases, pour un néophyte qui découvre le sujet.
Ce que je retiens surtout de cette journée, c’est la manière dont on a parlé de l’éthique de tir. Il a été rappelé qu’il ne faut pas tirer si l’on ne peut pas assurer une recherche au sang le lendemain, ni si les conditions ne sont pas bonnes. Il faut préférer une flèche maîtrisée à une tentative incertaine. Tirer, c’est assumer, prendre la vie, en accepter les conséquences.
Ces mots ont été dits avec gravité, sans ton moralisateur, et ils résonnent. Dans mon cas, cette JFO n’a pas apporté d’apprentissages techniques majeurs, mais elle a validé mes repères : les intuitions forgées par mes lectures, mes échanges et mes immersions allaient dans le bon sens.
Elle m’a surtout fait mesurer la responsabilité que j’endosse en rejoignant ce monde. La chasse à l’arc n’est pas une performance ni une discipline de chiffres : c’est un engagement, une éthique, une exigence que j’emporte désormais dans chaque sortie.
A voir en vidéo :










Etant ancien formateur « civil » au début de la formation obligatoire, j’ai toujours perçu un sorte de rivalité entre les pratiquants arc simple /compound. les archers « naturels » tendaient à assimiler le tir de de chasse pour tuer à ce que l’on pratique sur cibles 3D en compétition .A la chasse il faut tuer et non vouloir jouer la tradition à tout prix, en fait il faur être à l’ause avec son arc et le maîtriser. Chassez bien!