ChassAdapt étend son IA à douze espèces

Chasse Actu
date 17 septembre 2026
author Léa Massey

Pour 2026-2027, la reconnaissance photographique de ChassAdapt couvre douze espèces. Âge, sexe ou identification : les résultats varient selon l’oiseau.

La photo d’un oiseau prélevé peut désormais renseigner davantage de chasseurs. Dans son point de rentrée du 1er septembre, la Fédération nationale des chasseurs annonce que la reconnaissance automatique intégrée à ChassAdapt concerne douze espèces pour la saison 2026-2027. Elle signale également une prise de photo simplifiée. L’application élargit ainsi un service déjà expérimenté sur plusieurs canards, avec une précision essentielle : elle ne fournit pas les mêmes informations pour tous les oiseaux.

Pour les canards chipeau, pilet, siffleur et souchet, le dispositif détermine automatiquement le sexe et l’âge. Il renseigne l’âge de la tourterelle des bois, mais le sexe de la sarcelle d’hiver et du fuligule milouin. Pour les grives et le merle, il s’agit d’identifier l’espèce. Présenter l’outil comme capable de donner indistinctement l’âge et le sexe des douze espèces irait donc au-delà des fonctions décrites par la FNC.

Cette extension constitue une étape du projet Autowing, engagé en 2021 avec le soutien financier de l’OFB dans le cadre de l’écocontribution. La fédération distingue quinze espèces étudiées et douze couvertes par la reconnaissance annoncée pour cette saison. Pour les autres canards, les oies ou la bécasse, elle invite encore les chasseurs à fournir des photos qui seront examinées par des spécialistes. Collecter des images d’une espèce ne signifie pas que l’identification automatique est déjà opérationnelle pour celle-ci.

La FNC fait état de plus de 50 000 oiseaux photographiés la saison dernière. Elle annonce, pour ses tests, une précision comprise entre 82 et 95 %. Ce sont les performances communiquées par le porteur du projet, pas une garantie de résultat pour chaque cliché. Le retour des utilisateurs constitue un autre indicateur : la fédération indique que 5 à 10 % contestent la réponse reçue. Cette appréciation des chasseurs ne remplace pas une validation indépendante de l’algorithme.

A lire aussi : Tourterelle : One Voice déboutée

L’apprentissage repose sur des photos dont les caractéristiques ont été établies, puis sur des jeux de test permettant d’évaluer les réponses. Après déclaration et photographie du prélèvement, une notification transmet le résultat au chasseur en quelques minutes, selon la présentation du projet. Autowing complète les récoltes d’ailes organisées par les réseaux spécialisés ; il ne les remplace pas.

L’intérêt dépasse l’identification d’un oiseau isolé. Les lectures d’ailes permettent depuis longtemps d’estimer les proportions de jeunes et d’adultes dans les tableaux de chasse. Ces informations éclairent le succès de reproduction, notamment pour des migrateurs nichant loin de France. Elles prennent leur sens avec d’autres paramètres, dont la survie, les effectifs et les prélèvements. Une série de photographies n’est donc pas, à elle seule, un recensement de la population : elle apporte une partie des données nécessaires aux modèles de gestion.

En pratique, ChassAdapt reste d’abord un carnet numérique de prélèvements, gratuit et utilisable pour la saisie même sans réseau mobile. La connexion nécessite une validation du permis pour la saison en cours. L’envoi d’une photographie et la réception d’un résultat d’IA doivent être distingués des obligations déclaratives propres à chaque espèce. La FNC rappelle que l’application ne dispense pas systématiquement des autres carnets ou déclarations prévus localement. Pour cette rentrée, le changement porte bien sur l’étendue du service photographique, sans supprimer ces formalités.

Pour découvrir cette fonctionnalité de ChassAdapt : cliquez ici

A voir en vidéo :

▶ S’abonner à Richard sur Terre

Partager cet article
Pas de commentaire :
Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents