Un an après l’épizootie qui a laissé plus de 10 000 carcasses de grues en France, le passage reprend au lac du Der sans signe de grippe aviaire pour l’instant.
Vivez le lever des grues cendrées de bon matin au Lac du Der #podcast #TerreDeChampagneArdenne ➡️ https://t.co/A4ky8Sxiie https://t.co/xlRVNzpMx8
— ICI Champagne-Ardenne (@icichampagne) October 24, 2026
Le 24 octobre 2025, la LPO Champagne-Ardenne signale environ 500 grues cendrées mortes autour du lac du Der, entre Marne et Haute-Marne. Le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène circulait déjà chez les grues en Allemagne. Cinq jours plus tard, le 29 octobre, bénévoles et salariés de l’association comptent les carcasses de 8 heures à 12 h 30 : le bilan approche 4 500 grues mortes sur le seul lac, où près de 28 000 oiseaux stationnaient le week-end précédent. Un millier d’autres sont relevées à l’étang de la Horre.
L’épisode dépasse largement la Champagne. Dans son analyse de risque arrêtée au 10 novembre 2025, Santé publique France recense plus de 10 000 carcasses de grues infectées en France, dans de nombreux départements de la diagonale nord-est sud-ouest, et une mortalité de masse sur le trajet migratoire en Allemagne, en Belgique et en Espagne. La LPO Champagne-Ardenne estime qu’environ 10 % des grues de ce couloir migratoire ont succombé.
Les chasseurs dans la boucle sanitaire
La surveillance de ces mortalités repose sur le réseau SAGIR, qui associe l’OFB, les fédérations départementales des chasseurs et les laboratoires vétérinaires. Son bilan 2025 recense 2 937 collectes et 3 457 cadavres analysés ; sur les 1 379 cas suivis en surveillance renforcée, une grande partie relève de la crise des grues. Le réseau signale aussi une exposition importante au virus des mammifères qui vivent au contact des grues ou se nourrissent de cadavres.
A lire aussi : SAGIR : ce que dit vraiment le bilan sanitaire 2025
Pour les chasseurs, la crise s’est traduite en contraintes concrètes. Le 22 octobre 2025, le ministère de l’Agriculture a porté le niveau de risque à « élevé » sur toute la métropole, avec des conditions particulières d’utilisation des appelants et des conditions préalables au mouvement du gibier à plumes. Dans le Loiret, après la découverte d’une grue infectée à Gien, la préfecture a interdit tout mouvement et tout lâcher de gibier à plumes, et rappelé aux chasseurs de tenir leur chien à l’écart des volailles pendant deux jours après une sortie.
2026 : un retour sans signe de maladie
Cette année, la première grosse vague de grues s’est posée au lac du Der dans la nuit du 17 au 18 octobre. Le président de la LPO Champagne-Ardenne, Étienne Clément, n’y observe pour l’instant aucun signe de maladie, tout en rappelant que le virus continue de circuler « à bas bruit ».
Le niveau de risque a été abaissé à « modéré » le 27 avril 2026, puis qualifié de « négligeable » depuis le 3 juin. S’il repasse à « élevé », les conditions imposées aux appelants et aux mouvements de gibier à plumes reviendront avec lui, comme le 22 octobre 2025.
A voir en vidéo :










