Prairies : 2 600 hectares perdus chaque mois

Chasse Actu
date 27 octobre 2026
author Léa Massey

Entre 2020 et 2024, la France a perdu 124 144 hectares de prairies. Pour enrayer le recul, l’OFB et les conservatoires botaniques misent sur l’élevage herbager.

Entre 2020 et 2024, 124 144 hectares de prairies naturelles ou semées depuis plus de cinq ans ont disparu en France, selon l’Office français de la biodiversité. C’est près de douze fois la surface de Paris. L’OFB attribue ce recul à trois causes principales : la conversion des prairies vers d’autres productions, l’abandon de l’élevage suivi de l’enfrichement dans les zones difficiles, et l’artificialisation des sols.

Une prairie naturelle, au sens de l’OFB, n’a été ni labourée ni ensemencée depuis plusieurs décennies. Elle se maintient par la fauche et le pâturage. L’Office lui attribue un rôle dans la recharge des nappes, le stockage du carbone et l’accueil de la faune. Une estimation de 2009 qu’il cite chiffrait les services rendus par les prairies permanentes à 600 euros par hectare et par an. Le lièvre, la caille des blés et l’alouette des champs comptent parmi les espèces qui dépendent de ces milieux ouverts.

L’éleveur au centre du plan

Présentées au Sommet de l’élevage de Cournon-d’Auvergne, du 6 au 9 octobre, les 19 propositions coordonnées par l’OFB avec le réseau des Conservatoires botaniques nationaux s’organisent en six axes. Plusieurs visent directement les éleveurs : mobiliser les outils fonciers pour installer ou transmettre des exploitations fondées sur les prairies, faire évoluer la PAC, mieux valoriser auprès des consommateurs les produits de l’élevage herbager extensif, former exploitants et conseillers.

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Un plan sans portée contraignante

Les propositions ont été adressées aux cabinets des ministres de l’Agriculture et de l’Environnement. Elles n’ont pas de valeur réglementaire. Un séminaire national sur les prairies naturelles et l’élevage herbager doit réunir les acteurs à Paris les 11 et 12 mars 2027.

D’ici là, ces propositions ne protègent aucun hectare. Au rythme observé entre 2020 et 2024, cela représente 2 600 hectares perdus chaque mois.

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