COP17 : la LPO accuse la chasse

Chasse Actu
date 27 octobre 2026
author Léa Massey

Dans son communiqué pour la COP17, la LPO reproche à la France d’autoriser la chasse et la pêche d’espèces en déclin. Seul exemple : l’anguille. On y aurait pas pensé.

La 17e conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique se tient à Erevan, en Arménie, du 19 au 30 octobre. Elle dresse le premier bilan à mi-parcours du cadre mondial de Kunming-Montréal, adopté en décembre 2022, et de ses 23 cibles fixées pour 2030. Le 20 octobre, la LPO a publié son propre bilan, appuyé sur le rapport d’avancement de la Convention : les progrès sont jugés très insuffisants et la France accusée de reculs.

Trois cibles servent d’appui. La cible 7, sur les pesticides, vise les récentes lois agricoles. La cible 4 serait remise en cause par l’abaissement du statut de protection du loup et le renouvellement du régime des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, les ESOD. La cible 5, sur l’exploitation durable, par les prélèvements d’espèces en déclin.

Une anguille pour illustrer la chasse

Le passage consacré à la cible 5 affirme que la France « persiste à autoriser les prélèvements de chasse ou de pêche d’espèces en déclin, en dépit des avis scientifiques ». Un seul exemple suit : la pêche de l’anguille européenne, classée en danger critique d’extinction. Aucune espèce chassée n’est nommée.

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Sur le loup, la LPO range l’abaissement de sa protection parmi des reculs « en contradiction directe avec nos engagements internationaux ». Ce changement de statut découle pourtant du transfert de l’espèce à l’annexe III de la Convention de Berne, un traité international du Conseil de l’Europe, que la France a traduit dans son droit par l’arrêté du 23 février 2026. La cible 4 du cadre mondial demande, elle, de gérer les interactions entre l’homme et la faune sauvage pour réduire les conflits et permettre la coexistence. Elle ne prescrit aucun mode de gestion.

Le communiqué qualifie enfin la régulation du loup et des ESOD de « politiques de gestion par la destruction, jugées inefficaces par des études scientifiques ». Il renvoie par lien au rapport mondial, à un rapport sénatorial, au budget vert et à un rapport des inspections générales. Pour cette affirmation, il ne cite aucune étude.

La COP17 se clôt le 30 octobre. D’ici là, le grief de la LPO contre la chasse française reste illustré par une anguille.

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