Amendement 280 adopté : l’antispécisme pousse à Bruxelles

Antispécisme
date 19 juin 2025
author Richard sur Terre

L’amendement 280 du règlement sur les chiens et chats a été adopté ce 19 juin au Parlement européen. Derrière ce vote technique, un basculement idéologique : la légitimation d’une “liste positive” qui remet en cause notre rapport à l’animal. UNICAB alerte, Chasses Éternelles relaie.

📍 Le couperet est tombé : malgré une mobilisation intense, l’amendement 280 a été adopté par 383 voix contre 157, avec 34 abstentions. Il introduit dans le texte une reconnaissance implicite du principe de “liste positive” au niveau européen, ouvrant la voie à une restriction massive et anticipée du nombre d’espèces pouvant être détenues comme animaux de compagnie ou élevés dans un cadre conservatoire.

Que dit l’amendement 280 ?

Dans son libellé, ce texte considère que l’absence d’une harmonisation européenne sur les espèces autorisées « entraîne des conséquences pour le bien-être animal, la sécurité publique, la biodiversité et la santé humaine ». Il évoque positivement les listes déjà en vigueur dans certains États membres, préparant ainsi le terrain à leur généralisation. Ce n’est pas neutre : c’est une déclaration d’intention politique, habillée en précaution sanitaire.

Une victoire de l’idéologie, pas du bon sens

Pour UNICAB, c’est un vote perdu, mais certainement pas une bataille terminée. Malgré des efforts intenses jusqu’à la dernière minute — appels téléphoniques aux eurodéputés, relais d’arguments juridiques, mobilisation citoyenne —, la machine antispéciste a bénéficié de l’appui actif de plusieurs ONG lobbyistes. L’idéologie l’a emporté sur le pragmatisme, la méfiance sur la nuance.

A lire aussi : Europe : l’antispécisme avance masqué

À ce stade, aucune conséquence immédiate ne s’applique pour les éleveurs ou détenteurs d’animaux. Mais la brèche est ouverte. L’inscription de ce principe dans le texte pourrait peser lourd lors des futurs arbitrages réglementaires.

🛡 Que faire maintenant ? Résister. Et structurer

UNICAB appelle dès aujourd’hui à une reconnaissance officielle du statut d’élevage conservatoire, protégé contre les restrictions idéologiques à venir. Il faut que les passionnés, les éleveurs responsables, les gardiens de la biodiversité domestique puissent continuer à exercer leur activité sans craindre d’être criminalisés demain.

Transparence demandée

Enfin, l’organisation promet de publier les détails du vote, pour que chacun puisse connaître la position de ses élus. Le combat pour la vérité passe aussi par la transparence démocratique.

L’heure n’est pas à la résignation

Le vote du 19 juin est une alerte. C’est aussi un appel à la mobilisation. Ce n’est qu’un amendement, mais c’est un révélateur du rapport de force qui s’installe au sein des institutions européennes. Face à ceux qui rêvent d’un monde sans lien domestique avec les animaux, nous devons tenir bon, défendre nos pratiques et affirmer notre vision du vivant : respectueuse, enracinée, libre.

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11 Commentaires :
  1. Christophe Marie
    19/06/25

    Très sérieusement, quel intérêt « chasses éternelles » de servir la soupe au lobby des espèces exotiques vendues en animaleries et en ligne ? La « liste positive » attendue au niveau de l’UE a pour objectif de limiter le commerce aux seules espèces pouvant être raisonnablement acquises par des particuliers, détenues dans des conditions acceptables, dont le commerce ne nuit pas à la biodiversité du pays de provenance et d’accueil, afin de limiter les risques d’introduction d’espèces invasives. Je n’aime pas la chasse ce n’est pas un secret mais sur ce point nous devrions tout de même être d’accord… Franchement je ne comprends pas.

    1. Pich
      19/06/25

      Ce n’est qu’une couverture de l’antispecisme pour faire disparaître le principe d’animal de compagnie. Ils combattent tout ce qui peut avoir trait de près ou de loin a la captivité d’animaux en commençant par les moins nombreux pour remonter au fur et a mesure vue que ce sera devenue communément admis.

    2. Richard sur Terre
      20/06/25

      Bonjour Christophe,

      Votre remarque est posée, et elle mérite une réponse claire.

      D’abord, remettons les choses à leur place : défendre la biodiversité, empêcher les trafics et éviter les abandons, ce sont des objectifs que nous partageons pleinement. Aucun éleveur sérieux, aucun passionné responsable ne souhaite voir des espèces maltraitées, des animaux vendus sur un coup de tête ou des espèces invasives relâchées dans la nature. Mais ce n’est pas de cela qu’il est question ici.

      Ce que nous dénonçons, c’est le principe même de la “liste positive”, qui inverse la logique juridique en vigueur : demain, seules les espèces expressément autorisées seraient permises. Tout le reste serait, par défaut, interdit — qu’il s’agisse d’espèces parfaitement inoffensives, bien connues, patrimoniales ou élevées depuis des générations dans des contextes maîtrisés.

      Or ce glissement est majeur. C’est une restriction générale et abstraite, fondée non pas sur des faits, mais sur un soupçon de principe. Et ce soupçon, vous le savez bien, n’épargne pas les éleveurs, les passionnés, les centres pédagogiques, ni même les parcs animaliers. Il frappe en bloc, au nom d’une vision hygiéniste et déconnectée du terrain.

      Vous évoquez les animaleries et le commerce en ligne — nous les dénonçons régulièrement nous aussi, lorsqu’ils exploitent des espèces fragiles ou attirent des acheteurs mal informés. Mais nous refusons que cela serve de prétexte pour interdire à des éleveurs amoureux du vivant de continuer à préserver des espèces rares, de transmettre des savoir-faire, et de maintenir des souches génétiques précieuses.

      Enfin, un mot sur la chasse : oui, nous savons que vous n’en êtes pas partisan. Mais justement — nous pensions que sur ce point, la défense de la relation homme-animal, vous rejoindrait. Car ce qui est visé par cette logique de suspicion généralisée, ce n’est pas seulement le gecko ou le furet : c’est tout lien d’usage, de transmission, de soin et de familiarité avec l’animal.

      Et là-dessus, nous ne céderons pas.

      Richard sur Terre

      1. Christophe Marie
        20/06/25

        Une liste « négative » ne peut être exhaustive. Inscrire la tortue de Floride ouvre la porte aux tortues « alligator » non listées, ce n’est qu’un exemple mais cette inversion est importante pour lutter contre les trafics et se prémunir de prochaines menaces environnementales. Peu importe, chacun poursuit son action pour défendre sa vision.

        1. Richard sur Terre
          20/06/25

          vous avez raison de rappeler que la tortue de Floride pose problème, et que certains trafics exploitent les failles des listes négatives. Mais cela justifie-t-il pour autant d’interdire par défaut des centaines d’espèces parfaitement élevées, connues, stabilisées, parfois même patrimoniales ?

          Je pense qu’on ne résout pas un problème de régulation avec une politique de soupçon généralisé. Le commerce de masse, l’élevage conservatoire, la passion privée ou les projets pédagogiques n’ont rien à voir — et méritent d’être traités avec discernement.

          Le vrai danger, ce n’est pas la tortue alligator détenue par un particulier responsable. Le danger, c’est cette logique administrative qui décide, par principe, qu’un animal n’a pas sa place auprès de l’homme.

          Et sur ce point — même si nous ne partageons pas les mêmes combats — je continuerai à défendre une biodiversité vivante, transmise, enracinée… pas muséifiée.

  2. Christophe Marie
    19/06/25

    Ils ? Ça n’a rien à voir avec l’antispécisme. Lutter contre la capture d’espèces menacées, comme les « grenouilles de verre » ou autres espèces exotiques vendues comme « nouveaux animaux de compagnie », est une nécessité. Également pour ne pas revivre le fléau des tortues de Floride vendues en animaleries avant de se retrouver, en nombre, dans la nature et occuper la niche écologique de la Cistude d’Europe. Les chasseurs se prétendent les 1er écologistes de France, en relayant et en soutenant le lobby du commerce des espèces exotiques qui a pour seul objectif de poursuivre son business au détriment des espèces et des espaces naturels, vous montrez un peu plus l’absurdité de ce slogan autoproclamé.

    1. Richard
      20/06/25

      Christophe marie, apparemment vous ne savez pas lire,nous sommes parfaitement d accord sur l importation et la vente sans contrôle d espèces d espèces menacées ou d autres qui peuvent vite devenir invasives,et d ailleurs nous avons pas attendu l Europe pour en dénoncer certaines.et même critiqués par certaines ong qui prétendent que tout se régule et qu il ne faut toucher a rien.ce que dénonce richard ce sont les dérives qui peuvent suivre et priver des passionnés totalement en règle jusqu a aujourd’hui.

  3. Marc
    20/06/25

    Pour ma part , je suis contre toutes importations d’espèces animales ou végétales qui tournent très souvent en catastrophe .

    1. bruno
      20/06/25

      la pomme de terre ? la tomate ? le maïs ? le soja ? la pintade ? la dinde ?
      Une importation pensée, mesurée ET évaluée peut s’avérer bénéfique.

      1. Marc
        20/06/25

        bonjour , vous avez raison mais je pensais ratons laveurs , ragondins , vison d’Amérique , tortues de Floride , ambroisie , jussie , Ailante et tant d’autres choses . Il y a aussi ce « fameux » vers Australien qui se nourri de vers de terre et qui est toxique donc sans prédateurs , cette charmante bestiole est arrivée chez nous il y a 20 ans dans les mottes de terres entourant les plantes importées . Le géko envahi le sud de la France . La liste est sans fin

        1. bruno
          22/06/25

          Nous sommes d’accord !

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