Dans le marais de Grande Brière, le silence est assourdissant. Plus d’un millier d’oiseaux morts, des cadavres flottant entre les roseaux, et des chasseurs qui ramassent sans relâche. Le botulisme aviaire frappe, et une fois encore, ce sont les amoureux du marais qui sont en première ligne.
"Une agonie": des milliers d'oiseaux victimes du botulisme dans la Loire-Atlantiquehttps://t.co/8uXYnTtHtg pic.twitter.com/X5FINAUCVQ
— BFMTV (@BFMTV) July 27, 2025
« C’est un vrai cimetière. On n’entend plus rien. C’est mortifère. » La voix de Frédéric Richeux, président de l’Union des chasseurs de Loire-Atlantique, est lasse. Et pour cause : chaque jour depuis la mi-juillet, des dizaines de bénévoles, principalement chasseurs et pêcheurs, sillonnent en chaland les canaux de Brière pour retirer les oiseaux morts, victimes d’une épizootie de botulisme aviaire.
Le chiffre donne le vertige : plus de 3 000 cadavres recensés en quelques jours, rien que dans ce secteur. Et ce n’est sans doute qu’un début. Ce mardi, les équipes en ont ramassé 600 en une seule journée.
Une hécatombe silencieuse
Canards colverts, foulques, sarcelles : toutes les espèces d’oiseaux d’eau sont touchées. La chaleur, la baisse du niveau d’eau et la vase anoxique ont créé un terrain idéal pour le développement des bactéries responsables du botulisme de type C. Une fois ingéré, le poison provoque des paralysies rapides et souvent mortelles.
A lire aussi : Chasse au gabion : un pilier de la gestion des milieux humides
La scène est glaçante. Là où l’on n’entendait autrefois que bruissements d’ailes et cris d’échassiers, règne désormais un silence morbide. Un chasseur confie : « On ramasse des corps, pas des oiseaux. Ils sont déjà gonflés, parfois à peine reconnaissables. »
Les chasseurs au service du vivant
On les dit destructeurs, les voilà protecteurs. Pendant que certains s’indignent depuis leur canapé, les chasseurs enfilent gants et bottes pour nettoyer les zones contaminées. Leur objectif : retirer les carcasses au plus vite pour éviter de nouvelles contaminations.
Sans cette mobilisation, l’épidémie pourrait s’étendre davantage. Car les charognes laissées dans les marais sont autant de foyers de réinfection. Et les rapaces, les hérons, les renards même, risquent aussi l’intoxication.
Le Parc naturel régional de Brière et la préfecture coordonnent les efforts, mais sans la logistique et la connaissance du terrain des sociétés de chasse, rien ne serait possible à cette échelle.
Une alerte pour demain
Ce drame n’est pas sans causes. Derrière l’épisode aigu de botulisme, il y a des années de sécheresse, des canaux mal entretenus, des choix d’aménagement parfois absurdes. La baisse du niveau d’eau en plein été, combinée à la chaleur, transforme les zones humides en incubateurs à toxines.
Il est temps d’écouter ceux qui vivent la nature, pas ceux qui la fantasment. Les marais ne sont pas des décors de carte postale. Ce sont des milieux fragiles, complexes, vivants. Et ceux qui y chassent, y pêchent, y naviguent, en sont souvent les meilleurs gardiens.
Et maintenant ?
La crise est loin d’être terminée. La vigilance reste de mise jusqu’à l’automne. Il faudra ensuite tirer les leçons de ce drame écologique : gestion de l’eau, surveillance sanitaire, entretien des zones humides… et reconnaissance du rôle essentiel des acteurs de terrain.
Car en Brière, ce ne sont ni les drones, ni les slogans, ni les pétitions qui sauvent les oiseaux. Ce sont des hommes en barque, des gants sales, et une solidarité silencieuse. Les chasseurs.
A voir aussi en vidéo :











Bonjour, les causes, voir « la cause » est connue depuis longtemps ,la baisse volontaire du niveau de l’eau ,tout le monde en est informé, jusqu’au plus hautes instances!! Et ren n’est fait!!!!et dénoncé par L’ANCGE depuis longtemps !!
J’ai lu que depuis le début de cette catastrophe plus de 5000 oiseaux morts avaient étaient ramassés , cette épidémie va laisser des traces pendant de nombreuses années sur le marais et les populations d’oiseaux d’eau . Où sont les associations écolos et animalistes ?
Ce sont les utilisateurs qui connaissent le mieux les lieux, laissons les gérer et au diable les polémiques. Les défenseurs de la nature de canapé sont bien entendu absents, étrange c’est la même remarque au printemps pour nettoyer les chemins et les bois.