2 millions de cerfs au Royaume Uni

Chasse à l'étranger
date 05 janvier 2026
author Richard sur Terre

Face à l’explosion des populations de cerfs en Europe, le diagnostic est désormais partagé par tous. Mais quand vient le temps des solutions, une évidence continue d’être contournée : la chasse reste aujourd’hui le seul outil de régulation efficace.

Il y a trop de cerfs au Royaume-Uni. Le constat est désormais posé sans détour. Les populations explosent, les forêts ne se régénèrent plus, les dégâts agricoles s’accumulent et les collisions routières se multiplient. Ce diagnostic, longtemps nié ou minimisé, est aujourd’hui repris jusque dans la presse généraliste. Mais au moment d’en tirer les conséquences, un réflexe demeure : surtout, ne pas parler de chasse comme solution centrale.

L’article publié par Slate sur la prolifération des cerfs britanniques est, de ce point de vue, révélateur. Tout y est : l’ampleur du problème, les témoignages alarmants, l’urgence écologique. Et puis, presque mécaniquement, la mise à distance de la chasse, jugée trop brutale, trop symbolique, trop dérangeante. Comme si l’on pouvait accepter la réalité biologique sans jamais en assumer la traduction concrète.

Des chiffres têtus, une réalité que l’idéologie ne corrige pas

Les données disponibles au Royaume-Uni sont pourtant claires. La population de cerfs sauvages est aujourd’hui estimée à environ deux millions d’individus, un niveau inédit. En face, on compte près de cent mille chasseurs spécialisés, engagés dans des actions de prélèvement et de gestion. Chaque année, environ trois cent cinquante mille cerfs sont tués dans le cadre de la chasse et du culling.

A lire aussi : Meuse : trop de cerfs, les forestiers alertent 

Ce chiffre peut paraître élevé. Il ne l’est pas. Les propres estimations des autorités britanniques indiquent qu’il faudrait prélever entre cinq cent mille et sept cent cinquante mille animaux par an pour simplement stabiliser les effectifs. Autrement dit, la chasse existe déjà, elle agit déjà, mais elle n’est pas suffisante pour compenser des décennies de déséquilibres accumulés. Et pourtant, c’est elle que l’on continue de tenir à distance du débat public.

Le grand recours aux solutions alternatives

Face à cette réalité, certaines associations persistent à promouvoir des alternatives présentées comme plus éthiques, plus modernes, plus acceptables. Contraception à grande échelle, gestion non létale généralisée, réensauvagement théorique, coexistence idéalisée entre densités élevées et milieux fragiles. Ces solutions ont un point commun : elles rassurent moralement, mais n’ont jamais démontré leur efficacité opérationnelle à grande échelle sur des populations sauvages libres.

Elles ne répondent ni à l’urgence forestière, ni aux pertes agricoles immédiates, ni à la sécurité routière. Elles permettent surtout d’éviter d’assumer ce que toute gestion du vivant implique : tuer. Dans ce cadre, la chasse devient moins un problème écologique qu’un problème symbolique. Elle rappelle que la régulation n’est pas un concept abstrait, mais un acte concret, incarné, même si elle fait tousser les animalistes.

France, Royaume-Uni : même trajectoire, même impasse

Ce qui se joue aujourd’hui au Royaume-Uni n’a rien d’exceptionnel. La France a suivi exactement la même trajectoire, sur les mêmes périodes. À partir des années 1970 et 1980, les populations d’ongulés ont explosé : dégâts agricoles massifs, forêts en échec de régénération, chasseurs sommés d’assumer la régulation tout en étant constamment soupçonnés, contrôlés, disqualifiés. Même mécanique, même calendrier, mêmes discours, mêmes conséquences.

Le refus d’assumer la réalité

Le cœur du problème n’est pas scientifique. Il est idéologique. Les associations animalistes acceptent désormais le constat d’une surpopulation, mais refusent d’assumer les conséquences de leurs positions passées. Elles veulent une régulation sans régulateur humain.

Or, dans des écosystèmes profondément anthropisés, privés de grands prédateurs fonctionnels, la chasse n’est pas une option morale parmi d’autres. C’est un outil. Un outil perfectible, encadrable, discutable, mais réel. 

Ce que révèlent ces articles, année après année, pays après pays, ce n’est pas une crise imprévisible du vivant. C’est une incapacité persistante à regarder la réalité en face. Les ongulés, eux, continueront de proliférer. En France comme au Royaume-Uni. Tant qu’on écoutera les atermoiements d’une clique de zoolâtres hors-sol…en tout cas.

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4 Commentaires :
  1. Jean 2
    05/01/26

    Bonsoir, et le développement durable alors ?il est temps de l’appliquer !!

  2. gilbert
    06/01/26

    Stériliser les biches, ouais, comment, qui, qui paie,… même combat en France de plus en plus de cerfs pas de chasse ce n’est pas propre c’est dangereux (moins que les piscines ou le ski) et en plus pas le dimanche, c’est Marine Tonnelier qui le dit. Alors comment, pas question pour moi de faire un œil de biche pour attraper et stériliser les cervidés. Marine T a certainement de bonnes idées. En attendant un cerf n’est pas un gentil habitant des forêts si vous êtes face à face avec lui vous pouvez vous prendre un coup de corne, pardon, de bois. Ce ne serait pas une première et oui il faut ouvrir les yeux et si il y a trop de cervidés reste la chasse ou les voitures mais c’est plus aléatoire.

  3. Snjor
    06/01/26

    Culling ?

    1. Jean 2
      06/01/26

      Bonjour, non,chasse et consommation!

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