Chasse : connexion à la nature ou complexe de supériorité ?

Chasse Actu
date 10 juillet 2024
author Léa Massey

Depuis toujours, les humains chassent et pêchent, activités autrefois cruciales pour la survie. Cependant, dans les nations industrialisées, ces pratiques ont évolué pour devenir autre chose. Une récente étude explore les implications éthiques et pratiques de cette évolution, examinant ses bénéfices et impacts potentiels sur notre quotidien.

Un regard nouveau sur la chasse et la pêche

Dirigée par le professeur Robert Arlinghaus de l’IGB, une équipe composée de philosophes, de sociologues et d’écologistes analyse ce phénomène sous un angle inédit. Ils se penchent sur l’intensité émotionnelle que peuvent provoquer la chasse et la pêche en dehors d’un contexte de survie, et soulignent leur impact potentiel sur la gestion environnementale.

Gestion environnementale et responsabilité

L’étude, publiée le 3 Juillet dernier dans la prestigieuse revue Nature, expose le fait que la connexion émotionnelle profonde entre chasseurs, pêcheurs et la nature sauvage peut engendrer un fort sentiment de responsabilité. Selon les chercheurs, cette relation intense se traduit souvent par un engagement à vie envers la protection de l’environnement et des espèces.

Cependant, toutes les expériences de plein air ne favorisent pas ce genre de responsabilité. Les chercheurs distinguent clairement les interactions intenses avec la nature, qui encouragent la gestion environnementale, et les pratiques superficielles de chasse et de pêche, qui n’ont pas le même effet.

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Connexions profondes et engagement émotionnel

La chasse et la pêche nécessitent généralement un grand investissement personnel. Cette interaction profonde avec la nature encourage un sentiment de responsabilité envers la faune. En participant à des activités telles que la recherche, la capture, la mise à mort et la valorisation des animaux sauvages, les chasseurs et les pêcheurs s’intègrent à la chaîne alimentaire naturelle.

Défis et pratiques superficielles

Malheureusement, certaines expériences de chasse et de pêche sont motivées par la quête de récompenses rapides, plutôt que par le développement d’une connexion avec la nature. Ces pratiques, comme la pêche en étangs artificiellement empoissonnés ou la chasse en enclos, offrent des expériences superficielles et ne favorisent pas une profonde réflexion sur ses relations personnelles avec la nature.

Déclencheurs psycho-émotionnels et gestion durable

L’équipe de recherche explore également les compétences et les connaissances acquises à travers la chasse et la pêche, soulignant que l’élément crucial est les déclencheurs psycho-émotionnels que ces activités suscitent.

La gestion environnementale authentique émerge lorsque les individus prennent conscience des conséquences de leurs actions et prennent des décisions contraignantes pour la gestion durable des populations animales.

Vers une gestion responsable

L’étude menée par le professeur Arlinghaus souligne que l’engagement intense des chasseurs et des pêcheurs avec la nature est crucial pour promouvoir une gestion environnementale vertueuse. Cependant, toutes les expériences de chasse et de pêche ne favorisent pas cette connexion profonde.

Les chercheurs insistent sur l’importance de l’engagement psycho-émotionnel et suggèrent que la véritable gestion environnementale provient de la compréhension de l’impact de ses actions et de la prise de décisions durables.

Alors que la société continue de faire face aux enjeux de conservation et de protection de l’environnement, les conclusions de cette étude offrent une perspective unique. Elles nous invitent à explorer plus profondément notre relation avec la nature et à réfléchir à la manière dont nos activités peuvent contribuer à une gestion responsable de l’environnement.

Alors que les adversaires de la chasse souhaitent l’interdire en prenant en exemple ce qui la définit le moins, il est temps de prendre la mesure de ce que veut dire « chasser ».

A voir en vidéo :

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4 Commentaires :
  1. GUILLAUME MARKUS
    10/07/24

    Très intéressant cette étude publiée dans la revue NATURE !

    On devrait de temps en temps visionner à nouveau la très belle vidéo de Richard sur Terre intitulée « DÉCLARATION D’AMOUR À LA CHASSE ».

    C’est un très beau texte, une très belle déclaration qui explique comment, en conscience, Richard fait partie de la nature, du sauvage et se comporte dans notre monde.

    Cela rejoint tout à fait l’étude publiée récemment dans la revue NATURE et tout particulièrement la partie concernant déclencheurs psycho-émotionnels et gestion environnementale vertueuse des populations animales.

  2. Thierry
    10/07/24

    La chasse en enclos ou la pêche en bassine sont des ersatz qu’il faut bannir si on veut être crédible. Le vrai chasseur ou pêcheur accepte que la réussite ne l’attend pas à chaque sorties. En tout cas c’est une étude intéressante.

    1. kiki
      13/07/24

      dans ce cas ,fini la pêche en étang pour le commerce ,l’élevage de grands animaux pour la fin d’année et tout le reste, et puis un petit étang pour faire découvrir la pêche a mon petit garçon , oui la console de jeux ok.

  3. Françoise
    10/07/24

    Malheureusement, de nombreux chasseurs ou pêcheurs ne sont là que pour consommer de la nature.

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