Une tribune du Monde réclame la fermeture rapide des élevages intensifs. Sans baisse de consommation ni contrôle des importations, la production ne disparaît pas : elle se déplace.
Planifier la disparition programmée d'une profession ? Ce terme appliqué à nos élevages relève d'une forme d'épuration professionnelle intolérable. On vise sciemment la fin des agriculteurs et du corps social rural. Inacceptable. #SoutienNosAgriculteurs pic.twitter.com/j35FAb4u6f
— Pascal Lavergne (@pasclavergne) August 11, 2026
La tribune s’appuie sur une étude publiée en 2022 dans PLOS Climate pour annoncer qu’une sortie de l’élevage compenserait 68 % des émissions du siècle. Le chiffre existe bien dans l’article de Michael Eisen et Patrick Brown. Il désigne l’effet cumulé, jusqu’en 2100, d’une disparition mondiale de la production animale, remplacée progressivement sur quinze ans par une alimentation végétale, avec récupération de biomasse sur les terres agricoles libérées pendant trente ans. Rien de commun avec une France qui fermerait ses élevages intensifs en continuant d’acheter la même quantité de viande ailleurs. Les deux auteurs, précise l’article, étaient au moment de la publication respectivement fondateur et conseiller de la société Impossible Foods, productrice de substituts végétaux à la viande, et actionnaires de l’entreprise. Un détail sans doute.
Bon.La France ne part pas d’une production autosuffisante qu’il suffirait de réduire. FranceAgriMer chiffre à 35 % la part des importations dans la consommation française de viande en 2025. Pour la volaille, ce taux grimpe à près de 45 %, et l’autosuffisance de la filière est tombée à 80 %. Les fournisseurs sont déjà identifiés : Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Pologne pour le poulet, cette dernière représentant à elle seule plus d’un cinquième de la production avicole européenne. Un élevage de poulets fermé en Bretagne ne laisse pas un vide dans les rayons : un camion frigorifique venu de Poznan comble l’écart en quelques semaines, par des circuits d’approvisionnement qui fonctionnent déjà à plein régime. Le porc suit une logique comparable, avec l’Espagne comme premier réservoir européen. Le bœuf est plus difficile à remplacer : la France pèse un cinquième de la production bovine du continent, et une baisse massive de son cheptel ne trouverait pas d’équivalent aussi simplement chez ses voisins.
Une fermeture d’élevages fait mécaniquement baisser l’inventaire national des émissions. Ok. En revanche, elle ne fait pas baisser les émissions mondiales dans la même proportion. Le Centre commun de recherche de la Commission européenne a modélisé les effets d’une application unilatérale de la stratégie Farm to Fork : dans le scénario central, une baisse de 14,8 % des émissions agricoles européennes s’accompagne d’une fuite de 66 % vers le reste du monde, la production se reconstituant hors d’Europe. Une revue de l’OCDE recense des taux comparables, entre un tiers et deux tiers selon les modèles et les politiques testées. Pas très compliqué à comprendre : ce qui n’est plus produit ici est produit ailleurs, avec une empreinte carbone qui dépend du pays et du système qui prennent le relais.
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Le même déplacement s’applique au bien-être animal. Une part significative de la viande de substitution proviendrait de pays européens soumis au socle réglementaire commun de l’Union, ce qui limite l’écart avec la France sur certains points. Mais la Commission européenne elle-même constate que les méthodes de production imposées aux éleveurs européens ne sont, à de rares exceptions près, pas répercutées sur les produits importés de pays tiers. Fermer un élevage en France peut donc améliorer le sort des animaux qui y étaient élevés, sans garantir grand-chose pour ceux qui, ailleurs, produiront la viande qui continuera de remplir les assiettes françaises.
Le solde commercial français des viandes et produits carnés était déjà déficitaire de 4,3 milliards d’euros en 2025, en dégradation de 900 millions sur un an. Une production nationale en recul et une consommation stable ne peuvent qu’accentuer ce déficit. La filière transformation et conservation de la viande employait, en 2023, 116 571 salariés en équivalent temps plein selon l’Insee, répartis dans plus de cinq mille entreprises. Ce sont les abattoirs et la première découpe, adossés à des animaux produits à proximité, qui encaisseraient le choc en premier : une usine de plats préparés peut changer de fournisseur en changeant simplement de facture, un abattoir local ferme quand les bêtes ne passent plus devant son quai. Ca aussi, je suppose que c’est un détail.
La France est devenue championne du monde pour interdire chez elle sans se soucier des conséquences à grand échelle. Elle l’a fait avec l’importation des trophées de chasse, votée sans étude d’impact sérieuse sur ce que cette interdiction changerait réellement à l’échelle de la conservation mondiale. J’appelle ça la vertueuse cécité.
Et la France s’apprêterait à refaire l’exercice avec l’élevage ? fermer les fermes sur son sol, applaudir la baisse de son propre inventaire d’émissions et de ses propres statistiques de bien-être animal, et laisser à d’autres pays le soin de produire (selon des méthodes qui nous échapperaient complètement) ce qu’elle continuera d’acheter et de manger. Cette vertu-là, elle ne change rien pour les animaux. Elle ne change rien non plus pour le climat : elle déplace juste le problème loin de nos petits cœurs tout mous.
Fermer une ferme française ne suffit pas à rendre une viande vertueuse si elle est simplement remplacée par une autre, produite plus loin, dans des conditions qu’on n’a jamais vérifiées et qu’on ne verra jamais.
Et non, la France ne peut pas boucler la boucle en interdisant aussi les importations qui ne respectent pas ses propres normes. Ça ne marche pas comme ça : le droit de l’Organisation mondiale du commerce et les accords commerciaux en vigueur ne permettent pas d’imposer aux produits étrangers les mêmes contraintes qu’aux producteurs nationaux. Donc interdire chez soi sans pouvoir interdire à la frontière, ce n’est pas une politique : c’est une importation organisée du problème qu’on prétend résoudre.
A voir en vidéo :











Et si l’on fait disparaître l’élevage industriel hors sol où l’agriculture bio trouvera-t-elle les engrais naturels que sont les déjections de ces animaux ?
Supprimer l’élevage industriel ne supprime pas l’élevage paysan et les déjections des animaux.
L’hypocrisie devient la norme. On se donne bonne conscience sans s’occuper des conséquences et de la délocalisation de la pollution.
La tribune demande, bien évidemment, une forte réduction de la consommation de viande en même temps que la réduction du cheptel.
Troisième paragraphe:
« Il est en tout cas à regretter que la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), publiée en début d’année, ait échoué à fixer des objectifs clairs de réduction des productions et des consommations animales. Depuis au moins quinze ans, les scénarios de transition agro-écologiques préconisent en effet une réduction d’au moins 50 % du cheptel bovin et de 30 à 70 % de la consommation de viande selon les études, pour respecter les engagements climatiques. «
Ce sont les Français qui décident, avec leur porte-monnaie, de ce qu’ils consomment.
Ça doit échapper aux ayatollahs !
Les ayatollahs écolos veulent imposer ce que les gens doivent faire, consommer, avoir dans leur assiette.
Les députés ont récemment rejeté un amendement (n°1748) qui visait simplement à garantir une OPTION végétarienne à chaque repas en restauration collective. Je répète: une OPTION.
S’il existe aujourd’hui une forme de dogmatisme, n’est-ce pas plutôt dans le refus persistant de prendre en compte les consensus scientifiques, les attentes des citoyens et la nécessité de proposer des alternatives ?
« Pour respecter les engagements climatiques », ELEONORE nous assomme avec les histoires de diminution de consommation de viande et du cheptel bovin, mais rien du tout sur les avions (au moins 100.000 en vol par jour) ou les voitures, parce que certains pourraient s’en passer, avoir des voitures plus petites, utiliser des vélos électriques ou non.
Il me semble que l’un n’empêche pas l’autre et que des efforts doivent être déployés dans TOUS les domaines simultanément (agriculture, transports, bâtiment, chauffage, industrie, consommation…) pour réussir à freiner le dérèglement climatique.
On ne les entend pas les Écolos sur les avions.
Je rappelle que les avions c’est au moins 100.000 qui sont en vol chaque jour.
C’est sans doute préférable pour vous, car vous tomberiez en syncope en entendant leurs propositions en matière d’aviation.
On ne les entend pas les Écolos sur la diminution souhaitable des avions pour protéger la Planète en CO2.
Ça n’existe pas. Silence, alors qu’ils ne cessent à la télé ou à la radio de nous bassiner avec la viande.
C’est très juste, je n’ai pas entendu les premiers écologistes de France (copyright FNC) s’exprimer sur le sujet de la réduction de l’aviation. Qu’en pensent leurs représentants et notamment leur président M. Schraen? Ont-ils des propositions à faire? Lesquelles? Je n’ai rien trouvé à ce sujet sur le web.
Willy SCHRAEN, en tant que Président de la FNC, s’implique dans le domaine pour lequel il a été élu.
S’occuper des avions, de leur pollution, ce n’est pas dans l’objet social de la FNC.
Il ne prétend pas régenter le monde et donner des directives tous azimuts, comme les Écolos qui ne sont même pas fichus d’être cohérents et à l’écoute.
Ne pas oublier que l’élevage c’est aussi des paysans des paysages. Que les écolos méprisent les premiers ça on le sait mais quand la friche aura gagné partout es ce qu’ils viendront aider à éteindre les incendies. Par ce qu’un près ça coûte moins cher qu’un Canadair et c’est un pare pare-feu tout fait au même titre qu’une vigne .
Cachez cet élevage que je ne saurais voir. Déplacer la pollution vers les pays de l’est (contre qui je n’ai absolument rien), ruiner des filières paysannes, continuer de casser l’autosuffisance alimentaire, envoyer très loin veaux vaches cochons et pourquoi pas RURALITE, manger moins de viande etc… ce programme je n’en veux pas. Apporter des améliorations pour nos élevages, animaux et producteurs oui en qualité oui en démagogie non. Mai 2027 est déjà là.
La consommation de viande par habitant a doublé depuis les années 1950 et dans le même temps, la population agricole est passée de 6 millions à 500 000: cherchez l’erreur.
Diviser par deux notre consommation, ce n’est pas la fin du monde, c’est mettre un terme à l’excès et revenir à un niveau raisonnable.
Sortir de l’élevage intensif, ce n’est pas ruiner l’élevage, c’est au contraire soutenir et développer les filières paysannes, c’est améliorer l’autonomie alimentaire (en stoppant des importations massives de soja américain) et c’est réduire fortement les pollutions.
Vous en avez pas marre de cette propagande,x fois répétée,mangez ce que vous vous voulez et laissez les autres choisir.perdo j achète local,il m’arrive même de prendre des commandes pour des voisins,mais refuser ces élevages conduit à importer de plus en plus et ces animaux sont élevés dans des conditions pires que chez nous.voila la réalité.pour la restauration collective,il faut pouvoir donner le choix mais rien imposer comme ce fut le cas dans certaines villes pris par les écolos mais apparemment sans grand succès auprès des enfants .
Je parle de menu équilibré,des légumes, de la viande,des fruits par rapport a des menus végétariens voir vegan
Bonjour Jean1 , ne pas lui répondre c est le mieux, les consommateurs n attendent pas ses conseils , comme l a dit GUILLAUME que je salue au passage , ils font avec leur portefeuille.
Nous produisons ce qui ce vend , donc ce qui ce consomme .
Il y a de la demande sur du tout prêt ,’du pas cher , du vite cuit .
Se vend , Se consomme.
Bonjour drago, exactement les centrales d achat s approvisionnent en fonction du marché,de la demande,et il est ridicule de vouloir tout interdire chez nous.
Dans les années 1950, il aurait mieux fallu que vos grands-parents ou arrière-grands-parents restent dans leur ferme au lieu de devenir fonctionnaires.
C’est pour ELEONORE.
mange ce que tu veux et fais pas chier les autres
moi je mange de la viande que je produit je roule en Dodge ram et j’ai bonne conscience