Loup : entre promesse politique et détresse d’éleveur

Chasse Actu
date 25 février 2026
author Richard sur Terre

En Haute-Marne, un éleveur abandonne après 24 attaques et 149 bêtes tuées. Au même moment, Annie Genevard annonce un durcissement des règles de tir. Deux réalités qui se percutent.

Dans le reportage de France 3 Grand Est, un éleveur de Haute-Marne raconte une année de prédation continue : vingt-quatre attaques, cent quarante-neuf bêtes tuées. Des brebis égorgées, d’autres retrouvées agonisantes au petit matin, certaines disparues dans les bois voisins. À la fin, il jette l’éponge. « Je ne vois pas l’intérêt de s’investir autant », dit-il.

Derrière les chiffres, il y a des nuits sans sommeil, des clôtures à réparer, des appels à l’administration, des constats, des dossiers d’indemnisation. Il y a aussi le regard d’un éleveur sur un troupeau qui se fait décimer. La décision d’arrêter s’installe, attaque après attaque.

Ce cas n’est pas isolé. Il incarne une tension devenue structurelle dans plusieurs territoires d’élevage extensif.

Annie Genevard : « chose promise, chose due »

Le même jour, Annie Genevard publie un message sans ambiguïté. Les règles contre la prédation sont renforcées. Les attaques auraient bondi jusqu’à 40 % dans certains territoires. Le nombre de loups pouvant être prélevés augmente. Les règles de tir sont simplifiées. En parallèle, les éleveurs sont incités à se doter d’équipements de protection.

Le ton est ferme. La formule politique aussi. « Le Gouvernement sera toujours aux côtés de ceux qui nourrissent les Français. »

Ce discours marque une inflexion claire : reconnaître que la pression du loup n’est plus marginale dans certains secteurs, et que la réponse doit inclure davantage de régulation.

Entre théorie administrative et réalité de terrain

Sur le papier, la logique est équilibrée : protection des troupeaux d’un côté, maintien d’une espèce protégée de l’autre. Dans les prés, l’équilibre est moins théorique.

A lire aussi : Loup : la dramatisation animaliste

Les équipements de protection existent : chiens de protection, parcs électrifiés, gardiennage renforcé. Mais ils ont un coût financier, un coût humain, et parfois des limites opérationnelles selon le relief, la taille des exploitations ou la configuration des parcelles. 

L’augmentation des tirs autorisés répond à une réalité statistique : la population lupine a progressé ces dernières années et son aire de répartition s’est élargie. La question n’est plus celle d’un retour symbolique, mais celle d’une cohabitation concrète.

Le point de rupture

L’article de France 3 montre le moment où un éleveur considère que le rapport entre travail, risque et reconnaissance ne tient plus.

Arrêter un élevage, c’est abandonner un savoir-faire, une présence sur un territoire, une gestion des prairies et des haies qui structurent les paysages. C’est un maillon qui saute.

La sortie d’Annie Genevard vise précisément à éviter ces ruptures. Reste à savoir si l’ajustement réglementaire sera suffisamment rapide et suffisamment opérationnel pour empêcher d’autres abandons. Le débat sur le loup est souvent saturé d’idéologie. Ici, il s’agit d’une exploitation qui ferme après que 149 bêtes ont été dévorées vivantes. Le réel.

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15 Commentaires :
  1. Eléonore
    25/02/26

    Un troupeau qui n’est pas protégé sera toujours attaqué, c’est inévitable. Multiplier les tirs n’y changera rien, les prédateurs iront toujours au plus facile. La cohabitation passera nécessairement par les mesures de protection.

    1. billabong
      25/02/26

      … qui à terme ne servent à rien car les loups s’y adaptent suffit de demander aux premiers concernés !

    2. Jean1
      25/02/26

      Eléonore, effectivement le loup va préférer s attaquer a des ovins que de courrir derrière un cervidé mais les mesures de protection sont systématiquement déjoués par le loup et coûtent beaucoup d argent aux contribuables.vous préférez l animal aux éleveurs,dont certains ont déjà jeté l éponge,les prairies seront remplacées par les ronces.madame bon der leyen a changé d avis depuis que son poney s est fait dévorer.le tir des loups les plus téméraires permet de maintenir les autres a distance au contraire de la protection.

  2. Eléonore
    26/02/26

    Cet éleveur n’avait mis en place aucune mesure de protection. Dans ces conditions, il est évident qu’il y aura des attaques. C’est comme si on déposait des billets de banque sur le trottoir en espérant que personne ne les ramasse.

  3. Jean1
    26/02/26

    Eléonore,d accord mais cela suppose des moyens (60 000 euros par loup) et une présence quasi permanente.tous les pays, même la Suisse,qui sont confrontés au problème les chassent et dans certains on trouve ça normal.elles sont rares mais il y a eu plusieurs attaques sur des humains,il ne faut pas que le loup s,habitué a leur présence.

  4. Eléonore
    26/02/26

    Les moyens de protection sont financés par le ministère de l’agriculture, le FEADER et le ministère de l’écologie. C’est à l’avantage des éleveurs, d’ailleurs, car cela les protège aussi des attaques de chiens errants qui sont nombreuses et dont les médias parlent beaucoup moins!
    D’autre part, le loup n’est pas chassable en Suisse, ils ont le même système que nous avec des dérogations pour des tirs.
    Enfin, il n’y a pas d’attaques sur les humains, ce sont des rumeurs infondées. Les seules attaques confirmées concernent des cas particuliers, des animaux ayant contracté la rage ou bien qui avaient été élevés en captivité. Le loup sauvage a peur de l’homme, il le fuit car pour lui ce n’est pas une proie mais une menace.

  5. Jean1
    26/02/26

    Eléonore, pour la Suisse,on joue sur les mots car ils sont abattus par tir.pour le financement,(évalué 60000 euros par loup),abris en dur, patous, clôtures payes ministère,état ,donc contribuable,peut être que cet argent serait mieux a l hôpital.pour les attaques,il me semble avoir lu récemment qu un enfant a été traîné et doit sa survie a l arrivée d un adulte,rumeur infondée, quand ça vous arrange, heureusement rares. quant aux chiens errants, ça arrive,on retrouve le propriétaire et il paie les dégâts.perso je suis du côté des éleveurs car je n’ ai pas envie de voir les alpages envahis par les ronces et manger de vrais fromages.

  6. Eléonore
    27/02/26

    Très bien, alors puisque vous êtes du côté des éleveurs, vous êtes certainement favorable à ce qu’on les aide à se protéger des attaques en finançant les moyens de protection nécessaires.
    Par ailleurs, il n’y a eu aucun cas d’attaque en France, alors que le loup est présent depuis 1992 et que sa population compte aujourd’hui plus d’un millier d’individus, répartis sur tout le territoire. Si réellement le loup s’en prenait à l’homme, on aurait déjà constaté de nombreuses attaques, vous ne croyez pas?
    Hélas, les attaques de chiens errants sont très fréquentes sur les troupeaux mais on retrouve pas les chiens (qui se sauvent) et donc on n’identifie pas le propriétaire, à supposer qu’il existe. C’est une perte nette pour l’éleveur, qui n’est pas remboursé. Les mesures de protection du troupeau protègent aussi l’éleveur contre ces pertes économiques.

    1. Jean1
      27/02/26

      Il est vrais qu avec plus de 3000 milliards de dette il est normal d indemniser tout un tas de choses dont certaines pourraient être éviter ,c est dans l air du temps.

  7. Jean1
    27/02/26

    Eléonore,pour les chiens,c est arrivé arrivé a côté de chez moi,j’ai retrouvé le propriétaire,il suffit de le vouloir.vous préférez le loup aux éleveurs,il suffit de leur donner le droit d éliminer les plus téméraires et le problème sera réglé et gratuit.c est d’ailleurs ce qu ils demandent.il y a des essais de collier pour les dissuader,mais pour l instant rien d efficace et très HONEREUX pour tout le monde,ce sont les gens comme vous qui devraient payer.en plus vu,11 brebis mortes pour une trois quarts dévorée ,assistez a ce spectacle vous fera peut-être réfléchir.

  8. Eléonore
    27/02/26

    Ce que vous décrivez existe déjà, puisque les préfets délivrent des autorisations de tir quand il y a des attaques répétées. Mais cela ne résout rien, car le loup tué est remplacé par un autre et les attaques continuent tant que le troupeau n’est pas protégé. C’est pour cela qu’il faut généraliser les méthodes de protection: ce sont les seules qui permettent de faire baisser durablement les attaques. Tuer des loups ne sert à rien, cela donne seulement la fausse impression d’être débarrassé du problème… jusqu’à la fois suivante où il faudra recommencer. Et les destructions finissent par coûter très cher à la longue, en personnel, en déplacement, en munitions. L’argent est beaucoup mieux utilisé en moyens de prévention.

  9. Jean 1
    27/02/26

    Eléonore,ce sont des arguments d écolos qui ne vont pas sur le terrain,donnez le droit aux éleveurs de se défendre et vous verrez que le problème sera résolu.j ai fait de la protection de culture, tiré en l air âpres que l agriculteur ait installé des canons, pratiquement aucun effet puis j ai tué,les pigeons ont vite compris et ça ne coûte rien car les lieutenants de louveterie le font gratuitement..d après votre raisonnement laissons les se multiplier ,je recommence,coût évalué dUN loup 60000 euros.tant que c est la collectivité qui paie tout va bien et on importera un peu plus d ovins de Nouvelle-Zélande et on mangera des fromages industriels.car pour l instant il n’existe pas de protection efficace a cent pour cent.

  10. Eléonore
    28/02/26

    Les choses non sont pas aussi simples que vous le pensez, mon cher Jean, car le loup n’est pas un pigeon. Il ne se comporte pas comme un pigeon. Tuer un loup n’empêche pas un autre loup de commettre une attaque quelques jours plus tard. L’OFB a montré qu’il n’y a pas de lien entre un tir de destruction et le nombre d’attaques après le tir. Autrement dit, les tirs de destruction ne font pas baisser les attaques. Seules les mesures de protection le font.
    Vous voulez supprimer les subventions à l’élevage, mais si vous faites cela, les éleveurs vont vite se retrouver au chômage et nous serons obligés d’importer. On ne trouvera plus que des produits étrangers dans les rayons. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

    1. Jean 1
      28/02/26

      Eléonore,discutez avec des éleveurs au lieu de rêver,aller salut.

  11. trap
    01/03/26

    Eléonore, En 1934 est abattu officiellement le dernier loup de France. Depuis 1883, l’Etat octroie une prime à tout chasseur qui apporte la preuve de l’élimination de l’animal. Cette loi de 1883 a sonné le glas de l’espèce en France,voici la solution gratuite ou faire payé les associations qui ont relaché le loup

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