Loup : la fin du conte suisse

Chasse Actu
date 06 octobre 2025
author Richard sur Terre

Dans le Jura vaudois, les éleveurs ne croient plus au conte écologique du “retour du loup”. Leur flyer polémique déchire la belle histoire.

Une guerre de récits

Il y a quelques années, le retour du loup en Suisse était présenté comme une promesse : celle d’une nature retrouvée, d’un équilibre rétabli, d’un pays enfin réconcilié avec son “sauvage originel”. Mais dans le Jura vaudois, ce récit s’effondre. Les éleveurs n’y voient pas un miracle écologique, mais une désorganisation du monde rural. Et face à une administration qui minore les chiffres, ils ont choisi la voie la plus directe : imprimer leur vérité.

Leur tract, distribué sur les marchés et les fêtes paysannes, montre un loup baptisé “cauchemar des pâturages”. Sur le verso, des chiffres : six meutes selon eux, trois selon le canton. La RTS a voulu “vérifier”. Elle donne raison méthodologiquement au canton, mais confirme implicitement que la perception paysanne n’est pas infondée. Dans tous les cas l’essentiel n’est pas là : le flyer n’est pas un mensonge, c’est un cri.

Quand la meute devient “demi”

Pour calmer les esprits, la Direction générale de l’environnement a trouvé la formule magique : certaines meutes ne compteraient que pour “0,5”. Demi-meutes, demi-problèmes.
Ce tour de passe-passe administratif permet d’afficher des effectifs en baisse et de maintenir le récit officiel : celui d’un prédateur rare, fragile, presque en danger.
Pendant ce temps, les éleveurs, eux, comptent les carcasses.

Une cohabitation de papier

La Suisse raisonne désormais en nombre de meutes par portion de territoire. En clair : tant que la carte semble équilibrée, les dégâts sur le terrain ne comptent pas. À force de raisonner en “seuils” et “unités territoriales”, l’État s’est construit une fiction statistique où le loup est un concept plus qu’un animal.

A lire aussi : Loup : non, protéger les troupeaux n’est pas chasser

Le discours écologique n’est plus une science, c’est une liturgie : le loup y joue le rôle du totem, de la preuve visible du “retour du vivant”. Sauf que le vivant, pour un berger, ce sont d’abord les bêtes qu’il nourrit, pas celles qui les dévorent.

 “On n’est pas au Yellowstone”

« Le loup n’a pas sa place dans notre pied du Jura », martèle Guy Berseth, éleveur et président d’une association pour la protection des animaux domestiques. « Ici, on n’a pas des milliers d’hectares comme au Yellowstone. On travaille, on vit, et nos bêtes sont dehors. » Cette phrase résume tout : le monde paysan n’a pas besoin de sanctuaire, il a besoin de respect.

L’écologie contre la mémoire du pays

Derrière la polémique du flyer, c’est un affrontement culturel qui se joue.
Les défenseurs du loup brandissent des images de liberté et de retour à la nature. Les éleveurs parlent de travail, de responsabilité, de continuité. Entre les deux, il n’y a pas seulement un débat biologique : il y a deux visions du monde.
L’une est romantique, l’autre enracinée et pragmatique. Et c’est parce que la première s’impose à la seconde que le Jura s’agace.

Le “retour du loup” n’est pas un événement naturel : c’est un projet politique. Un symbole recyclé à des fins idéologiques, devenu étendard d’une écologie d’image, déconnectée du réel, où le pastoralisme est réduit à une gêne et le prédateur à une icône.

Le flyer des éleveurs vaudois n’est pas un pamphlet anti-nature : c’est un acte de contre-communication. Dans un pays où le loup est devenu sujet d’État, les paysans rappellent que la vérité ne se compte pas en “demi-meutes” mais en bêtes massacrées.

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9 Commentaires :
  1. Denis
    06/10/25

    Maintenant que le loup est revenu ça va être dur de le faire partir : plus de proies à chasser, de plus en plus de friches agricoles et des troupeaux un peu partout…
    Quoi que l’on fasse maintenant il est bien trop tard pour empêcher le retour du loup dans les campagnes…
    De toute façon ceux qui décident n’y vivent pas et n’en vivent pas.

    1. Juju.
      07/10/25

      Les anciens l avaient bien compris il l avaient éliminer et ils étaient aussi intelligent que nous.

      1. Hugonnet
        07/10/25

        Oui en plus les friches sont de plus en plus nombreuses le ecolos des villes qui ne connaissent rien à la nature ont voulu cettte ignominie et maintenant il va falloir payer les chasseurs pour détruire cette gentille bête !!!!!!!!

        1. Massabo
          13/10/25

          Je suis pour la cohabitation avec le loup, les éleveurs ainsi que les chasseurs se plaignent toujours, trop de cervidés trop de sangliers alors pourquoi vouloir exterminer le seul prédateur qui peut régler ce problème..
          Vive le loup, j’habite dans le mercantour donc je connais le problème.

          1. Lulu
            13/10/25

            Bonjour ! Le problème est que le loup est un animal intelligent qui cherchera en priorité les proies les plus faciles. L’idéologue dira les bêtes malades, mais dans la vraie »vraie vie » il aura toujours plus facile de tuer 10 brebis, que de se battre contre une laie de 70-80 kg qui défendra coûte que coûte ses marcassins. Quand le loup aura un impact visible sur le gibier ( en particulier le sanglier) c’est que les troupeaux auront disparu

  2. Nenya
    07/10/25

    J’aime les loups. Ce sont de magnifiques animaux. Cependant, je suis d’accord que dans nos campagnes minuscules, autant de meutes est inconcevable. Les français, les italiens avec leurs immenses territoires peuvent bien accueillir les loups. Chez nous, c’est trop petit. On met des chiens de protection. Félicitation, mais si ces chiens ne font pas la différence entre un loup et un humain..il y a de quoi en avoir ras .comment faire alors pour protéger les troupeaux ? On paie des gens assis sur des chaises à discuter, mais c’est tout. Ca ne va pas plus loin. Il nous faut des spécialistes sur le terrain et pas seulement un bonhomme qui se balade ici ou là. Ces loups, ils faut à tous leur mettre une puce gps, nom d’une pipe. Les compter, les surveiller. N’accepter qu’une ou deux meutes par région. Éliminer quelques jeunes, en laisser juste assez pour remplacer les vieux qui meurent. Au lieu de payer des 1000 et des 100 a des gratte papier, payez donc des 1000 et des 100 à ceux qui savent comment s’y prendre pour rétablir une juste mesure.
    J’aime les loups, cest d’ailleurs l’animal sauvage que je préfère, mais j’aime aussi les moutons, le bétail. Abattre un animal pour le manger ou le laisser agoniser des jours dans la nature à moitié égorgé, faut pas être à un niveau universitaire pour comprendre la différence. Pas croyable que depuis le temps que le loup fait parler de lui. Il n’y ait aucun progrès pour le gérer de manière intelligente.
    J’ai mal au cœur pour les éleveurs et leurs animaux touchés, mais j’ai mal au cœur pour ce magnifique animal qu’est le loup. Et c’est pas du romantisme.

  3. Chtivarois
    08/10/25

    Tout à fait, que ce soit la Suisse ou la France, nous ne sommes pas le Yellowstone. Ce parc fait il me semble 900000 hectares. Dans cette zone, n’est admise que la vie sauvage, aucune activité humaine. Concernant la vision et le bivouac, il convient d’avoir une autorisation de l’administration qui est limitée en délai. A l’extérieur, il y a de l’activité humaine et d’élevage en plusieurs zones. En fonction de la zone, le loup a un statut spécifique (en fonction les règles ont peut-être changées). Si un loup commet de la prédation, il est abattu sans autre forme de procès en fonction de la zone. Nous sommes loin du Parc Yellowstone, nous ne pourrons jamais appliquer ces principes. Il convient d’être réaliste et d’arrêter la comparaison, sauf d’être complètement obtus, mais on le sait c’est la gymnastique de nos enverdeurs de semer le trouble pour faire admettre son idéologie et qu’importe l’impact sur les éleveurs. Et comme je le dis souvent, à un moment, on voudra nous muter en gestionnaire et nous faire perdre notre profil de chasseurs, cueilleur, humain, ruraux, jouisseur de la fraternité de la vrai vie. Vous irez abattre vous même les loups que vous avez relâchés.

  4. David
    08/10/25

    Je cite l’article : « cauchemar », « perception n’est pas infondée », « cri », « besoin de respect ». C’est pragmatique tout ça ? Certains discours pro-loups sont tout autant dans l’émotion, néanmoins les discours scientifiques s’attachent aux chiffres et aux dynamiques observées dans la réalité, dans les écosystèmes.
    Donc oui, il y a des pro-loup tout autant dans l’émotion que des anti-loups, mais les scientifiques, eux, ne le sont pas. Et loin de dire qu’il faut laisser les loups faire ce qu’ils veulent, ils disent que dans de nombreux cas on peut largement faire mieux pour s’adapter et faire cohabiter nos activités et leur présence.

    Quant à dire que tous les éleveurs sont d’accords sur le sujet, c’est simplement faux, bien qu’aucun ne souhaite voir ses animaux se faire attaquer.

  5. Alat
    08/10/25

    Bonjour les feneants qui regarde de leurs balcons qui sortent que pour nous faire croire que loup c’est bien ne sont bons à rien ils profitent du système jette l’argent des contribuables pour payer les dégâts causé par leurs idéologie absurdes
    Qui peut croire que lon peut
    Mettre des loups dans
    LES BERGERIES DES RENARDS DANS LES POULAILLER
    des sangliers dans les jardins ds marthes dans les les pigeonniers sans conséquences pendant que d’autres se battent au travail eux ils profitent c’est la france perdue si nos anciens revenait ils rentreraient dans la résistance en commençant par les écologistes bon courage aux éleveurs de brebis de vaches de chevaux et tout le reste c’est une catastrophe voilà la france perdue alat

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