Procès Pilarski : compte rendu du premier jour d’audience

Politique, règles et polémiques
date 04 mars 2026
author Léa Massey

Le procès de Christophe Ellul s’est ouvert le 3 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Soissons. Lors de cette première journée, la cour s’est attachée à entendre le prévenu, à reconstituer la journée du drame et à examiner la place du chien Curtis dans le dossier.

Mardi matin, le tribunal correctionnel de Soissons ouvre l’audience dans une salle pleine. La famille d’Elisa Pilarski est présente, ainsi qu’un nombre inhabituel de journalistes. Une seconde salle de retransmission a été installée pour accueillir la presse, tant l’affaire reste suivie. 

Christophe Ellul comparaît libre. Vêtu de noir, il se tient debout à la barre lorsque la présidente Armelle Radiguet rappelle les faits pour lesquels il est jugé : homicide involontaire aggravé, après la mort d’Elisa Pilarski le 16 novembre 2019 en forêt de Retz. 

L’audience débute toutefois par un incident procédural. L’avocat du prévenu, Me Alexandre Novion, conteste la présence de certaines parties civiles, notamment liées au monde de la vénerie. La présidente doit rapidement rappeler l’ordre des débats : le procès doit d’abord s’attacher aux faits. 

Le rappel du drame

La présidente retrace ensuite la chronologie de l’après-midi du 16 novembre 2019. Elisa Pilarski, 29 ans, enceinte de six mois, promène Curtis, le chien de son compagnon, en forêt de Retz.

Les secours sont appelés après que Christophe Ellul a découvert sa compagne gravement blessée. Les pompiers constatent de nombreuses morsures au cou, à la tête et aux bras, blessures qui provoqueront une hémorragie mortelle. 

Selon les témoignages recueillis à l’époque, le compagnon de la victime aurait déclaré aux premiers intervenants : « Ils ont bouffé ma femme. » 

Dans son récit devant la cour, Christophe Ellul explique avoir été alerté par un appel téléphonique paniqué d’Elisa Pilarski, qui lui aurait dit être « attaquée par des chiens ».

Christophe Ellul à la barre

Interrogé longuement, le prévenu revient sur sa relation avec Elisa Pilarski et sur leur passion commune pour les chiens. Le couple possédait plusieurs animaux.

A lire aussi : Affaire Pilarski : l’avocat d’Ellul brouille les pistes

Lorsque la présidente l’interroge sur la possibilité que Curtis ait pu être responsable de l’attaque, Christophe Ellul hésite, puis répond : « S’il y a une preuve que Curtis a tué Elisa, je l’aurais piqué moi-même. »

Avant d’ajouter : « Si Curtis est coupable, piquez-le… mais montrez-moi les preuves. » 

Le prévenu répète à plusieurs reprises qu’il ne croit pas à la culpabilité de son chien. Selon lui, Curtis n’avait jamais manifesté d’agressivité envers sa compagne.

Le profil de Curtis au cœur des débats

Une partie importante de la journée est consacrée au chien Curtis.

La présidente évoque plusieurs éléments relevés pendant l’instruction : la nature de la race du chien, présentée comme un American Pitbull Terrier, sa participation à des concours réservés à cette race, et les conditions de son dressage.

Interrogé sur ces points, Christophe Ellul apparaît parfois hésitant. La présidente relève qu’il semble peu précis sur la classification exacte de son propre chien. 

Les débats abordent également la question de la muselière retrouvée sur les lieux. Le prévenu affirme ne pas savoir si Curtis la portait ou non au moment de la promenade.

Les témoignages de la famille

Dans l’après-midi, la mère d’Elisa Pilarski est entendue. Visiblement mal à l’aise à la barre, elle répond brièvement aux questions du tribunal.

Elle évoque la passion de sa fille pour les animaux et explique qu’avant sa rencontre avec Christophe Ellul, elle ne pratiquait pas le sport canin. 

La relation d’Elisa Pilarski avec Curtis est également évoquée. Le prévenu affirme que la jeune femme était très attachée au chien et qu’elle le maîtrisait parfaitement lors des promenades.

La question de la chasse à courre abordée en fin de journée

En fin d’après-midi, le tribunal revient sur la présence d’une chasse à courre dans la forêt le jour du drame.

La présidente lit plusieurs témoignages issus de l’enquête. Selon ces éléments, la meute de chasse se trouvait encore dans les camions ou venait à peine d’en sortir au moment où l’attaque est estimée. 

Des témoignages indiquent également que les chiens de l’équipage sont restés groupés et qu’ils n’auraient pas pu quitter la chasse pour attaquer une personne. 

Faute de temps, la présidente annonce que l’ensemble des questions liées à la chasse à courre sera examiné plus en détail le lendemain.

Une audience marquée par l’émotion

Avant la suspension de l’audience, Christophe Ellul prend brièvement la parole.

« Je n’oublierai jamais Elisa et Enzo », déclare-t-il, évoquant l’enfant que portait la victime. 

Le procès doit se poursuivre plusieurs jours encore. Les prochaines audiences doivent examiner plus en détail les expertises scientifiques, les analyses ADN et les circonstances précises de l’attaque. Autant d’éléments qui doivent permettre au tribunal de déterminer si la mort d’Elisa Pilarski résulte de la responsabilité du chien Curtis et, par conséquent, de son propriétaire.

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1 Commentaire :
  1. AJH
    04/03/26

    Je pense que pendant qu’un procès se tient. Comme tu le fait on doit se contenter de la narration et s’abstenir absolument de donner une opinion.

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