Rigaux à Fontainebleau : le sens de la mise en scène

Anti-chasse
date 30 octobre 2025
author Richard sur Terre

À Fontainebleau, une chasse à courre vire à la querelle publique. D’un côté, un militant qui se déclare blessé. De l’autre, des veneurs accusés et fatigués. Entre les deux, une phrase qui claque : « Pour lui, un incident comme celui-ci est du pain béni. »

Il y a des phrases qui résument tout. Celle-là, par exemple : « Monsieur Rigaux est anti-chasse et ne vit qu’à travers les réseaux sociaux. Donc pour lui, un incident comme celui-ci est du pain béni. »
Signée Antoine Gallon, porte-parole de la vénerie française. Pas une phrase de communicant, mais un soupir fatigué. Celui d’un monde acculé, qui en a marre d’être caricaturé.

Tout part d’une vidéo, évidemment. Tremblante, floue, bruyante — comme toujours. On y voit un cheval, des cris, un choc. Pierre Rigaux, militant écologiste bien connu des réseaux, y dénonce une agression lors d’une chasse à courre du Rallye de Fontainebleau. Un cavalier lui aurait donné un coup de tête, un autre un coup de coude. Lui dit avoir fini aux urgences, photo avant/après à l’appui.

Les chasseurs, eux, parlent d’une provocation soigneusement montée. “La dixième fois qu’il venait nous suivre”, précise Gallon. “À un moment, quelqu’un craque, et tout le monde hurle à la barbarie.”

C’est là que se joue le vrai théâtre. Car le militant filme tout, partout, tout le temps. Et chaque séquence devient matière à récit, bande-annonce d’indignation, carburant à indignation virale. Dans le camp d’en face, on le sait. On le craint, même. Parce qu’à l’heure d’Instagram et des threads rageurs, un coup de sang malheureux peut détruire en vingt-quatre heures ce que des siècles de culture avaient bâti.

A lire aussi : Pierre Rigaux et le Rallye Fontainebleau 

On peut, bien sûr, condamner le geste s’il y a eu violence. Mais pas refuser de voir la mécanique derrière. Cette mécanique du “buzz utile”, où chaque escarmouche devient une preuve, chaque colère un titre. Pierre Rigaux le sait : le réel ne vaut rien sans son hyperbole. Et l’image, bien montée, devient une arme.

Les veneurs, eux, n’ont pas forcément ni les codes ni la réactivité de ceux qui savent transformer un post en tempête. Alors ils subissent. 

Le plus ironique, c’est que tout le monde joue son rôle à la perfection. Rigaux, dans celui du témoin indigné ; le cavalier, dans celui du barbare qu’il faut blâmer ; les commentateurs, dans celui des juges Bolino. Et le public, comme toujours, applaudit sans savoir très bien à quoi.

Fontainebleau devient ainsi le décor d’un vieux drame français : la culture contre le buzz, la réalité contre son némésis numérique. La chasse à courre, qu’on aime ou qu’on déteste, n’est plus qu’un prétexte. Ce qui se joue ici, c’est la mise en scène d’un affrontement. Et dans ce théâtre-là, il faut bien l’admettre : Pierre Rigaux est passé maître dans l’art d’attirer la lumière sur ses présumées blessures de guerre.

A voir en vidéo :

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3 Commentaires :
  1. Jean1
    30/10/25

    Soutien total aux veneurs,qui provoque,?

  2. Thierry
    30/10/25

    Aux US dans les mêmes circonstances ce type et toute sa clique auraient dû verser des milliers d’Euros et auraient fait de la prison….et on entendrait plus parler d’eux depuis longtemps.
    Désolé mais puisqu’on a jamais entamé de bras de fer pour obtenir ce cadre légal de protection de la chasse, on a ce cirque perpétuel du début à la fin de chaque saison et ça va continuer.

    1. Bruckner daniel
      14/11/25

      Excellent votre commentaire.

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