À Pont-de-Vaux, un sanglier traqué défonce la vitrine d’une boulangerie. L’incident, rare évidemment, s’est transformé en croisade anti-chasse sur les réseaux sociaux. Attendu.
"La vitrine aurait pu tomber sur la tête d'une cliente" : un sanglier éclate la devanture d'une boulangerie, l'accident est évité de peu
— France 3 Rhône-Alpes (@F3Rhone_Alpes) October 26, 2025
👉https://t.co/X6Gq792QLZ pic.twitter.com/YbLeBIVQ5M
Il a suffi d’un sanglier, d’une vitrine en miettes et de quelques secondes de vidéo pour relancer la guerre des mondes. D’un côté, la réalité un peu brute d’une battue qui s’invite en ville par accident. De l’autre, le grand cirque des indignations connectées, toujours prêt à bondir sur le moindre fil qui dépasse.
La scène se passe à Pont-de-Vaux, dans l’Ain. Un sanglier traqué traverse la rue et défonce la vitrine d’une boulangerie. Plus de peur que de mal, heureusement. Les clients, tétanisés, reculent d’un bond. Le sanglier, lui, finit par être abattu dans la rue.
La boulangère, interrogée par Le Progrès, garde la tête froide :
« Je n’en veux pas aux chasseurs, ils sont en battue et ont le droit, ils ne peuvent pas choisir où part l’animal. On est assuré pour ce genre de choses, même si évidemment, je n’aurais jamais pensé qu’un sanglier tenterait de rentrer dans ma boulangerie quand je me suis installé. »
Simple, lucide, presque philosophique. Mais il n’en fallait pas plus pour que Twitter — pardon, “X” — transforme cette scène de campagne en hystérie anti-chasse
Aymeric Caron, fidèle à son credo, dégaine le premier :
Le sanglier était là, paniqué, parce qu’il fuyait des chasseurs et leurs chiens qui essayaient de l’assassiner (ils y sont parvenus peu de temps après, l’animal a été tué dans la rue).
— Aymeric Caron (@CaronAymericoff) October 27, 2025
La chasse est une abomination qu’il faut abolir. https://t.co/px4gwPp7XN
« Le sanglier était là, paniqué, parce qu’il fuyait des chasseurs et leurs chiens qui essayaient de l’assassiner. »
Assassiner, rien que ça. On n’est pas loin du règlement de comptes à la Scorcese.
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Puis Jeremstar, influenceur multi-saucé qui se rachète une virginité par l’animalisme sur béton :
La chasse à courre est une immondice qu’il faut abolir. Le problème c’est pas le sanglier. C’est ces ahuris de chasseurs. Pauvre sanglier terrorisé et traqué. Une horreur absolue. https://t.co/tiROUVUAC5
— JEREMSTAR (@jeremstar) October 28, 2025
« La chasse à courre est une immonde horreur. Pauvre sanglier terrorisé et traqué. »
Ce n’était pas une chasse à courre. C’était une battue. Une battue classique, encadrée, déclarée, avec des traqueurs, des postés, et sans la moindre trompe de vénerie à l’horizon. Mais il ne connait pas la différence.
Et PETA, bien sûr, ne pouvait pas rater le coche. L’organisation américaine traduit la scène en sermon apocalyptique :
Un animal paniqué, pourchassé, exécuté en pleine rue. Tout ça pour « divertir » quelques individus dénués de sensibilité. Il est temps de mettre fin à cette cruauté institutionnalisée. #AbolitionChasse 🐗💔https://t.co/nbgINRPgu4
— PETA France (@PETA_France) October 28, 2025
« Un animal paniqué, pourchassé, exécuté en pleine rue… pour divertir quelques individus dénués de sensibilité. »
On entend presque la Marche Funèbre en fond sonore.
Un récit tout prêt pour s’indigner sur internet. Alors les anti-chasse se jettent dessus comme la misère sur le bas-peuple. Un vrai cadeau du ciel, livré avec bande-son dramatique et public conquis d’avance.
Pendant ce temps, la boulangère balaie les débris de verre. Elle ne tweete pas, elle. Tout juste commente-t-elle, entre deux coups de balai, cet évènement inattendu : un animal reste un animal. Il est imprévisible. Les chasseurs font leur job. Et la vie continue.
Souffle court, tweets rageurs, certitudes immédiates. Et au milieu, un fait divers qui ne dit rien de son époque, mais qui a réussi à occuper l’espace pendant quelques heures. Next.
A voir en vidéo :











Petit rectificatif : ça s’est passé à Comelle Vernay dans la Loire et non à pont de vaux dans l’Ain. (même si ca be change pas grand chose à l’histoire…)
Je confirme pour l’erreur de localisation, c’est sur la commune de Commelle Vernay dans le Nord du département de la Loire (Roanne), que les faits ont eu lieu.
On en fait une histoire !!!
Bon, la boulangère n’était pas spécialement bouleversée par l’incident.
Notons que les chasseurs qui organisaient cette battue ont annoncé prendre en charge les dégâts faits à la boulangerie par le sanglier. Peut-être avec l’aide de leur assurance.