Le business de la peur n’a pas de saison

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date 19 juin 2026
author Richard sur Terre

Le sirop de menthe est dans le viseur. Chaque semaine, une nouvelle alerte sanitaire tombe dans les rédactions. Chaque semaine, la même mécanique se répète, et personne ne semble pressé de l’arrêter.

Le 16 juin, Yuka publie «une enquête » sur le colorant E133, le bleu brillant FCF qui donne sa couleur au sirop de menthe. Franceinfo reprend le lendemain. « Risques potentiels pour la santé », « additif controversé », enfants menacés. Le tweet fait son boulot de recrutement de l’attention. En bas de page, une note de communauté rappelle ceci : l’EFSA a évalué le E133, l’a classé sûr, et les niveaux d’exposition réels des consommateurs restent très inférieurs à la dose journalière admissible. L’alerte était close avant d’exister.

Mais alors c’est quoi cette mécanique ?

Eh bien Yuka fonctionne bien. 85 millions d’utilisateurs, un abonnement premium à 10 euros par an, et une image d’utilité publique construite sur des campagnes régulières contre tel ou tel additif autorisé. Chaque enquête génère de la visibilité, et chaque visibilité convertit des abonnés. Le produit, c’est l’alerte elle-même. Qu’elle soit fondée ou non ne change pas grand-chose à l’équation commerciale. Ce qu’on peut reprocher à Yuka n’est pas de mentir (les « risques potentiels » sont techniquement défendables si on considère que quelqu’un va boire 400 verres de menthe à l’eau par jour). Le problème est ailleurs : l’application se pose en autorité sanitaire parallèle en établissant ses propres listes noires. On comprend la logique : chaque alerte rend l’application un peu plus indispensable.

Et qui est complice ? la mauvaise presse qui reprend la campagne de communication d’une application commerciale en la présentant comme une alerte sanitaire, sans vérifier les conclusions de l’autorité européenne compétente. C’est du travail bâclé. Du relai paresseux d’un contenu anxiogène qui performe.

A lire aussi : Hexane : anatomie d’un scandale

Le résultat est toujours le même. Une substance évaluée et encadrée par des scientifiques mandatés devient « controversée ». Et le lecteur, lui, sort de l’article avec la conviction diffuse que son sirop de menthe l’empoisonne à petit feu…jusqu’à la prochaine alerte, la semaine d’après, sur un autre produit.

La peur est un carburant fiable. Elle ne coûte pas cher à produire, elle se distribue facilement, et elle n’a pas besoin d’être vraie pour être efficace. Il suffit qu’elle soit plausible. Et pour ça, un additif au nom barbare fera toujours l’affaire.


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Richard sur Terre
Richard sur Terre Vidéaste et rédacteur en chef de Chasses Éternelles, Richard sur Terre travaille sur les questions liées à la chasse, à la ruralité et à la biodiversité.
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3 Commentaires :
  1. bruno
    19/06/26

    mais que vont-ils faire lorsqu’ils vont apprendre qu’un des composants est du monoxyde de dihydrogène !?

  2. Alain28
    19/06/26

    Pire : savez-vous que les bananes sont radioactives ?
    Si si !
    Si vous en mangez 80 millions à la fois, la contamination de votre organisme atteindra un taux mortel !

    N’oubliez pas d’avoir peur !

  3. Jean 2
    19/06/26

    Bonjour, donc nous avons affaire à « un mensonge par omission « pour faire sensation ,ah!on se rapproche du mensonge politique. Bon! De toute façon « tu bouffes , tu bouffes pas,tu crèves quand même « (pierre péchin)

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