En vantant la viande cellulaire comme solution miracle dans les colonnes du Figaro, Luc Ferry oublie l’essentiel : livrer notre assiette aux multinationales, c’est troquer l’élevage pour la dépendance, le terroir pour le brevet.
Excellent article de Luc Ferry sur la viande cultivée. Très factuel. Et qui conclut : "Le débat est donc ouvert, reste à souhaiter qu'il se fasse enfin avec plus de raison que de passion"https://t.co/SAgygNRMuR
— Nicolas Treich (@Treich13) December 31, 2021
Viande cellulaire : l’illusion d’une solution miracle
Luc Ferry signe un plaidoyer enflammé pour la viande cellulaire, opposée aux dérives de l’élevage industriel. Sur le papier, le tableau est séduisant : zéro pollution, zéro souffrance animale, des protéines abondantes pour nourrir la planète. Mais la réalité est autrement plus complexe — et moins reluisante — que cette vision idéalisée.
Des arguments tronqués
Oui, l’élevage intensif pose de vrais problèmes environnementaux et de bien-être animal. Oui, certaines filières doivent évoluer. Mais amalgamer tous les modes d’élevage — de l’atelier hors-sol à l’éleveur extensif qui entretient prairies et biodiversité — dans une même condamnation est malhonnête. La réalité française n’est pas celle des fermes-usines américaines, et ignorer ces nuances, c’est jeter le bébé avec l’eau du bain.
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Sur la santé, Ferry reprend l’argument de l’OMS classant la viande rouge parmi les cancérogènes probables. Mais il oublie de rappeler que ce risque dépend des quantités consommées, du type de viande et de sa préparation. Comme souvent, la diabolisation remplace la précision.
La grande omission : la souveraineté alimentaire
Le plus grave reste ce qu’il ne dit pas : la viande cellulaire est aujourd’hui et restera probablement entre les mains des multinationales de l’agroalimentaire, détenteurs de brevets, capables de verrouiller procédés, prix et distribution. Remplacer l’élevage industriel par un modèle technologique concentré entre quelques sièges sociaux de la Silicon Valley ou de Singapour, c’est troquer un problème pour un autre — bien plus dangereux à long terme.
L’élevage extensif, lui, reste un pilier de notre indépendance alimentaire. Il s’appuie sur des ressources locales, entretient les paysages, recycle les prairies non cultivables en protéines de haute qualité, et maintient un tissu rural vivant. Abandonner cette filière au profit d’une production sous perfusion de capitaux internationaux serait une faute stratégique majeure.
Un rêve de laboratoire déconnecté du terrain
La viande cellulaire ne nourrit pas les sols, ne préserve pas les haies, ne fait pas vivre les campagnes. Elle déconnecte totalement la production alimentaire de son ancrage territorial. Ce que Ferry présente comme un progrès libérateur pourrait, à terme, transformer la nourriture en un produit standardisé, dépendant de chaînes d’approvisionnement mondialisées et fragiles.
On peut critiquer les excès de l’élevage industriel (encore faudrait-il en donner une définition). On doit améliorer les conditions de vie des animaux. Mais croire qu’on résoudra ces problèmes en remplaçant les éleveurs par des bio-réacteurs, c’est confondre une fuite technologique avec une solution durable.
En somme, Luc Ferry nous invite à troquer la ferme pour l’usine, le terroir pour le brevet, l’éleveur pour l’actionnaire. On a vu plus rationnel.
A voir en vidéo :











J’aime la viande , je l’aime sous toutes ses formes et préparations , mais je préfèrerais brouter l’herbe dans un rond-point plutôt que de manger cette horreur , une « viande » artificielle , une viande Frankenstein … Je n’ai pas assez de mots pour dire le dégout que cela m’inspire .
Bonjour,beurk, beurk, je veux bien sûr mars ou la lune peut-être, vive la Côte à l’os,steak, poulets, canards, boudin noir,etc…sur la terre !!
Il paraît ,selon les nutritionnistes,que pour le bon développement du cerveau il faut manger des protéines animales,tous ces donneurs de leçons ont dû en manquer.il faut peut être en consommer moins et venant d animaux élevés dans de bonnes conditions mais pas cette me……..
Comment faire évoluer les mentalités. Et bien en disant, redisant et encore redire. Ça s’appelle le lavage de cerveau. Et surtout, l’ingrédient essentiel, faire culpabiliser le commun des mortels. Se sentir coupable, ça fait changer d’idée du jour au lendemain. C’est sur ça que joue les sachants!!! Ils ne sont pas pressés, ils travaillent à l’usure. Le pognon est leur motivation. L’industrie de l’argent n’a pas de morale. Faire de la viande à partir de souches animales, pas de problème pour eux. Si demain une imprimante 3D existe pour produire de la viande artificielle, bingo, c’est le jackpot. La nature et le bien être, c’est vendeur mais c’est mieux et plus rapide pour gagner des sous. Produire, produire. C’est la hantise. Les éleveurs savent qu’il faut laisser le temps au temps. Les races à viande, ça a pris des décennies pour arriver à créer des races. C’est la nature qui se transforme et qui s’adapte à son environnement naturel. Pas à son environnement financier…
Je suis tout à fait d’accord ! Le bémol c’est « les sachants ».
Les écolos, pour la plupart d’extrême gauche et anti mondialisation envisage de se goinfrer de viande produite par des multinationales à l’autre bout du monde. Quelle incohérence !
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