Viande d’ours : l’indignation en boîte

Antispécisme
date 10 juin 2025
author Richard sur Terre

En fustigeant la gestion slovaque de l’ours brun, la FBB dégaine l’émotion au détriment de l’écologie rationnelle.

À lire le dernier tweet de la Fondation Brigitte Bardot, on croirait que la Slovaquie s’est transformée en boucherie d’ours. L’émotion déborde, l’indignation est calibrée, et les punchlines tombent comme des têtes sur une planche à découper. Pourtant, derrière cette enfilade de formules, se cache un aveuglement militant aussi confortable qu’irresponsable.

La Slovaquie n’est pas une dictature cynégétique. C’est un pays européen soumis aux directives environnementales de l’UE, qui gère une population de plus de 1 300 ours bruns. Cette espèce, certes classée « quasi menacée » à l’échelle mondiale, est localement en forte progression et suscite des tensions croissantes avec les populations rurales. Depuis des années, les autorités slovaques sont confrontées à une cohabitation de plus en plus difficile : incursions dans les villages, attaques sur le bétail, agressions sur des promeneurs… Faut-il attendre un drame pour sortir du fantasme de l’ours de conte de fées ?

Mais ce que la FBB trouve surtout « inacceptable », c’est qu’on ose manger l’animal une fois qu’il a été réglementairement abattu. Il ne suffit plus de s’émouvoir de la mort d’un ours, il faut aussi brailler quand on ose valoriser sa carcasse. Paradoxe révélateur : l’idéologie animaliste préfère qu’on laisse pourrir la viande en forêt plutôt que d’assumer jusqu’au bout l’acte de régulation. 

A lire aussi : Ourse abattue : des chasseurs devant la justice

Et puis il y a cette phrase clé, cynique en diable : « si l’État commercialise lui-même des animaux protégés, pourquoi les braconniers s’en priveraient-ils ? » La ficelle est grosse. Elle sous-entend que la gestion raisonnée et légale des populations équivaut à une incitation au braconnage. C’est un raisonnement délirant, qui discrédite les politiques de conservation fondées sur la science, le suivi des populations et l’équilibre des écosystèmes. Si l’on suit cette logique, interdisons la chasse durable aux cervidés : après tout, ça pourrait « encourager » les braconniers à tirer dans les réserves…

Enfin, réduire les animaux sauvages à des « marchandises », voilà le point Godwin de l’animalisme. Comme si la reconnaissance de leur valeur alimentaire les rabaissait à de simples objets. Mais qui sont les vrais matérialistes ? Ceux qui mangent ce qu’ils tuent ou ceux qui transforment chaque animal en totem de vertu, sans jamais se salir les mains ?

La Slovaquie a fait un choix de gestion. On peut en débattre. Mais l’hystérie médiatique que cherche à déclencher la FBB est une impasse intellectuelle. On ne protège pas la nature avec des slogans, mais avec des décisions courageuses, souvent complexes, toujours imparfaites. Si l’ours brun slovaque doit survivre, ce ne sera ni dans les tweets larmoyants, ni sous les feux des caméras de Vakita. Ce sera dans les montagnes, au contact du réel, là où les fantasmes s’effondrent et où le bon sens reprend ses droits.

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1 Commentaire :
  1. Bruckner daniel
    10/06/25

    Pour en avoir mangé pendant plusieurs jours à toutes les sauces je peux vous affirmer que ça vaut le boeuf. Donc, la commercialiser est une excellente initiative, la nature nous l’offre. Pourquoi perdre autant de bonnes protéines avec un bilan carbone zéro juste parce qu’il s’agit d’un ours. Ridicule.

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