“Je revendique de chasser comme d’autres sont végans”

Chasse Actu
date 12 septembre 2025
author Léa Massey

À la veille de l’ouverture, Bruno Meunier rappelle l’essentiel : chasser est un choix de vie, une liberté culturelle et populaire, aussi légitime que le véganisme.

« Je revendique de pouvoir chasser comme d’autres sont végans. » La phrase de Bruno Meunier, président de la Fédération régionale des chasseurs de Nouvelle-Aquitaine, pourrait paraître banale. Elle est en réalité centrale dans un débat saturé de caricatures. Car si chacun revendique son droit à vivre selon ses convictions – véganisme, religion, écologie militante ou autre – pourquoi la chasse devrait-elle, elle seule, se justifier à longueur de tribunes ?

Dans cet entretien, Meunier dresse le portrait d’une pratique enracinée dans une région qui demeure la première de France par son nombre d’adhérents : 160 000 chasseurs, rien que ça. On y trouve encore ce que beaucoup d’urbains ont perdu : un rapport concret au territoire, à ses biotopes, à sa faune et à ses paysages. De la montagne pyrénéenne aux côtes atlantiques, du Limousin aux grandes forêts landaises, le chasseur néo-aquitain n’est pas une caricature de carte postale mais un témoin de la diversité vivante.

Ce qui frappe aussi, c’est la lucidité sur l’évolution sociologique. Oui, le chasseur vieillit. Oui, les loisirs se multiplient. Mais loin du cliché d’une pratique « en déclin », la chasse attire de nouveaux profils, souvent des trentenaires installés, qui choisissent la nature plutôt que Netflix.

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L’autre volet, plus discret mais essentiel, c’est celui des missions confiées aux fédérations régionales : mutualiser les actions, protéger les habitats, contribuer à la biodiversité. Autrement dit, bien loin de l’image d’un loisir archaïque, la chasse est aussi une organisation structurée qui gère, finance et défend la nature au quotidien.

La petite phrase de Meunier résume en fait un rapport de force culturel. Quand un végan revendique sa différence, il est applaudi pour sa « prise de conscience ». Quand un chasseur assume la sienne, il est suspect. La chasse, dit-il, reste pourtant une activité populaire, héritée et partagée, où se mêlent traditions, convivialité et gestion des territoires.

À la veille de l’ouverture, cet entretien sonne comme un rappel : dans un pays qui prétend valoriser la diversité des modes de vie, la chasse n’a pas à s’excuser d’exister. Elle est un choix. Elle est une liberté. Elle est, surtout, une part de ce que nous sommes.

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