Viande et faim dans le monde : sortir des simplismes

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date 01 octobre 2025
author Richard sur Terre

Selon PETA, arrêter la viande suffirait à nourrir la planète. Une affirmation séduisante, mais qui ignore prairies, coproduits agricoles et réalités politiques de la faim.

« Si nous arrêtions de consommer de la viande, nous pourrions nourrir la planète entière. » L’argument est régulièrement mis en avant par des associations animalistes, comme PETA. Il repose sur un constat réel : une part importante des surfaces agricoles mondiales sert aujourd’hui à produire l’alimentation des animaux d’élevage plutôt que des cultures destinées directement à l’homme.

Ce constat mérite d’être entendu. Oui, une partie des céréales cultivées pourrait, dans l’absolu, être redirigée vers l’alimentation humaine. Oui aussi, les protéines végétales sont moins “coûteuses” en ressources que les protéines animales. Et il est légitime de s’interroger, dans les pays riches, sur l’impact environnemental d’une consommation élevée de viande.

Mais transformer ce constat en équation simpliste – “arrêtons la viande et la faim disparaîtra” – relève du slogan. Pas de l’analyse. Car la réalité est autrement plus complexe.

D’abord, toutes les surfaces utilisées par l’élevage ne sont pas substituables. Une large part des terres mobilisées sont des prairies permanentes, des zones de montagne ou des sols peu fertiles, qui ne peuvent pas être transformés en champs de blé ou de riz. Les ruminants y jouent un rôle de conversion de l’herbe en protéines, tout en entretenant des paysages et en préservant une biodiversité spécifique.

Ensuite, toutes les céréales “destinées au bétail” ne sont pas interchangeables avec des cultures pour l’homme. Une partie d’entre elles sont des variétés fourragères ou des coproduits industriels (tourteaux, drêches, pulpes) impropres à la consommation humaine. D’autres pourraient certes être remplacées par des cultures alimentaires, mais pas toujours sans pertes de rendement, sans impacts agronomiques supplémentaires ni sans adaptation des marchés.

A lire aussi : PETA et « le vrai visage des chasseurs »

Enfin, et surtout, la faim dans le monde n’est pas d’abord un problème de quantité produite. L’agriculture mondiale génère déjà assez de calories pour nourrir l’ensemble de l’humanité. Si des millions de personnes manquent toujours de nourriture, c’est d’abord en raison de facteurs politiques, logistiques et économiques : pauvreté, guerres, corruption, inégalités d’accès. Remplacer des cultures fourragères par des cultures vivrières en Europe ou en Amérique du Nord ne garantit en rien que des populations en détresse au Sahel en bénéficient.

Faut-il pour autant ne rien changer ? Non. Il est raisonnable de réfléchir à une alimentation plus diversifiée, moins dépendante des excès de protéines animales, et à des systèmes agricoles plus efficients. Mais réduire un problème complexe à un slogan culpabilisateur, c’est se donner l’illusion d’avoir trouvé une solution simple là où il faut, au contraire, combiner sobriété, innovation et justice sociale.

La question de la viande et de la faim dans le monde mérite mieux que les raccourcis de PETA. Elle demande une réflexion globale sur nos systèmes alimentaires, et non des formules qui séduisent par leur apparente évidence mais échouent à décrire la réalité.

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2 Commentaires :
  1. Jean 2
    01/10/25

    Bonjour, oui l’affaire est complexe, mais le vrai mot clé est « l’argent « ,sans cette argent le problème restera le même!! de la viande il y en a,ainsi que du maïs,blé,et autre puisque » le mercosur »veut inondé l’europe de viande ,soja et autres, l’analyse de péta est effectivement simpliste et veut servir son idéologies à 2 balles, autre exemple, nous importons du maïs chinois,un comble !!.

  2. serge
    01/10/25

    Il me semble qu’il y a environ 15 ans plusieurs pays souffraient fortement du manque de nourriture que des pays européens avaient décidés d’envoyer des tonnes de blé mais personne pour financer les barges jusqu’aux destinataires. Résultat le blé est parti en petites quantités et les demandeurs ont souffert en nombre. Comme le dit Jean 2 (commentaire précédent) ce qui manque ce n’est pas la ressource mais la volonté et l’argent. D’ailleurs le blé est abondant cette année et les cours se sont effondrés.

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