Remplacer les lentilles par des lunettes

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date 06 novembre 2025
author Richard sur Terre

Entre les interdictions morales et les importations low-cost, la France joue à être vertueuse tout en se tirant une balle dans le pied. On subit, on s’indigne, et rien ne change.

Le scandale des lentilles canadiennes ? Non. Le scandale, c’est nous.

Nous avons réussi l’exploit de devenir le pays qui interdit de produire ce qu’il importe avec satisfaction. Un pays où l’on bannit les pesticides ici, au nom de la pureté morale, mais où l’on ouvre grand les frontières à des produits cultivés avec ces mêmes pesticides ailleurs, car “c’est le marché, ma bonne dame”.

L’innocuité des produits ? Peu importe. La rigueur scientifique ? Accessoire. Ce qui compte, c’est l’émotion, la larme au coin de l’œil, la petite indignation prête-à-consommer servie par un Hugo Clément, toujours au bon endroit au bon moment pour s’offusquer à heure de grande écoute.

Car chez nous, l’écologie n’est pas une politique. C’est une posture.

On se rêve propre en externalisant la saleté. On se croit vertueux en délocalisant le péché. On “sauve la planète” depuis le rayon bio du Monoprix.

Pendant ce temps, NOS agriculteurs crèvent. NOS filières se désagrègent. NOS territoires s’appauvrissent. NOS campagnes deviennent des cartes postales vides.

La France n’a plus de stratégie. Elle subit les interdictions de ses moralistes et les lois du marché de ses fournisseurs. Elle se drape dans une vertu imaginaire pendant que le monde réel la dépouille.

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Nous aurions pu choisir de protéger notre production. D’aligner nos normes d’importation sur nos normes de production. De considérer l’agriculture, l’élevage, la forêt, comme des biens stratégiques.

Mais non. Nous avons choisi la culpabilité heureuse. Le confort de dire : « Nous, au moins, on est du bon côté. »

Le bon côté de quoi ? De l’effondrement organisé ?

Le camp du Bien ne construit jamais rien. Il interdit, il moralise, il sanctionne. Il laisse les autres nourrir, produire, gérer, assumer.

La souveraineté ne se tweete pas. Elle se cultive. Elle se récolte. Elle se protège.

La France ne manque ni de savoir-faire, ni de terres fertiles, ni d’hommes et de femmes capables.
Ce qui lui manque, c’est du courage politique : celui de dire que produire n’est pas un crime, et qu’au passage on peut même s’enrichir personnellement sans être une ordure capitaliste.

Il est temps de choisir. Pas entre “écologie” et “économie”. Mais entre le réel et le simulacre.

Soit nous assumons d’être un pays qui cultive, élève, transforme, vend, protège — un pays vivant.

Soit nous devenons un décor : un parc naturel géré par Amazon, Disney+ et des ONG qui ont abandonné le réel depuis des lustres.

A voir en vidéo :

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4 Commentaires :
  1. Thierry
    06/11/25

    Aux dernières élections il était possible de voter pour un programme souverainiste qui aurait bloqué cela, et même un programme qui s’engageait pour la protection de la chasse, pêche, ruralité….Côté chasseurs ça me fait doucement rire quand j’entends la fuite de tout propos politique, parce que faute d’en parler, la politique ne nous oublie pas, elle. En plus la seule voix qui s’est exprimée c’était pour un candidat maastrichtien, qui a été élu. Le sacrifice de nos agriculteurs était au programme, on l’a.
    1000000 de chasseurs, plus les familles, ça fait un poids électoral, mais c’est comme le poids économique de la chasse ou notre rôle de régulation de la grande faune, on en fait rien.

  2. Jean 2
    06/11/25

    Bonsoir, effectivement le problème est politiques, on se tire une balle dans le pied sur plusieurs sujets depuis longtemps en France et en Europe aussi,la faute aussi à nos concitoyens qui élisent n’importe qui! et comme on dit, »on a les politiques et la politique qu’on mérite « ,pleurer, c’est trop tard!!

  3. serge
    07/11/25

    J’ai la main qui saigne de l’écrire, mais je suis plutôt d’accord avec la vidéo de M Clement.

  4. Drago
    07/11/25

    Il faut que les Français s habituent rapidement , ce n est que le début, l agriculture Française meurt comme l industrie .
    Demain le peuple mangera ce que les autres pays voudrons bien nous vendre .
    Hormones , désherbants, insecticides , fongicides, ogm etc….interdit ou pas , bon ou pas bon , il ne faudra pas faire la fine bouche .

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