À quelques jours de l’ouverture du procès de Christophe Ellul, l’entretien accordé par son avocat remet sur la table une ligne de défense attendue : introduire du doute, fragmenter les certitudes, et déplacer le centre de gravité du dossier.
Le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski, enceinte de six mois, est retrouvée morte en forêt de Retz, dans l’Aisne. L’instruction a conclu à la responsabilité exclusive de Curtis, le chien du couple. Christophe Ellul est renvoyé devant le tribunal pour homicide involontaire. Son avocat, Me Alexandre Novion, conteste frontalement cette thèse.
Il parle de « zones de doute », d’« usine à gaz juridique », d’expertises qui auraient dépassé leur cadre technique. Il conteste la portée des analyses ADN, questionne la méthodologie vétérinaire et remet en cause l’écartement de la meute de chasse à courre présente ce jour-là.
La stratégie consiste clairement à rouvrir ce que l’instruction estime clos.
La meute en arrière-plan
La référence répétée aux chiens de chasse à courre sert un objectif clair : instiller l’idée d’une responsabilité alternative, ou pourquoi pas partagée, malgré le non-lieu prononcé en faveur des veneurs.
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La chasse à courre, déjà cible régulière de campagnes militantes, se retrouve une nouvelle fois mentionnée dans un dossier ultra-médiatisé. Même si aucun élément judiciaire nouveau ne vient, à ce stade, réactiver cette piste, le simple fait de la maintenir dans le débat entretient un soupçon diffus.
On connaît le mécanisme : dans l’espace public, le doute vaut culpabilité.
Pour autant, il faut être précis. Un non-lieu ne signifie pas que « tout est possible » : il signifie que les charges sont insuffisantes pour poursuivre. Réactiver cette hypothèse devant le tribunal suppose d’apporter des éléments nouveaux ou de fragiliser méthodiquement les expertises existantes.
L’argument scientifique
L’avocat s’attaque aux expertises vétérinaires et aux analyses ADN. C’est un axe central.
Il affirme notamment qu’« il n’y a aucun ADN dans les morsures ». Ce point sera crucial au procès. Car si les expertises ont été conduites selon les standards habituels de médecine légale vétérinaire, leur remise en cause devra être solidement étayée. Dans un dossier de cette ampleur, les contre-expertises existent, et la contradiction scientifique est normale.
Mais il y a une différence entre discuter une méthode et suggérer une construction accusatoire biaisée sans démonstration technique précise.
Le tribunal devra trancher sur pièces.
La question du délai
Autre point sensible : le délai d’environ 1h26 avant l’appel aux secours. L’avocat insiste sur la cohérence des déclarations de son client. Là encore, ce sera un élément d’appréciation factuelle.
Dans ce type de dossier, la psychologie post-événement est toujours difficile à interpréter. Les comportements ne sont pas mécaniques. Mais le temps reste une donnée objective.
Pour Chasses Eternelles : rester rigoureux
Pour nous, qui avons vu la chasse à courre immédiatement désignée à l’époque par certains comme responsable « évident », la prudence s’impose dans les deux sens.
Oui, il est légitime qu’un avocat défende son client et explore toutes les failles possibles du dossier.
Oui, il est légitime qu’un procès permette une confrontation contradictoire des expertises.
Mais non, le simple fait d’invoquer le doute ne vaut pas démonstration.
La chasse à courre a déjà été instrumentalisée dans cette affaire dès les premières heures, notamment par AVA et son « chef » stan Broniszewski qui a couru les plateaux pour hurler son expertise. Le tribunal dira ce qu’il en est juridiquement. En attendant, la seule ligne tenable est celle-ci : attendre le débat judiciaire, lire les décisions, analyser les motivations. Pas rejouer l’enquête à coups d’hypothèses.
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