Le Gaulois était une institution du Périgord noir : quarante ans de sangliers à la broche et de promenades au milieu des cervidés. Mardi 21 avril, la préfecture y a fait abattre 160 animaux en une journée. Trois questions restent sans réponse.
La préfecture fait abattre 160 biches et sangliers dans une ancienne ferme-auberge de #Dordogne
— ICI Périgord (@iciperigord) April 22, 2026
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Le propriétaire a 75 ans. Il avait cessé son activité pour prendre sa retraite. La fermeture, dit-il, était déjà engagée. La préfecture le contredit : c’est l’interdiction administrative qui a précipité les choses. Entre les deux versions, les faits visibles sont les suivants : des mises en demeure répétées restées sans suite, des carcasses en décomposition découvertes sur place, de la viande congelée depuis plusieurs années. L’opération a mobilisé les services vétérinaires, l’OFB, des lieutenants de louveterie et une entreprise d’équarrissage. Elle a duré toute la journée.
Première question : où commence le problème sanitaire, où finit le problème administratif ?
Le propriétaire affirme n’avoir eu « aucun problème sanitaire. » La réalité des carcasses retrouvées sur place dit autre chose, ou du moins dit que quelque chose a dérapé. Mais on ne sait pas depuis quand, ni à quelle vitesse. Un élevage de 160 animaux sauvages captifs ne se dégrade pas en une semaine. Les services de l’État ont-ils détecté la dégradation tôt, ou tard ? Les mises en demeure portaient-elles sur le fond ou sur des documents manquants ? Aucun rapport vétérinaire n’a été rendu public.
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Deuxième question : l’abattage était-il la seule option ?
160 biches et sangliers dans un parc de 40 ans d’existence, avec des infrastructures en place. L’hypothèse d’un transfert vers une autre structure, d’une reprise partielle du cheptel, d’une mise sous tutelle provisoire, a-t-elle été examinée, ou l’abattage était-il simplement la procédure administrative par défaut une fois les arrêtés signés ? La question n’est pas rhétorique. Elle a une réponse quelque part dans un dossier préfectoral.
Troisième question : qu’est-ce qui a manqué dans les quarante ans qui ont précédé ?
Un homme seul, 75 ans, un cheptel de 160 animaux, pas de successeur identifié. Le Gaulois était dans les guides. Il avait une clientèle. Il avait des infrastructures. Ce qui manquait, apparemment, c’est une sortie organisée, une transmission, une reconversion progressive, un accompagnement de fin d’exploitation. Ce type d’élevage rural, à la frontière entre le parc animalier et la ferme-auberge, n’entre dans aucune case administrative propre. Quand ça se termine mal, l’État intervient avec un camion d’équarrissage.
Le propriétaire est par ailleurs poursuivi par la justice. L’affaire n’est pas close.
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