Savoir Animal empile des liens vers Légifrance, MNHN et des arrêtés préfectoraux téléchargeables. Tout ça pour raconter n’importe quoi. Ça valait bien la peine.
"Entre discours et décisions, les faits éclairent la réalité.
— Savoir Animal, Le Magazine des Animaux (@SavoirAnimal07) June 7, 2026
Pensez à participer aux consultations publiques avant le 10 juin et le 24 juin. (les liens ci-après)."https://t.co/Z6mQnr20Yx pic.twitter.com/EIdEtHlvbJ
Matez-moi cette technique rhétorique aussi vieille que la mauvaise foi : citer des sources impressionnantes (que personne n’ouvrira) pour habiller le vide. On appelle ça un cheval de Troie documentaire. Savoir Animal l’a érigé au rang d’art.
L’article publié le 7 juin sur la louveterie, les battues administratives et les dérives préfectorales s’ouvre sur un chapelet de liens impeccables. Un projet d’arrêté préfectoral téléchargeable sur le site du Cher. Une décision publiée sur Légifrance. Une étude du Muséum national d’Histoire naturelle sur l’efficacité discutable des régulations létales. Des documents officiels, des institutions sérieuses, des références vérifiables. Le lecteur est rassuré. Il a tort peut-être.
Parce qu’entre ces balises rassurantes, Savoir Animal glisse que les chasseurs « organisent volontairement la surpopulation » pour perpétuer leur loisir. Affirmation considérable qui n’est adossée à aucune des sources citées dans l’article. Elle renvoie, dans une parenthèse désinvolte, à « nos articles précédents » (lol). Autrement dit, le site se cite lui-même, comme quoi que c’est bien la preuve. Voyez le vertige. C’est une sorte d’onanisme du bullshit. Légifrance ne dit rien de tout ça, Le MNHN non plus. Mais ils sont là, dans le même article. C’est une sorte de voisinage organisé, une variation activiste du « name dropping ».
Parce que vous comprenez, une source officielle tous les trois paragraphes crée une atmosphère de rigueur dans laquelle les conneries voyagent sans avoir besoin de billets. Les équipements de battue administrative (drones, vision thermique, silencieux) deviennent des « armes de guerre » sans que personne ne soit prié de vérifier ce que le code de la défense entend par cette catégorie juridique précise. Les associations de protection animale signataires d’un plan triennal se voient demander, en gras, si elles risquent la suppression de leurs subventions publiques, sans qu’un seul élément factuel vienne étayer la suggestion. Ce sont des procès d’intention habillés en interrogations rhétoriques, et les liens vers Légifrance leur servent d’habillage. C’est comme si vous alliez à un entretien d’embauche avec un CV trafiqué et les dents sales, mais habillé en costume Armani.
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Le fond de l’article contient pourtant des angles réels. La question de la légalité des arrêtés triennaux au regard de la participation du public est légitime. La composition des commissions départementales de la chasse est tout à fait questionnable. La jurisprudence citée en note existe et dit ce qu’elle est censée dire. Ce sont des sujets qui méritent effectivement qu’on s’y arrête.
Mais pour Savoir Animal (comme pour les autres officines qui font les belles pages de Chasses Eternelles), le réel ne suffit jamais. Voilà la plus grande chance de la chasse française. La vérité étant toujours un préalable à l’outrance (et l’outrance étant, comme chacun sait, par définition anecdotique), les machins anti-chasse qui assomment le public de bêtises sont condamnés à la marge. On ne va pas s’en plaindre, c’est sûr. Mais c’est quand-même fascinant (et disons-le, réjouissant) à étudier.
A voir en vidéo :










Bonjour, oui,vous avez raison,ces gens sont « à l’ouest »et disparaîtront peut-être derrière la ligne d’horizon sans réapparaître, si une partie de nos concitoyens arrêtent de gober tout sans esprits critiques (je sais ,je suis optimiste).
Rien de grave: ils nous soûlent avec leurs élucubrations alors imaginez ceux qui ne sont pas concernés, ils auront vite fait de tourner la page. Les asso écolos et animalistes fleurissent comme pâquerettes au printemps. Elles emplissent des pages à longueur de journée sur les réseaux sociaux mais ne font qu’arroser quelques milliers d’illuminés qui zappent à longueur de journée d’une asso à une autre. Electoralement ils ne représentent rien et pour les décideurs c’est la seule chose qui compte.