Dans la Creuse, un arrêté autorisant l’abattage de chiens en divagation suscite une vive polémique. Au-delà des réactions immédiates, l’enjeu révèle un problème bien plus profond.
Ces #chiens — errants plutôt que divaguants et donc sans propriétaire à “accompagner”, @onevoiceanimal — ne seront abattus qu'en situation d'attaque d'un #élevage et faute de pouvoir les capturer.
— Franc Aller (@FrancAller_info) November 24, 2025
Est-ce déraisonnable ? 🤷♂️#Antispécisme #Vegan#HorsSolhttps://t.co/AjT7isfDp2
Le 23 octobre, la préfecture de la Creuse a signé un arrêté autorisant, dans certaines conditions, l’abattage de chiens en état de divagation lorsqu’ils sont surpris en train d’attaquer un troupeau. Le texte, mis en cause par l’association One Voice, a fait l’objet d’un référé devant le tribunal administratif de Limoges.
Le juge a refusé de suspendre la mesure pour “défaut d’urgence”, ce qui signifie simplement que l’arrêté continue de s’appliquer en attendant un jugement sur le fond.
Dans un département où la présence du loup revient régulièrement dans les débats, où les éleveurs se sentent sous pression, et où les mouvements animalistes surveillent chaque décision administrative, la moindre mesure devient immédiatement explosive.
Ce que dit réellement le droit
Contrairement à ce que laisse parfois penser le débat public, l’idée d’intervenir contre des chiens errants n’a rien de nouveau.
Le Code rural :
- interdit la divagation des chiens,
- impose aux communes d’avoir une fourrière,
- prévoit que des animaux présentant un danger grave et immédiat peuvent être euthanasiés,
- et confie aux lieutenants de louveterie — sous contrôle du préfet — la mission de protéger les troupeaux contre les animaux causant des dégâts.
Dans les faits, l’abattage d’un chien domestique reste un geste rare, exceptionnel, et soumis à des conditions strictes. Mais la possibilité juridique existe depuis longtemps. L’arrêté de la Creuse ne crée donc pas un droit nouveau : il applique un cadre ancien à une situation considérée comme problématique.
Le vrai sujet : des chiens en divagation qui posent problème
On l’oublie souvent, mais les chiens errants constituent bien un danger réel pour les troupeaux. Chaque année en France, les dégâts causés aux ovins par des chiens non maîtrisés représentent un volume supérieur aux attaques de loups dans plusieurs départements. Les éleveurs le savent, les maires aussi.
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La critique des associations : légitime, mais souvent incomplète
One Voice a dénoncé une “politique du fusil” consistant à “institutionnaliser la mise à mort d’animaux familiers”. L’indignation est compréhensible : tirer sur un chien, même errant, reste une décision grave.
Mais le discours militant présente deux limites :
- Il suggère l’illagalité totale alors que l’arrêté s’appuie sur un cadre légal existant.
La mesure n’est pas un ovni juridique, même si on peut la juger excessive. - Il n’expose pas le problème réel des chiens divagants, pourtant documenté, ni les dégâts très concrets que ces animaux causent aux troupeaux.
Cette lecture partielle (et partiale bien entendu) empêche de comprendre comment on en arrive à un arrêté aussi sévère : non par volonté de “tuer des chiens”, mais parce qu’un problème persistant n’est pas traité efficacement en amont.
Prendre de la hauteur : ce débat n’oppose pas “amis des animaux” et “partisans du fusil”
La réalité est plus complexe. Personne ne souhaite voir des chiens tomber sous les balles. Et personne ne souhaite voir des brebis ou des chèvres se faire déchirer par des chiens errants (sujet largement oublié par One Voice).
L’arrêté de la Creuse aurait gagné à être :
- mieux expliqué,
- mieux justifié,
- mieux encadré,
- et accompagné de mesures non létales.
Les associations ont raison de rappeler que le tir doit rester l’ultime recours. Les éleveurs ont raison de dire que des chiens errants, laissés sans contrôle, causent des dégâts et que l’État ne peut l’ignorer.
Entre ces deux réalités, il y a un vaste espace pour une politique de prévention, de responsabilisation des propriétaires et de renforcement des moyens locaux, sans forcément en arriver à l’arme à feu.
La Creuse ne révèle pas seulement un arrêté contesté ; elle révèle une faillite collective : celle d’une gestion insuffisante des chiens errants depuis des années, qu’on compense aujourd’hui par des mesures d’exception.
A voir en vidéo :











Un chien peut malheureusement se sauver ou divaguer: que font les maitres? Tuer un animal « domestique » s’apparente a de la maltraitance animale; ce décrets est illégal. Je demande au nouveau préfet mit en place de trouver des solutions pour les agriculteurs, j’avais soumis l’idée de l’ane dans les champs qui a était expérimenté dans d’autre département. Je déplore que les chasseurs profitent de ce décrets pour abreuver leur soif de sang. Que faites vous des touristes qui penser venir passer des vacances en Creuse: havre de paix, de nature « préservé » et de calme quand ils voient sur le net que l’on tue des chiens?