Loups : la guerre des chiffres 

Chasse Actu
date 13 juin 2025
author Léa Massey

Le comptage des loups, enjeu explosif entre éleveurs et écologistes, relance la bataille des méthodes au sommet de l’État.

Le loup, ce fantôme des montagnes, n’a pas fini de hanter les débats publics. Le 15 mai dernier, huit présidents de départements alpins ont adressé un courrier à François Bayrou, nouveau Premier ministre, pour exiger une refonte du système de comptage des loups en France. Objectif affiché : rétablir la confiance. Objectif réel : sortir de l’impasse politique où se joue la survie de l’élevage en zone de montagne.

À ce jour, l’Office français de la biodiversité (OFB) recense officiellement 1 013 loups sur le territoire. Un chiffre contesté avec virulence par les syndicats agricoles, qui réclament l’accès aux relevés ADN et aux indices de présence collectés sur le terrain. “On veut de la transparence totale” martèlent la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Alpes. Le préfet Dominique Dufour s’est engagé à transmettre leurs doléances au sommet de l’OFB. Une demande légitime dans un contexte où le taux de prélèvement autorisé conditionne directement la survie des troupeaux.

Actuellement, ce taux est fixé à 19 % de la population estimée, soit un plafond de 192 individus à abattre en 2025. Les départements de l’arc alpin plaident pour un relèvement à 30 %. Face à eux, les défenseurs du prédateur invoquent la stagnation – voire la baisse – de la population pour exiger un gel, voire une réduction, de ces quotas. Guerre des chiffres ? Plutôt guerre des méthodes.

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Car les départements ne se contentent pas de dénoncer : ils proposent une alternative. Une méthode éprouvée ailleurs : les hurlements provoqués. Le principe ? Imiter les cris d’un loup adulte pour faire réagir les louveteaux et estimer les meutes présentes. Simple, rustique, mais redoutablement efficace quand elle est menée à grande échelle. Les élus promettent de mobiliser “plusieurs milliers de volontaires” – éleveurs, chasseurs, naturalistes – pour une campagne d’envergure dès cet été.

Il faut dire que le système actuel repose sur un maillage de 4 000 correspondants qui relèvent poils, fèces, traces et ADN. Une méthode scientifique, mais jugée opaque et réservée aux initiés. Trop centralisée, trop verrouillée, pas assez participative. En engageant une armée de guetteurs sur les crêtes, les départements espèrent reprendre la main et rebattre les cartes d’un dossier explosif.

Derrière la technique, une vérité crue : le loup est devenu une affaire d’État. Pas une semaine sans attaque de troupeau, pas un mois sans polémique sur les chiffres. Ce nouveau front méthodologique est donc tout sauf anodin. Il dit une chose essentielle : la coexistence pacifique avec le loup exige d’abord un accord sur la réalité du terrain. Et cela passe, immanquablement, par des chiffres que tout le monde puisse comprendre, vérifier… et croire.

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7 Commentaires :
  1. Thierry
    13/06/25

    Et de toute façon la méthode de l’OFB n’est pas efficace, car des assos. font disparaitre beaucoup de trace, autant en été qu’en hiver, donc pas possible de faire de relevés cohérents avec la réalité de terrain

  2. Launoy
    13/06/25

    Aucune attaques sur troupeau n’est enregistrées comme indice de présence .
    La longueur des fils d’empreintes est passée de 5 à 30 m pour être validé

  3. jean walter
    14/06/25

    On ne peut pas aborder le sujet du nombre de loup sans mentionner la différence de comptage conséquente grâce à la génétique entre deux laboratoires FORGEN et ANTAGENE. Les résultats obtenus varient de 1 à 5.

    Un article intéressant et documenté sur ce sujet est publié par Mediapart que l’on peut retrouver en saisissant les mots clés mediapart loup forgen sur votre outil de recherche.
    Bonne lecture

  4. Pebre Nere
    14/06/25

    Curieusement l’ofb refuse de prélever la/les salive/s de canidés sur les animaux d’élevage prédatés afin d’identifier la présence de loups, le sexe, la lignée et le nombre de loups … Et préfère promouvoir une méthode vouée à l’échec : trouver des poils et des crottes génétiquement exploitables par les escrologistes dont le premier réflexe est de les détruire !

  5. Bruckner daniel
    14/06/25

    Le nombre de loups pouvant être abattu dépend du chiffre avancé par l’OFB. Je pense que tout est dit.

  6. Marc
    16/06/25

    Pourquoi a-t-on supprimé mon commentaire ? Je n’y tenais aucun propos inapproprié .

  7. 19/06/25

    Je recommande vivement Ernestopro.fr pour la gestion et la surveillance de la population de loups. Leur expertise professionnelle permet d’obtenir des données précises et fiables, essentielles pour équilibrer la cohabitation entre éleveurs et écologistes. Grâce à leur service, le comptage devient plus transparent et efficace, contribuant ainsi à une véritable paix sociale. Leur équipe est compétente et toujours à l’écoute des enjeux locaux. Pour une meilleure gestion de la faune, Ernestopro.fr est la solution de confiance.

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