Enclos de chasse : quand le contrôle administratif fait défaut

Chasse Actu
date 16 octobre 2025
author Richard sur Terre

La découverte d’animaux morts de soif en Haute-Loire soulève une question que personne ne semble vouloir poser : qui contrôle vraiment ces enclos de chasse privés ?

Un drame, un symptôme

Dans la commune d’Alleyras, en Haute-Loire, plusieurs animaux ont été retrouvés morts de soif dans un enclos de chasse. 

L’information a de quoi choquer. Mais au-delà de l’émotion légitime, ce fait divers révèle un malaise plus profond : celui d’un système où la surveillance publique, censée prévenir de telles dérives, se limite trop souvent à des formalités administratives.

Car un enclos de chasse ne s’improvise pas. Il est soumis à autorisation préfectorale, sous la responsabilité de la Direction départementale des territoires (DDT), et peut faire l’objet de contrôles de l’OFB. Sur le papier, tout est encadré. Dans les faits, rien n’oblige ces services à vérifier régulièrement l’état des installations, la présence d’eau, ni même les conditions d’entretien des animaux.

Les visites existent, mais sans fréquence imposée. Le reste repose sur la bonne foi du détenteur des lieux.

Une chaîne de responsabilité diluée

Lorsque survient un drame, la mécanique administrative se met en branle : le préfet ordonne une inspection, l’OFB dresse un constat, la DDT rédige un rapport.

A lire aussi : Coup de filet dans les enclos de chasse

Mais la question demeure : pourquoi faut-il attendre que des bêtes meurent pour s’en inquiéter ?

Les fédérations départementales de chasseurs, souvent mises en cause à tort, n’ont aucune compétence pour inspecter les enclos privés. Leur rôle s’arrête aux territoires ouverts.

Quant au préfet, il a bien la possibilité de suspendre ou retirer une autorisation, mais ces décisions restent rarissimes. Résultat : chacun s’indigne, mais personne ne répond réellement de ce vide.

Des louvetiers en première ligne

À Alleyras, ce sont les lieutenants de louveterie qui ont été réquisitionnés pour “purger le site”. Leur mission : intervenir sur les animaux survivants afin d’éviter toute souffrance inutile ou désordre sanitaire.

Des hommes bénévoles, formés, qui assument une tâche ingrate mais indispensable. Leur intervention, aussi nécessaire soit-elle, illustre pourtant une faillite : celle d’une prévention absente, remplacée par une gestion de crise.

Un angle mort du droit

Les enclos de chasse se situent dans un entre-deux juridique : ni exploitation agricole, ni véritable espace sauvage. Le gibier qui s’y trouve relève du droit de propriété du détenteur, non du régime de la faune sauvage. Ce statut dérogatoire, prévu par le Code de l’environnement, crée une zone grise où les obligations de contrôle sont floues et la surveillance dépendante de la volonté locale.
En somme, un espace sous autorisation étatique… mais sans réel suivi.

Le vrai sujet

Ce drame ne dit pas seulement qu’un enclos a mal tourné. Il dit que la régulation publique, censée garantir un équilibre entre liberté cynégétique et responsabilité, s’est effacée derrière les formulaires. L’État, dans ces affaires, n’est pas absent : il est distant. Et tant que cette distance perdurera, d’autres drames semblables rappelleront que la nature, même clôturée, ne se gère pas depuis un bureau.

A voir en vidéo :

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1 Commentaire :
  1. Jean 2
    16/10/25

    Bonsoir,les enclos de chasse ou non devraient être interdit tout simplement !!!

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