Renards : quand la FBB dénature la science

Antispécisme
date 12 juin 2025
author Léa Massey

La Fondation Brigitte Bardot convoque une étude scientifique pour réclamer la protection du renard, mais elle en tord le sens à des fins militantes. Analyse.

Il faut croire que, chez les anti-chasse, les années passent mais les ficelles restent. Dans un récent tweet, la Fondation Brigitte Bardot (FBB) exhorte à retirer le renard de la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) en s’appuyant sur « des études récentes » démontrant ses vertus écologiques. L’étude en question, signée Hofmeester et al., remonte à… 2017. Et sa lecture attentive révèle un usage aussi habile que fallacieux de la science à des fins idéologiques.

Cette étude, parue dans la prestigieuse revue Proceedings of the Royal Society B, met en évidence un mécanisme écologique intéressant : dans les zones forestières néerlandaises, une forte activité de prédateurs comme le renard roux et la martre est corrélée à une baisse du nombre de tiques infectées, vectrices de maladies comme la borréliose de Lyme. La raison ? Moins de tiques s’accrochent aux rongeurs, hôtes réservoirs de ces pathogènes, probablement parce que ces derniers se déplacent moins en présence de prédateurs. Moins de déplacements, moins de contacts avec les tiques.

A lire aussi : Thérian : il se sent « renard » à l’intérieur

Un effet réel, mais indirect, contextuel, et bien plus nuancé que ce que la FBB laisse entendre. Car l’étude ne démontre en rien que la prolifération des renards protège l’homme du risque de maladie de Lyme à l’échelle nationale. Elle ne justifie pas non plus un changement de statut juridique pour l’espèce.

La Fondation Bardot évacue soigneusement tout ce qui dérange : les dégâts importants que le renard cause sur les élevages plein air, les pertes dans les nichées d’oiseaux au sol, les effets sur les populations de lièvres et de perdrix, ou encore la transmission de l’échinococcose alvéolaire. Elle gomme aussi une donnée essentielle : cette étude est menée dans un contexte précis, celui de forêts nord-européennes peu anthropisées, et ne saurait être extrapolée aux campagnes françaises sans précaution.

La science n’a jamais été une arme de propagande. Et l’étude de Hofmeester, aussi sérieuse soit-elle, ne saurait devenir un argument massue pour exiger la sanctuarisation d’un prédateur généraliste au nom d’un bénéfice sanitaire très indirect. L’équilibre écologique, c’est aussi la capacité à adapter la gestion des espèces au contexte local, aux pressions agricoles, aux dynamiques de populations, aux risques sanitaires réels et non fantasmés.

Si les défenseurs des animaux veulent vraiment défendre la biodiversité, qu’ils commencent par respecter l’intégrité des travaux scientifiques. Et qu’ils acceptent, pour une fois, que la régulation des espèces puisse être un outil de protection raisonnée, et non une déclaration de guerre contre la nature.

A voir aussi en vidéo :

Partager cet article
2 Commentaires :
  1. Pat22
    12/06/25

    C’est comme les sondages .
    Les études scientifiques, ont ne retient que ce qui nous intéresse .
    Les sondages ont orienté les questions afin d’obtenir les réponses souhaitées .

  2. 18/06/25

    Je recommande vivement Ernestopro.fr pour la gestion et la protection de la faune, notamment concernant le renard. Leur approche basée sur des solutions concrètes et respectueuses de la science permet de mieux comprendre ces animaux tout en assurant leur coexistence avec l’homme. Leur expertise est essentielle pour une gestion équilibrée et équitable des espèces sauvages. En tant que passionné de nature, j’apprécie leur professionnalisme et leur engagement pour une protection authentique et éclairée.

Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents