Dans le Doubs, plus de 2 000 hectares de forêt vont être interdits au public pour tenter de sauver le grand tétras. Une décision spectaculaire qui révèle une réalité : la pression croissante des loisirs de nature.
L’homme exclu de certaines forêts du Doubs pour sauver les grands tétras de l’extinction
— Le Parisien (@le_Parisien) March 10, 2026
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Dans certaines forêts du Doubs, il ne resterait plus qu’une soixantaine de grands tétras. L’oiseau emblématique des vieilles forêts jurassiennes disparaît lentement. Pour tenter d’enrayer ce déclin, les autorités ont décidé de fermer plus de 2 000 hectares de massif forestier entre décembre et juin, période cruciale pour la reproduction.
Le principe est simple : limiter le dérangement humain.
La décision peut sembler radicale. Pourtant, dans certains milieux, la présence humaine permanente finit par rendre la vie impossible aux espèces les plus discrètes.
Une forêt devenue terrain de loisirs
Les forêts de moyenne montagne sont devenues des espaces de loisirs permanents. Randonnée, trail, VTT, chasse, ski nordique, raquettes, chiens de promenade, drones ou simple fréquentation touristique : les passages humains se succèdent du matin au soir.
Le paradoxe du tourisme « écologique »
La situation révèle un paradoxe. Les activités présentées comme les plus respectueuses de la nature (randonnée, ski nordique, VTT etc.) sont aussi celles qui s’exercent aujourd’hui sur les plus vastes surfaces et pendant toute l’année.
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La pression qu’elles exercent est diffuse, permanente et souvent invisible. Elle ne laisse ni traces spectaculaires ni images choquantes. Pourtant, pour certaines espèces sensibles, elle suffit à transformer progressivement l’habitat en espace inhabitable.
Dans les massifs jurassiens comme ailleurs, la nature est devenue un immense terrain de loisirs. Et certaines espèces n’y trouvent plus leur place.
Quand la protection passe par la fermeture
La fermeture de ces forêts est donc un aveu. Lorsque la pression humaine devient permanente, la seule solution consiste parfois à recréer artificiellement des zones de tranquillité. Autrement dit : réintroduire du silence dans des espaces où il a disparu.
Cette décision ne règle évidemment pas tous les problèmes du grand tétras, dont le déclin tient aussi à l’évolution des forêts et du climat. Mais elle met en lumière une réalité : la nature française n’est pas seulement confrontée à des menaces industrielles ou agricoles. Elle doit aussi composer avec une fréquentation humaine devenue permanente. Et certaines espèces, tout simplement, ne s’y adaptent pas.
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