Saint Hugo et les leggings de l’apocalypse

Chasse Actu
date 17 juin 2025
author Richard sur Terre

Hugo le prédicateur en Stan Smith, a voulu coincer Macron dans les cordes. Résultat : une baffe molle, et un râteau public qui ne grandira personne.

Il a pris sa voix blanche de conscience éveillée. Il a plissé ses petits yeux de procureur incorruptible. Et il a balancé sa question comme on dépose une mine antipersonnel au milieu du salon :

« Christophe Castaner, votre ancien ministre, bosse pour Shein. Ça vous gêne pas ? »

Scène d’extase dans sa tête : le président pris au piège, les téléspectateurs en pleurs, un prix Albert Londres pour services rendus à la morale. En vrai ? Un vieux ricanement d’Emmanuel Macron qui lâche :

« C’est un peu nul ce que vous faites… »

Nul. Voilà. C’est dit. Et c’est sans doute la chose la plus juste que Macron ait lâchée depuis six mois.

Parce que ce n’était pas une question. C’était une mise en scène. Une tentative minable de Shein-shaming pour briller à peu de frais. Clément ne cherchait pas une réponse : il cherchait une posture. Celle du justicier propret, en chemise en lin, qui rêve de foutre tous les anciens ministres dans une yourte après les avoir lavés au savon d’Alep.

Et Macron ? Macron fait du Macron. Un peu cynique, un peu méprisant, un peu trop content de son effet. Il étale son indifférence comme une crème anti-brûlure : « C’est sa vie, pas la mienne », lâche-t-il, entre deux envolées sur la Haute Autorité de la Transparence. Une réponse type gestionnaire de fin de règne : sèche, opaque, et surtout, désespérément normale.

Mais même cette normalité, Clément n’en veut pas. Il veut du drame. Du péché. Du grand soir. Alors il insiste, avec son ton de curé courroucé :

« Mais c’est légitime ! »

Oui, Hugo. Comme il est “légitime” de demander à une ex-ministre si elle dort bien malgré l’extinction des pandas. On est dans le journalisme de confessionnal, où tout ce qui ne finit pas en mea culpa paraît suspect.

A lire aussi : Face à la vérité, Hugo Clément bloque

Hugo Clément n’interroge pas, il condamne. Il ne s’indigne pas : il joue à être indigné, façon théâtre du réel sponsorisé par Patagonia. Ce n’est plus un journaliste : c’est un contrôle technique moral ambulant. Il inspecte, il juge, il grimace. Et il s’offusque qu’on ne s’effondre pas devant ses leçons.

Résultat ? Une belle séquence d’hypocrisie télévisée. Macron joue au président détaché, Clément joue à Jeanne d’Arc chez Ruquier, et Castaner, lui, vend des leggings à paillettes pendant que les deux autres s’engueulent pour savoir qui est le plus pur.

Reste LA question centrale : comment peut-on sérieusement envisager de donner la parole dans une émission politique, à un faux journaliste qui se fait débunker dès qu’il ouvre la bouche ? Qui se vautre, gourmand qu’il est, sur le moindre arrangement avec la Vérité du moment qu’il sert son idéologie personnelle ? Les voies du Service Public semblent impénétrables…

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