Le torchon anglais qui voulait décrire la chasse française

Chasse Actu
date 02 octobre 2025
author Richard sur Terre

Dans les colonnes du site britannique The New World, la chasse française est décrite comme une activité barbare où des hordes de paysans ivres tirent “sur tout ce qui bouge”. Derrière le sensationnalisme, un mépris social et culturel.

Il faut lire l’article de Stephen Smith pour mesurer à quel point la caricature peut tenir lieu de reportage. Titre : “Hunted to death in rural France”. Rien que ça.

Dans cette fresque alarmiste, les chasseurs français seraient des rustres à face rouge, gavés de whisky et de pastis, bloquant les routes avec leurs 4×4 et tirant à l’aveugle sur tout ce qui bouge. Bref, une bande de Clodos agressifs.

Pour nourrir son récit, le journaliste aligne une série d’affaires sordides : un cycliste tué en 2018, une randonneuse en 2022, une balle perdue dans une maison, une famille encerclée par un sanglier…

Quinze ans de faits divers recyclés comme si c’était le quotidien de chaque promeneur. Un procédé simple : empiler les exceptions jusqu’à fabriquer une règle (à la mode Un Jour Un Chasseur). La statistique est convoquée, bien sûr, mais uniquement pour dire qu’il y a eu “11 morts cette saison” – tous chasseurs, détail soigneusement enterré.

Quand les chiffres dérangent, on les gomme

L’Office français de la biodiversité indique que la chasse est aujourd’hui deux fois moins accidentogène qu’il y a vingt ans, avec une baisse de 54 % des accidents. Ce progrès spectaculaire ? À peine mentionné. Non ça contreditrait le récit d’une France rurale transformée en stand de tir géant où la vie du promeneur tiendrait à un miracle permanent.

Le mépris social comme grille de lecture

On croirait lire du mauvais Dickens : les paysans français, alcoolisés, violents, sales (ils laissent des cartouches partout !), roulant en 4×4 comme dans un safari colonial. Le journaliste fait semblant d’écouter la France, mais en réalité il écoute ses expatriés anglais, terrorisés à l’idée de voir un fusil dans un champ. Les habitants français, eux, n’ont pas voix au chapitre : trop rustiques sans doute.

A lire aussi : Enclos, fortune et caricatures : réponse à Causeur

Aucun mot sur la régulation indispensable des sangliers et cervidés. Aucun mot sur les financements apportés par les chasseurs à la biodiversité. Aucun mot sur les campagnes de sécurité, les formations obligatoires, la baisse constante des accidents. Bref, aucun mot sur la réalité. 

En revanche, quand la Fédération nationale des chasseurs demande l’inscription de la chasse au patrimoine immatériel de l’UNESCO, c’est rapporté comme une blague folklorique. Le mépris, toujours.

Au fond, cet article n’apprend rien sur la chasse française. Mais il dit beaucoup sur l’Angleterre contemporaine : une société qui a perdu le lien avec sa propre ruralité et qui préfère fantasmer les campagnes françaises comme un Far West grotesque.
Le problème, ce n’est pas la chasse. C’est l’ethnocentrisme : juger la vie rurale française avec les lunettes déformantes d’un citadin londonien.

La chasse française n’est pas un décor pour expatriés apeurés ni un sujet de tabloïd. C’est une tradition vivante, utile, plus sûre qu’elle ne l’a jamais été. Et si les journalistes anglais veulent comprendre la campagne française, qu’ils commencent par sortir de leurs clichés victoriens et poser leurs valises ailleurs que dans un gîte d’expats.

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2 Commentaires :
  1. Jean 2
    02/10/25

    Bonjour,bof,on a les mêmes à la maison, donc des sites de gogoles hors sol.

  2. Marc
    02/10/25

    Bonjour , la première partie de l’article m’a beaucoup fait rire , la seconde un peu moins . Les bobos ignares et méprisants sont partout , si ces réfugiés Anglais n’aiment pas les Français et leur mode de vie qu’ils retournent en Angleterre ou qu’ils cherchent un autre pays à parasiter .

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