Face à l’effondrement des populations de perdrix sauvages, les chasseurs du Bernavillois (Somme) prennent une décision radicale : suspendre intégralement leur chasse sur 10 000 hectares.

Il n’y aura pas de coup de fusil tiré sur une perdrix cette saison dans le Bernavillois. Ce n’est pas une interdiction venue d’en haut, ni une pression militante : c’est un choix volontaire, collectif, assumé. Celui de 450 chasseurs réunis au sein du GIC (Groupement d’Intérêt Cynégétique) du Bernavillois. Face à une situation jugée « catastrophique » par leurs propres comptages, ils renoncent à chasser l’oiseau qu’ils aiment pour tenter de lui laisser une chance.
Un effondrement silencieux
À Angeville, Prouville, Montigny-les-Jongleurs, Saint-Acheul : plus une seule perdrix. Les territoires sont vides. Quelques individus subsistent encore à Bernaville, Heuzecourt, Mézerolles ou Outrebois, mais trop peu pour imaginer un prélèvement durable.
Ce n’est pas une surprise. L’alerte date de plusieurs années. 2006 avait déjà été dramatique. Puis un léger mieux en 2011. Mais depuis trois ans, c’est la quasi-disparition. « Contrairement à ce que racontent certains écologistes de salon, la perdrix ne se régule pas toute seule », glisse Jean-Paul Michilsen, président du GIC du Bernavillois. Et chasseur depuis 60 ans.
Un faisceau de causes, pas un bouc émissaire
Plutôt que de pointer du doigt un coupable unique, les chasseurs du secteur dressent un constat lucide : chaleur excessive au moment des couvées, prolifération des prédateurs naturels (renards, rapaces), raréfaction des haies, intensification agricole, usage de pesticides… Autant de facteurs qui, combinés, fragilisent un oiseau déjà sensible.
Mais au lieu d’accuser ou d’abdiquer, les chasseurs agissent.
Un plan de sauvetage inédit
Fin juillet, 1 100 jeunes perdrix âgées de 8 à 10 semaines seront relâchées dans le territoire. L’objectif : renforcer les maigres populations restantes. Ce repeuplement s’accompagne d’un strict moratoire cynégétique : aucun tir ne sera autorisé sur la perdrix sauvage cette saison.
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L’investissement est massif : entre 8 et 9 euros par oiseau, financés à 80 % par la Fédération des chasseurs de la Somme, complétés par les moyens propres du GIC et par le soutien des organisateurs de concours de chiens d’arrêt.
Mais l’essentiel est ailleurs. Ce geste est un signal fort, un modèle de gestion volontaire de la faune. Pas de communication tapageuse, pas de revendication politique, juste une décision de terrain, par ceux qui vivent le territoire et voient ce qu’il s’y passe.
Préserver la perdrix, c’est préserver la chasse en plaine
Derrière la perdrix, c’est tout un pan de la chasse traditionnelle qui vacille. « Le jour où il n’y aura plus de perdrix, il n’y aura plus de chasseurs en plaine », prévient Jean-Paul Michilsen, qui passera bientôt la main. Une phrase simple, mais lourde de sens.
En prenant cette décision radicale, les chasseurs de la Somme rappellent ce qu’est vraiment la gestion cynégétique : une responsabilité, pas un droit automatique. Et un amour de la nature qui se prouve dans les actes, pas dans les slogans.
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Bonjour,bonne décision! Mais 1 an sans chasse ce n’est pas suffisant, il faut au moins 3 ans,et pour tout le département, avec un repeuplement de bonne souche, et pour le piégeage et le tir des esod trop de contraintes, hélas !!,,ensuite agrainoirs et abreuvoirs bien sûr ,mais là aussi problème avec les sangliers,et comme disait quelqu’un « il faut rendre à la nature ,ce que l’homme lui a prit »,pour les autres causes,pas facile ! On arrive déjà pas à prouver les incidences sur la santé des humains .rassurez vous picard vous n’êtes pas les seuls,d’autres départements sont concernés (constater par moi même).bon courage.
Et on peut rajouter, la disparition des patures et des haies encore aujourd’hui, à côté de chez moi!,problème de la pac,diminution des vaches laitiėres,etc… les haies nourriture et protection contre les rapaces par exemple, la première chose que fait une compagnie de perdrix attaquée ou menacée,c’est se réfugiés dans une haie ou à défaut la lisière d’un bois,alors quand c’est un billard, c’est le grand festin,mais ça tout le monde le sait!! il y tant de choses à dire.
Idem là où je suis depuis 15 ans nous ne tirons pas la perdrix, chaque année nous lâchons des couples, des petits nous avons des seaux à blé des « cuves » à eau et malgré nos efforts les populations restent faibles. C’est le même constat pour beaucoup d’autres oiseaux qui ne sont plus visibles, les bergeronnettes, rouges gorges etc.. ne sont pas des gibiers et pourtant ils disparaissent. Les causes sont multiples et Jean 2 les énonce clairement, grossièrement, les activités humaines au sens large. Les chasseurs, eux sont là pour constater et essayer de freiner le déclin.