LFI tacle le RN sur la chasse des animaux protégés

Chasse Actu
date 23 octobre 2025
author Richard sur Terre

Un post de La France insoumise accuse le RN d’avoir voté contre une “taxe sur la chasse d’animaux protégés”. En réalité, l’amendement visait les séjours de chasse à l’étranger.

Le post de LFI, entre raccourci et posture morale

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, La France insoumise affirme que le Rassemblement national a “voté contre une taxe sur la chasse touristique d’animaux protégés”. L’accusation, formulée sans nuance, sous-entend que le RN soutiendrait les chasseurs de lions et d’éléphants. En réalité, il s’agit d’un amendement budgétaire au projet de loi de finances pour 2026, présenté par plusieurs députés de la majorité et du groupe LIOT, et rejeté en commission.

Autrement dit : nous ne parlons pas d’une loi de fond sur la protection animale, mais d’une mesure fiscale ponctuelle, présentée dans un but avant tout symbolique.

Ce que disait réellement l’amendement CF39

Daté du 16 octobre 2025, l’amendement n° I-CF39 proposait de créer une “taxe sur les séjours de chasse organisés à des fins touristiques par des agences de voyage établies en France”.

Cette taxe de 10 % du prix total du séjour aurait été prélevée lorsque la prestation incluait la possibilité de chasser ou de mettre à mort certaines espèces emblématiques inscrites aux annexes A et B du règlement européen 338/97 : le lion d’Afrique, l’éléphant, le rhinocéros blanc, la girafe, l’hippopotame, l’ours polaire ou encore l’argali.

L’objectif affiché par ses auteurs était de “responsabiliser les opérateurs commerciaux français” en rendant moins attractives les offres de chasse de trophée sur des espèces dites menacées. Rien à voir donc avec la chasse française : le texte concernait uniquement des voyages touristiques à l’étranger commercialisés depuis la France.

La réalité de la “chasse touristique”

Contrairement à ce que laisse entendre la formule de LFI, ces chasses ne sont pas clandestines. Elles sont autorisées dans plusieurs pays (Afrique du Sud, Namibie, Zimbabwe, Tanzanie, Mongolie, etc.) sous le contrôle de la CITES, la convention internationale encadrant le commerce des espèces menacées.

A lire aussi : LFI et les Verts veulent interdire les « combats de vaches » 

Les trophées de chasse (peaux, crânes, cornes) ne peuvent être exportés qu’avec un permis CITES, délivré sous quotas annuels.

Loin de menacer les populations sauvages, ces prélèvements sont souvent intégrés à des programmes de gestion faunique, et surtout, ils financent la conservation : les taxes locales sur la chasse de trophée représentent parfois la principale source de revenus pour les réserves et les communautés rurales.

C’est une approche pragmatique : protéger en donnant une valeur à la faune sauvage.

Une taxe avant tout symbolique

Les auteurs de l’amendement le reconnaissaient eux-mêmes : il s’agissait d’une “taxe comportementale”, autrement dit, un signal politique. Le nombre de séjours concernés par des agences françaises est infime, et les opérateurs sont déjà soumis à la réglementation européenne sur le commerce des espèces protégées.

En commission, plusieurs députés ont donc jugé la mesure inutile, difficilement applicable et redondante avec le droit international. Le RN, comme d’autres groupes, a voté contre non pas pour défendre les chasseurs de lions, mais pour rejeter une taxe de plus, jugée pure posture morale sans effet concret sur la biodiversité.

Mais dans la logique de communication politique, la nuance n’a pas sa place : il est plus simple de présenter le RN comme “le parti des chasseurs d’éléphants” que d’expliquer les subtilités d’un amendement fiscal rejeté en commission.

Ce nouvel épisode illustre une fois encore la tentation du moralisme simplificateur dans le débat public. Derrière le slogan, la mesure n’aurait rien changé au sort des espèces menacées. Elle aurait simplement permis à certains députés de s’acheter, à peu de frais, une image de défenseur de la nature.

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2 Commentaires :
  1. Jean 2
    23/10/25

    Bonsoir, certains politiques ne savent que taxer !les économies ils ne connaissent pas!on finira comme les grecs,il va y avoir des pleurs dans les chaumières s’ils ne change pas de direction !

  2. GUILLAUME
    23/10/25

    Richard a bien rappelé dans quel cadre se font ces chasses.

    Les politiques sont assez nuls. Il fallait présenter cet amendement qui visait à taxer de 10% ces grandes chasses à l’étranger comme ce qu’il était, c’est-à-dire UNE TAXE DE 10% SUR UNE CHASSE QUI TOUCHE DE TRÈS RICHES CHASSEURS UNIQUEMENT.

    De toute façon, comme je l’ai dit, c’est tout de même nul et démagogique car ça ne rapporte rien ou pas grand chose quand on sait l’abîme qu’il y a à combler dans les finances du pays.

    Sur le fond, je ne suis pas contre car ceux qui peuvent se payer ce type de chasse peuvent payer 10% plus cher sans risquer d’y renoncer pour cette raison.

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